La guerre à mort des cognitivistes contre la psychanalyse : "leur Hubris les promet à la Roche tarpéienne"
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La Lettre en ligne (LEL) : Vous avez
annoncé un grand Meeting à la Mutualité, les 9 et 10 février
prochains, pour la défense et la promotion de la psychanalyse partout
où elle est mise en cause, en particulier à l’Université. Pourquoi ?
Que se passe-t-il ?
Jacques-Alain Miller (JAM)
: Je suis content de deux choses. D’abord, d’avoir réussi cette fois à
annoncer une réunion bien à l’avance, deux mois, alors qu’entre le
moment où j’ai inventé le Forum extraordinaire et sa tenue, il s’est
écoulé moins de quinze jours. Deuxièmement, de tenir la semaine
précédente un Colloque on ne peut plus officiel, “sous le Haut
Patronage du Ministère de la Santé”, pour un public restreint de 250,
sur invitation uniquement, tandis que le Meeting de la Mutualité
réunira 1000 personnes, sous le Haut Patronage, si je puis dire, de BHL
et de Sollers. Dans ce meeting, on reprendra, en haussant le ton,
certains des thèmes du Forum : l’étouffement de la Culture par les
bureaucrates de l’évaluation forcenée, fanatique ; la recherche
fondamentale en biologie étranglée par la folie NeuroSpin ; d’une façon
générale, les ravages dus au culte imbécile du chiffre. Mais aussi on
informera le public et on le mobilisera contre l’opération en cours
dans l’Enseignement supérieur et la Recherche. Cette opération, c’est
une “nuit des longs couteaux”, ou, disons, pour être plus exact, une
“année des longs couteaux”.
Résumé : une bonne claque administrée à l’expertise « Trouble des conduites » par de nombreux participants très convaincants, en l’absence de Jeanne Etiemble. L’Inserm désormais sous haute surveillance.
Morceaux choisis :
Présence initiale sobre et neutre (trop pour certains) de Xavier Bertrand. En substance : réglez ça entre gentlemans, je vous donne plus de sous, je ne veux plus de chahut. J’attendais qu’il prolonge le bras de fer avec Sarkozy, il est resté solidaire : il dément que l’expertise ait pu servir de base à une politique sur la délinquance. Ehrenberg en forme, le sourcil offensif, nous a fait l’honneur de son unique vision du monde (le passage de la psychiatrie à la santé mentale fait que la pathologie mentale concerne tout le monde, l’exigence d’autonomie s’est substituée à l’ancienne obéissance…), pour expliquer que l’INSERM s’était trompé. Garrabé convoque Pinel : « il aurait été surpris qu’on dise que les enfants pouvaient perdre la raison avant de l’avoir acquise » avant de pointer une par une les références manquantes de l’expertise, parlant à ce propos de « l’ostracisme » du rapport. Golse ne pense pas qu’une quelconque adaptation des méthodes de l’INSERM le rendrait légitime pour quelque expertise que ce soit dans le domaine de la santé mentale (il y a les sociétés savantes, la FFP, les praticiens…) Une psychologue de la PJJ, Christine Manuel, signale que « les autistes sont aujourd’hui les seuls malades mentaux que leurs comportement violents ne menacent pas d’une incarcération ; mais pour combien de temps encore ? ». Pierre Suesser, médecin de PMI, cite efficacement l’expertise page 140 et ses « prédélinquants de sept ans. » Il rapporte qu’une expérimentation a lieu dans quelques départements : des instituteurs remplissent un questionnaire en 20 items pour dépister le Trouble. Il lit sobrement les 20 items devant la salle médusée. Au déjeuner (l’INSERM nous régale d’un délicat et copieux buffet), Misès que j’interroge sur le sujet me confie, l’œil gourmand, qu’à cet exercice, chacun de ses petits enfants mériterait un bon 18 sur 20. Sa grand-mère, conclut-il, lui disait : « ne laissez pas les enfants passer sous des échelles. » Misès interviendra dans la journée pour vanter le « classement structural » : névrose, psychose, état limite… pour nous apprendre que, le plus souvent, lesdits troubles relèvent en fait de la troisième catégorie. Toujours est-il qu’il vantera avec force l’absurdité des « programmes prédéterminés » en guise de traitement et qu’il signalera pour conclure « la valeur heuristique des données structurales » qui devraient être prises en compte par les autorités de recherche.
