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Sécurité Sociale
Accès direct et amendement sur le titre de psychothérapeute Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
28-01-2006
Suppression de l'accès direct spécifique : duplicité d'un expert
par Sophie Bialek

Dans la perspective du plan santé mentale, la suppression de l'accès direct spécifique au psychiatre est strictement corrêlé à la mise en oeuvre de l'article 52. Il s'agit d'instaurer d'une part, le "transfert de compétence" des psychiatres aux médecins généralistes tout en complétant, d'autre part, le dispositif par un corps de psychothérapeutes d'état, selon l'excellent expression de Roland Gori) ou de "sous officiers de santé", selon celle de Philippe Grauer, dévolu à appliquer aux patients, orientés par le médecin généraliste dans le cadre des réseaux de soins, la technique appropriée à leur état en vertu des « recommandations de bonne pratique » édictées par la Haute Autorité de Santé.


Au sujet de l'intégration de la psychiatrie dans le parcours de soin coordonné : le rapport Hardy Baylé Schmitt souligne que l'"ensemble du dispositif (parcours de soin coordonné) repose sur la qualité de l'adressage (sic) du patient au spécialiste par le médecin traitant. Dans ce sens, la décision de ne pas adresser engage la responsabilité médico-légale du médecin traitant (risque suicidaire) et menace l'efficience du système : chronicisation des troubles, prescription intempestive au long cours » En conséquence, poursuivent les experts, en l'absence de référentiels disponibles, des accords de bons usages pourraient permettre de mieux formaliser la situation devant relever d'un adressage au spécialiste ». S'ensuit une liste de situations telles que : menace suicidaire, amélioration partielle d'un trouble, suspicion de trouble mental grave…, aide au suivi au long cours des traitements psychotropes (64% des prescriptions médicamenteuses sont établies en dehors de tout contexte psychiatrique strictement défini. Les traitements restent inchangés pendant plus d'un an, plusieurs psychotropes de la même classe sont prescrits selon une enquête citée dans le rapport de nos experts)…


« En l'absence de référentiels disponibles… » . Comme c'est étrange… En effet, il existe dores et déjà un référentiel disponible en la matière. Il concerne la « prise en charge par le médecin généraliste en ambulatoire d'un épisode dépressif isolé de l'adulte ». Il a été publié par l'ANAES en décembre 2004. Quelques mois avant le rapport Hardy-Baylé-Schmitt, si soucieux de la « qualité de l'adressage » du patient au spécialiste…
Or, on cherchera en vain, dans le rapport d'élaboration du référentiel disponible sur le site de l'ANAES, la moindre trace des « bons usages » préconisés par les experts dans leur rapport de septembre 2005. Tout état dépressif, quel que soit son intensité et sa gravité, quels que soient les antécédents psychiatriques du patient, quel que soit son évolution, y relève d'une prise en charge par le seul médecin généraliste pour le diagnostic, la mise en place du traitement, la définition des options thérapeutiques, le suivi du traitement. Le médecin généraliste est simplement prié de signaler dans le dossier du patient l'existence d'un risque suicidaire ainsi que la présence ou non de « signes psychotiques ». Mieux encore, « le groupe de travail n'a pas considéré que l'évaluation de la qualité de la prescription médicamenteuse était un objectif pertinent pour ce référentiel » (sic), du reste une enquête effectuée en 2003 a montré « la relative bonne prescription des ISRS par les médecins généralistes français en ce qui concernait l'indication du traitement, sa posologie et sa durée » (re-sic). Ajoutons que les critères de jugements nécessaires en la matière ont été jugés « trop contraignants » pour être intégrés dans ce référentiel. Idem pour la validité des options thérapeutiques : « difficilement mesurables »

Il est vrai que le groupe de travail réuni par l'ANAES était exclusivement composé de médecins généralistes, tous membres du Syndicat Français de Médecine Générale (SFMG). Le seul représentant de la psychiatrie au sein de ce groupe était un psychiatre universitaire, désigné comme « expert du thème ». Il s'agissait en l'occurrence de Mme le Pr Marie Christine Hardy-Bayle elle –même. Ainsi peut-on parfaitement apprécier en quoi l'expertise de Mme Hardy-Baylé diffère au gré des circonstances, selon qu'elle s'exerce ici (ANAES) ou ailleurs (UNCAM) et l'on en déduira que les « accords de bon usage » préconisés par les experts Hardy-Bayle et Schmitt, dans le domaine de la prise en charge des états dépressifs, sont dores et déjà caducs en vertu du référentiel élaboré sous l'expertise de Mme Hardy-Bayle et du SFMG.
Au vu de telles incohérences et de l'inconséquence manifeste de l'expertise, la mise en application de l'avenant concernant l'intégration de la psychiatrie dans le parcours de soin coordonné aboutit purement et simplement à l'en exclure. Pour « l'efficience du système », on repassera…
 
Polémique sur l'accès direct Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
21-12-2005

Polémique sur l'accès direct au psychiatre

Les patients de plus de 26 ans devront désormais consulter d'abord un généraliste qui, s'il le juge nécessaire, les dirigera vers un psychiatre.