LA RÈGLE DU JEU, «Psychanalyse : Contre-attaque » dans Le Monde des livres
Dans ce numéro spécial en forme de « riposte » collective, plusieurs dizaines d’intellectuels, psychanalystes, écrivains ou artistes ont répondu à l’invitation de la revue. « Voilà ce que nous vous proposons : chacun de nous, en son nom propre et à sa façon, dira comment il a rencontré la discipline freudienne, ce qu’il lui doit, en quoi elle lui importe », écrivaient Bernard-Henri Lévy et Jacques-Alain Miller. Le présent volume rassemble les témoignages recueillis. Parmi les signataires, Isabelle Adjani, Laure Adler, Agnès Aflalo, Marlène Belilos, Tahar Ben Jelloun, Tom Bishop, Renaud Dutreil, Nathalie Georges, Roland Jaccard, Jacques Le Rider, Jean-Claude Milner, Marie-France Pisier, Maren Sell, Jean-Pierre Sueur, Jean-Didier Vincent et François Wahl. J. Bi. nº 30, janvier 2006, 320 p., Grasset, 15 €
Toujours pas d'entente entre le ministère de la Santé et les praticiens.
Par Eric FAVEREAU Libération, mercredi 22 février 2006
Et ils sont revenus, hier, au ministère de la Santé, tous membres d'une association de psychanalystes, de psychiatres, de psychologues ou de psychothérapeutes. Ils y ont passé la matinée pour une dernière réunion dite de concertation avec un responsable de la direction générale de la santé. Objectif : faire le point sur la rédaction des décrets très attendus de la loi, votée en 2005, qui entendait réglementer l'usage du titre de psychothérapeute.
François Goulard, ministre délégué à l’Enseignement supérieur et à la Recherche, a ouvert à Marseille le colloque sur les formations dans les métiers de la santé, organisé par Yvon Berland, président de l’université de Méditerranée et également président de l’Observatoire national de la démographie des professions de santé. Le ministre a annoncé la mise en place rapide de la réforme des études de santé et souhaité que le Pcem 1, qui sanctionne la première année de médecine, ne soit plus une simple année de sélection.
LETTRE OUVERTE A JEAN-LUC ROELANDT QUI NE SAIT PAS OU VA LA PSYCHIATRIE
Par Jean-Jacques LOTTIN
Mon cher Jean-Luc,
Nous nous sommes connus il y a trente ans.
Je te trouvais alors sympathique et plutôt entreprenant.
En tant que conseiller technique auprès de Pierre Mauroy, président du Conseil régional du Nord-Pas-de-Calais, j'avais contribué à faire financer ton projet novateur d'AMPS (Association médico-psycho sociale), qui me semblait une évolution intéressante des pratiques dans le cadre du secteur.
Nous nous sommes ensuite un peu perdus de vue, mais pas de lecture, puisque la parution de ton rapport d'expertise (avec Piel) "De la psychiatrie VERS la santé mentale" m'avait en 2001-2002 accablé : j'y voyais, s'il n'était pas mis au placard comme d'autres, une menace très forte contre la psychiatrie quand son titre même sonnait comme une nécrologie.
Cette fichue pulsion de mort était toujours à l'oeuvre.
En contrepartie de l'éphémère gloriole narcissique d'avoir été élu par le pouvoir de l'époque pour donner le coup de pied de l'âne, cela te permettait de régler enfin ton compte avec ton métier, la psychiatrie. Masochisme ou complexe d'Érostrate ?
J'aurais préféré me tromper.
Car, de l'accablement, je suis passé à la colère quand j'ai découvert sur le site SERPSY (www.serpsy.org/actualites/jl-roelandt.html) ton intervention récente, benoîtement intitulée : "Où va la psychiatrie? je ne sais pas... en tout cas, elle y va !" qui représente pour moi l'acte le plus hypocrite qu'on puisse réaliser, sous l'abord de cette fausse candeur dont tu as depuis toujours le secret, mais dans une intention particulièrement perverse, "comme si" tu n'avais rien écrit avant, et surtout pas un rapport.
La psychanalyse travaille sa défense, par Jean Birnbaum - LE MONDE DES LIVRES | 23.02.06 - Article paru dans l'édition du 24.02.06
Gare aux oiseaux de malheur ! Au moment même où la France renforce son dispositif de surveillance des pigeons, poules, poulets et autres volailles suspectes, une bonne partie du "peuple psy" se mobilise, lui, pour tenir en respect un autre palmipède, à ses yeux tout aussi funeste et virulent.
Dépêche : Réseau TCC - 12 octobre 2005 1. Sur le site de l'INFC, www.psychiatrie-und-ethik.de, on trouve toujours deux liens qui renvoient à deux articles de M. Van Rillaer. 2. Sur le site de l'AFTCC, à la section Bibliographie "mise à jour" par M. Christophe André, on recommande toujours l'ouvrage de M. Bénesteau Mensonges freudiens ainsi que l'ouvrage de M. Cottraux Les visiteurs du soi. 3. Sur le le même site, on peut constater que M. Widlöcher s'est éclipsé du Comité d'honneur de l'association. Son ouvrage Les nouvelles cartes de la psychanalyse a, lui aussi, disparu de la bibliographie. Documents joints ci-dessous :
Rappel : Lettre ouverte de Sophie BIALEK à Laurent JOFFRIN - 28
septembre 2005
Cher Monsieur Joffrin,
Dans un récent éditorial intitulé « l'Obs a-t-il trahi les
psys ? », actuellement accessible sur le site du Nouvel Observateur, vous reprochez
à « un petit groupe de psychanalystes » d'avoir « déployé toutes sortes
d'efforts rhétoriques et électroniques pour discréditer à l'avance le
"Livre noir" et accessoirement le journal qui s'en faisait l'écho ».
Il me faut bien supposer que « le petit groupe de
psychanalystes » auquel vous faites allusion ici inclut la Société pour
l'Action et la Recherche en Psychiatrie (SARP) et son site Internet
(forumdespsychiatres.org), puisque Madame Ursula Gauthier s'est récemment
manifestée à notre attention en nous appelant « humblement » au débat.
Discréditer à l'avance ?… Pensez-vous, M. Joffrin, que nous
ayons attendu la publication du Livre noir (que nous avons néanmoins bel et
bien lu) pour être parfaitement informés du contenu des thèses de Messieurs Cottraux,
Van Rillaer, et autres ? Les prises de position brutales (mais fort peu
savantes) de M. Cottraux à l'égard de la psychanalyse nous sont parfaitement
connues depuis la publication en février 2004 chez Odile Jacob de son ouvrage «
Les visiteurs du soi ». Que pensez, M. Joffrin, de la simultanéité de cette
publication, au contenu insultant pour la psychanalyse et ses praticiens, avec
celle du rapport de l'INSERM sur l'évaluation des psychothérapies, rapport
auquel M. Cottraux a participé en tant qu'expert ? M. Van Rillaer exalte dans
le Livre noir la vertu épistémologique de la haine. Quid de sa vertu expertale
? Qui donc s'est discrédité à l'avance ?