Catherine Petitnicolas - Le Figaro - 21 décembre 2005

L'ACCÈS DIRECT au psychiatre de ville est remis en cause. L'assurance-maladie et trois syndicats de médecins libéraux ont modifié hier leur convention. Les patients devront désormais passer par leur médecin traitant avant de pouvoir consulter un psychiatre (lire le cahier économique, page 22). Excepté pour les moins de 26 ans, une tranche d'âge particulièrement vulnérable (conduites suicidaires, addictions diverses et variées, apparition de schizophrénie, de troubles bipolaires).

Cette décision se fonde en partie sur l'argumentaire du rapport des professeurs Marie-Christine Hardy-Baylé et Laurent Schmitt. Partant du fait que de 15 à 40% des personnes vues par le généraliste présentent un trouble mental avéré ou une souffrance psychique, que 75% des prescriptions d'antidépresseurs et d'anxiolytiques sont faites par ces derniers, ces deux psychiatres universitaires constatent que «le médecin traitant reste le premier recours pour des problèmes en lien avec la santé mentale». Et concluent que «le parcours de soins, coordonné autour du médecin traitant, devrait être «la règle» dans la plupart des situations relevant du champ de la santé mentale». A l'exception des adolescents et adultes jeunes entre 16 et 25 ans.
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Le TCE, le droit européen et la mise à mort de la Sécurité sociale, par José Caudron Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
16-05-2005
Comment l'Europe peut spolier les français de leur solidarité sociale
par José Caudron, chargé de cours en économie de la protection sociale à l'Université Paris 1
Lors de l'émission télévisée Mots croisés, Max Gallo face à Jean-François Coppé, a affirmé que la Constitution européenne créerait les conditions pour que les entreprises exigent de se désaffilier de l'assurance maladie obligatoire. Le ministre du Budget lui a répondu que le principe de concurrence continuerait à ne s'appliquer qu'aux seules assurances complémentaires santé facultatives. Ce que prétend Jean-françois Coppé est inexact, car le tour de passe-passe pour privatiser l'assurance maladie dès le premier euro est pratiquement achevé, comme le demandent le Medef et la Fédération française des sociétés d'assurances (FFSA) depuis près de quinze ans. Les péripéties du combat en passe d'être gagné par les forces uiltra-libérales, en France comme dans l'Union européenne, méritent d'être rapidement rappelées.
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SIEG = AGCS, par Raoul Marc JENNAR Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
12-05-2005
SIEG = AGCS
Opinion, par Raoul Marc JENNAR, chercheur à l'URFIG (Unité de Recherche, de Formation et d'Information sur la Globalisation : http://www.urfig.org/)
SIEG, « service d'intérêt économique général. » Ces mots sont utilisés dans le traité constitutionnel européen. Les socialistes et les Verts qui soutiennent ce traité affirment qu'ils signifient « service public » dans le langage européen. J'ai même été confronté à un Vert qui affirmait que « l'expression «service d'intérêt économique général » constitue un glissement sémantique pour service public» ! Ce qui permet à ces libéraux de gauche de prétendre que le traité protège les services publics. Il faut reconnaître qu'il y a de quoi être induit en erreur. Le texte du traité (articles 96 et 122) indique que les SIEG contribuent à la cohésion sociale et territoriale, qualités qu'on reconnaît généralement aux services publics. Mais nulle part dans ce traité, on ne trouve de définition précise du SIEG.
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L'AGCS et l'évolution des métiers en santé mentale, par Nadine Chapelain Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
10-05-2004

L'AGCS et l'évolution des métiers en santé mentale
par Nadine Chapelain, Intervention au Forum Social Européen, novembre 2003
1909 : sur le bateau qui les emmène en Amérique, Freud dit à Jung, en parlant de la psychanalyse, « ils ne savent pas que nous leur apportons la peste ». Lacan, qui en fait la révélation dans les Écrits, ajoute judicieusement : « Nous pourrions craindre qu'elle n'y ait joint un billet de retour de première classe. »
2003 : la peste est là. Elle nous arrive d'Amérique. Elle a voyagé dans les « attache-case » de représentants de commerce.
Dans tous les pays européens, la pression de Bruxelles entraîne des rapports et des politiques de santé contaminées par le virus néo-libéral, qui portent en germe les projets de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) et le modèle américain si désastreux pour les personnes souffrant de «maladies mentales ».
De nombreux professionnels ne relient pas la « modernisation du service public hospitalier » aux principes de l'OMC et de L'AGCS. Et pourtant cette lecture est la seule qui permette de comprendre la logique à l'œuvre à l'hôpital sans se faire manipuler par la séduction néo-libérale.

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