En réponse à MM. Joffrin, André, Cottraux, Borch-Jacobsen et Van Rillaer. Avec : Adresse à M. Bénesteau
Dr Sophie Bialek Paris, le 10 octobre 2005
Permettez-moi
avant tout de vous remercier, M. Joffrin, pour l'attention que vous
portez à ma Lettre ouverte. Vous ne connaissiez pas la SARP. Vous êtes
tout pardonné. Il est certain que le paysage analytique français est
extrêmement complexe et diversifié. Pas de quoi, pour autant, tromper
l'observateur lucide que vous êtes. Ainsi vous êtes-vous aperçu que les
écrits et les mails émanant des psychanalystes frappaient par leur
ressemblance. D'où vous déduisez qu'il s'agit d'une action concertée.Comme
il en est de même s'agissant des écrits émanant des supporters du Livre
noir, la même conclusion s'impose. Il a bien fallu, toutefois, que vous
déceliez dans ma lettre ouverte une certaine dissemblance, pour que
vous lui réserviez la faveur toute spéciale d'y répondre par vous-même,
tandis que Mme Ursula Gauthier s'en allait quérir sur le champ MM.
André, Cottraux, Borch-Jacobsen et Van Rillaer pour en faire de même.Je suis donc spécialement sensible au souci que porte le Nouvel Observateur à mes « accusations périphériques mal fondées ».
Dans
un article paru dans Le Monde ('La main dans le sac', 6 octobre 2005),
Serge Tisseron souligne que Didier Pleux, l'un des auteurs du Livre
noir de la psychanalyse, lui a attribué une citation qui ne vient pas
de lui. Dans le passage en question, Didier Pleux s'en prend à ces
psychanalystes qui prétendent qu'il faut tout dire aux enfants : 'Ne
pas tout dire, c'est risquer les pires désordres' (p. 492). Voici alors
la citation qu'il attribue à Tisseron : 'Cela provoquera alors chez lui
une scission entre sa vitalité biologique et sa vitalité sociale. On ne
peut pas mentir à l'inconscient. Il connaît toujours la vérité.' Et
Pleux ajoute : 'Et ces nombreux parents de tout expliquer, de tout
révéler et bien ennuyés s'il existe le moindre secret de famille,
etc...'
Isolée
de son contexte, cette phrase est absurde et rendue encore plus absurde
par le commentaire qu'en donne Didier Pleux. On comprend alors que
Serge Tisseron ne se soit pas aperçu qu'elle était tirée d'une
déclaration de Françoise Dolto non réductible aux deux lignes citées :
'L'enfant sait pour ses parents. Il faut toujours lui dire la vérité.
La vérité de ses origines, de sa vie familiale. Il en a besoin si on ne
la lui dit pas, il risque de ne pas avoir confiance en lui, de penser
qu'il a mal choisi les humains qui l'on initié à la vie puisque ceux-ci
sont incapables de mettre en mot ce qui s'est passé. Cela provoquera
alors chez lui une scission entre sa vitalité biologique et sa vitalité
sociale. On ne peut pas mentir à l'inconscient. il connaît toujours la
vérité.'
On
peut, bien entendu, ne pas être d'accord avec cette position de
Françoise Dolto. Mais ce qu'elle dit ici n'a rien à voir avec les
propos qui lui sont attribués par Didier Pleux. FD ne dit pas qu'il
faut tout dire aux enfants. Elle ne dit pas que les parents sont
obligés de tout révéler à leurs enfants. Elle souligne simplement qu'il
faut dire aux enfants la vérité sur leurs origines car les enfants
finissent toujours par la connaître puisqu'elle est inscrite dans
l'inconscient. Ce débat est un débat sérieux et j'en ai fait état
d'abord dans mon dialogue avec Jacques Derrida (De quoi demain,
Fayard-Galilée, 2001) où nous abordions, de façon contradictoire, la
question de la vérité sur les origines, puis dans mon livre, La famille
en désordre (Fayard, 2002), à propos notamment des enfants adoptés ou
conçus par insémination artificielle.
Sans
juger les propos de Catherine Meyer, qui se réjouit de voir Tisseron
ridiculiser Dolto, je voudrais montrer comment un autre auteur du Livre
noir a réussi à m'attribuer des propos et des jugements qui ne sont pas
les miens.
Je
n'aurais pas pris la plume contre Le Livre noir de la psychanalyse si
je n'avais pas une bonne raison de le faire. L'essentiel a en effet été
dit : en fait de scoop, il s'agit d'une reprise de travaux historiques
en partie vrais et en partie discutables sur la psychanalyse, assortie
d'une haine féroce à l'égard de celle-ci et d'une campagne
promotionnelle pour les thérapies cognitives et comportementales.
D'autres
ont aussi souligné que la psychanalyse dont ces auteurs débattent –
celle que Freud pratiquait il y a un siècle – a bien changé et qu'il
conviendrait d'en tenir compte. Bref, c'est un peu comme si on
prétendait juger aujourd'hui les thérapies cognitives et
comportementales à l'aune des écrits de Watson. Pourtant, les auteurs
de ce pamphlet continuent à être cautionnés d'une certaine rigueur
scientifique. Or c'est cette image qui me paraît devoir être remise en
cause. Il se trouve en effet que je suis cité dans cet ouvrage.
Jacques-Alain Miller dans le journal Libération de ce jour 28.9.05 Autodialogue imaginaire sur la vraie question des thérapies comportementales. Le marché du mental Jacques-Alain Miller, psychanalyste, directeur du département psychanalyse de Paris VIII.
Lui : Vous voilà bien silencieux tout d'un coup, quand la ville bruisse d'un certain Livre noir...
Moi : C'est pour ne pas dire ce qui ne serait pas compris, à savoir que ce livre m'enchante.
Lui : Monsieur le paradoxal, nous connaissons vos tours.
Moi
: Quoi ! Monsieur Widlöcher, président français d'une auguste
Association internationale procédant de Freud en ligne directe, s'est
fait depuis des années le compère des TCC (thérapies
cognitivo-comportementales). Il a proclamé partout qu'elles seraient un
bain de jouvence pour la psychanalyse. Il a été élu membre du comité
d'honneur d'une Association de TCC.
JAM aérien
face à Divinenfffan, Obélix, Foxfire, Belenko, Macoute, Flingueur, Jaws
Sunset, Frelon, raptor, Divinenfffan, LeTempsDesCerises etc. Un bel échantillon du style anti-freudien automne hiver 2005.
Lettre ouverte à Laurent Joffrin, par Sophie Bialek Le 26 septembre 2005
Cher Monsieur Joffrin,
Dans
un récent éditorial intitulé « l'Obs a-t-il trahi les psys ? »,
actuellement accessible sur le site du Nouvel Observateur, vous
reprochez à« un petit groupe de psychanalystes
» d'avoir « déployé toutes sortes d'efforts rhétoriques et
électroniques pour discréditer à l'avance le "Livre noir" et
accessoirement le journal qui s'en faisait l'écho ».
Il
me faut bien supposer que « le petit groupe de psychanalystes » auquel
vous faites allusion ici inclut la Société pour l'Action et la
Recherche en Psychiatrie (SARP) et son site Internet
(forumdespsychiatres.org), puisque Madame Ursula Gauthier s'est
récemment manifestée à notre attention en nous appelant « humblement »
au débat.
- 20.09.05 : La lettre d'Ursula Gauthier à la SARP : Lire
- Le dérapage d'Ursula Gauthier, arbitre du débat Crews Sauvagnat, sur le site du Nouvel Observateur : Lire
- 21.09.05 Tout ce que vous voudriez savoir sur le Livre noir sans oser le demander à Ursula Gauthier (qui de toutes façons l'ignore) ou : Chronique des "fondements" idéologiques du Livre noir :
- Tout d'abord : M. Van Rillaer, co-directeur de l'ouvrage et
contributeur majeur à son argumentaire, ainsi que MM. Cioffi et
Esterson sont collaborateurs et partenaires de l'INFC, International
network of Freuds Critics (voir ici-même l'article de Sophie Bialek). Voici leur site Internet : INFC
L'INFC est elle-même une émanation du GEP, dont on peut apprécier le sigle évocateur ici (Télécharger le sigle du GEP-INFC. ) avant de se lancer dans la lecture de ses curieuses thèses : GEP
A suivre...
- 22.09.05 : La défection de M. Van Rillaer du site de l'INFC ! Qui a peur d'appartenir à l'INFC ?
Au
lendemain de notre rappel ci-dessus, en Une du site de la SARP, et
alors qu'il y figurait encore il n'y pas si longtemps, nous constatons
que M. Van Rillaer a disparu de l'organigramme de l'INFC !
Rappelons
qu'au lendemain de la parution du Rapport de l'Inserm sur les
psychothérapies, le Dr Christophe André avait, de même, préféré
s'éclipser de cette page Internet. Un effet des révélations de la SARP
de l'époque ?
En
tout cas, peut-être M. Van Rillaer va-t-il maintenant s'expliquer,
dénoncer pourquoi pas la thèse de l'Institut, selon laquelle la
psychanalyse est comparable à la psychiatrie nazie et à l'oppression
psychiatrique des opposants en ex-Union Soviétique (Lire les bulletins du GEP) ?
Peut-être
même M. Van Rillaer estimera-t-il finalement fantaisiste la mission que
le GEP (auquel appartient l'INFC) croît avoir reçue du Vatican : celle
de libérer le monde de la psychanalyse conçue comme une idéologie
totalitaire meurtrière ?
Dans
l'imminence de ce moment, les nostalgiques peuvent relire ici, sur des
copies d'écran datées du 26 février 2005, la page de l'INFC qui
commémore désormais l'appartenance de M. Van Rillaer (et de M.
Christophe André) à L'INFC.
- 22.09.05-2 : Ursula silencieuse ; Jacques-Alain Miller invité de nouvelobs.com NOUVELOBS.COM | 21.09.05 | 17:54 Jacques-Alain
Miller invité de nouvelobs.com Jacques-Alain Miller, psychanalyste,
membre de l'École de la Cause Freudienne et de l'Association Mondiale
de Psychanalyse, directeur du département de psychanalyse de
l'Université de Paris 8, sera l'invité des forums de nouvelobs.com,
mardi 27 septembre, de 15h00 à 17h00. Thème du forum : les suites de la publication du "Livre noir de la psychanalyse"(ed. Les Arènes, septembre 2005) Vous pouvez d'ores et déjà poser vos question. Jacques-Alain
Miller est psychanalyste, membre de l'École de la cause Freudienne et
de l'Association mondiale de psychanalyse et directeur du département
de psychanalyse de l'Université de Paris 8. Il fût le gendre de Lacan
et a largement contribué à sa reconnaissance dans le monde anglo-saxon.
Jacques-Alain Miller est l'un des plus éminents psychanalystes
lacaniens en France. Il est responsable de la retranscription et de la
publication du Séminaire de Jacques Lacan, dont le Livre XXIII, "Le
sinthome, 1975-1976", est sorti en avril 2005 aux éditions du Seuil.
A paraître : Cabinet de lecture de la revue Psychologie clinique Par Olivier Douville, Psychanalyste, Maître de conférence (Paris X), Directeur de publication de la revue Psychologie clinique
Catherine Meyer, (sous la direction de), Le livre noir de la
psychanalyse, vivre, penser et aller mieux sans Freud. Paris, Éditions
des Arènes, 829 pages.
C'est la rentrée. Nous avons donc droit à un livre « noir » de plus !
Chaque dite rentrée littéraire ne se doit-elle pas d'annoncer ce genre
de publication... Il y eut déjà Le livre noir du communisme, nous avons aussi à disposition Le Livre noir de Saddam Hussein, celui de serial killer, celui enfin de l'insécurité.
Avis aux collectionneurs, il y a aura bientôt de quoi ouvrir une
bibliothèque de « livres noirs ». Un fil rouge traverse ce genre de
littérature à l'estomac : déplorer puis dénoncer une massification des
victimes, une maltraitance généralisée, un empire du mal que protège
une odieuse chape de silence.
Réponse de François Sauvagnat à Mme Ursula Gauthier Paris le 20 septembre 2005, Madame,
Je
pense que nous ne nous sommes pas compris. Vous vous passionnez pour
l'appartenance universitaire de M Crews. Je crains que cela n'intéresse
pas grand monde. Les psychothérapies, la santé mentale, sont une
affaire trop grave pour qu'on se contente d'en traiter par des propos
complaisants. Le public a le droit de savoir à quoi s'en tenir. Il a le
droit d'être informé correctement.
J'ai
souligné neuf inexactitudes principales dans vos propos, qui me
semblaient nécessiter un examen approfondi. Les courriers que je reçois
par ailleurs de diverses personnes travaillant dans le domaine de la
santé mentale montrent que ces points sont au moins aussi importants
que je le supposais.
Je reviens sur quelques aspects que vous n'avez visiblement pas saisis.
Le
moral des Français est bas, nous dit-on. Ils sont pessimistes et la
confiance n'est pas rétablie. L'affect dépressif rend sensible la
présence de menaces multiples dans des registres de portée différente.
Les catastrophes « naturelles » du début septembre nous confrontent à
des milliers de morts qui auraient pu être évitées. La rentrée
littéraire est occupée par le fantasme de la fin de l'espèce humaine
pour cause de clonage infini. Enfin, une couverture de magazine énonce
le voeu de voir disparaître une classe limitée d'humains : les
psychanalystes. Ne confondons pas l'importance relative de ces trois
registres qui sont pourtant liés bien au-delà de la contingence.
Lettre ouverte à Mme Ursula Gauthier à propos de son article du Nouvel Observateur : " Un livre événement relance la guerre entre pro et anti. Faut-il en finir avec la psychanalyse? "N° 2130 p 10-12. Pr François Sauvagnat, Université de Rennes (Psychopathologie)
Madame, Votre
article paru dans le dernier numéro du Nouvel Observateur contient un
certain nombre d'assertions pour le moins fantaisistes, qui surprennent
quelque peu dans une publication de cette tenue. Il est anormal qu'une
journaliste ne s'informe pas minimalement sur le sujet qu'elle souhaite
traiter. Je vous prie donc de prendre connaissance des points suivants:
Le livre noir de la psychanalyse ? C'est bien plutôt celui des TCC !
La parution, aux premières heures de septembre, d'une compil des enragés de l'anti-psychanalyse
nous réserve quand-même une bonne pinte de rigolade avec le toujours
réjouissant Cottraux "survivant depuis plus de soixante ans à un
diagnostic erronné" (page 334) et une bonne découverte avec le dénommé
Rosenfeld (p. 278) qui nous gratifie de son inénarrable cas clinique :
assurément un nouveau champion ! L'attaque de la croyance religieuse
ici et là s'avère aussi particulièrement habile... Quant à la nouvelle
tactique imputant aux lacaniens la surconsommation des antidépresseurs,
inaugurée il y a quelques mois par Claude Le Pen dans Le Monde 2 (lire notre analyse ci-dessous),
elle promet de bien difficiles contorsions cérébrales à ses
promotteurs, ici l'imprudent récidiviste Légeron (p. 292) dont nous
relevions il y a peu ici même
qu'il cumule les fonctions de psychiatre, attaché dans le Service du Pr
Olié à l'hôpital Sainte-Anne, et celles, depuis 12 ans, de Directeur
général du cabinet Stimulus (www.stimulus-conseil.com), « spécialisé dans la gestion du stress en entreprise » : « En partenariat avec l'industrie pharmaceutique,
STIMULUS met depuis plus de 15 ans son savoir faire et sa créativité au
service des médecins en leur proposant des concepts et des outils
centrés sur la psychologie de la santé et la spécificité de la relation
médecin-patient »… Bref, un très bon cru pour cette rentrée des TCC, en bonne voie d'autodestruction publique, et une nouvelle étape vers l'abjection pour LeNouvel Obs qui consacre sa couverture à l'entreprise.
Elisabeth Roudinesco, quant à elle, a déjà (trop ?) honnoré ledit "ouvrage" d'un compliment fort bien tourné : le voici. (Article paru sur le site Oedipe.org)
PS : L'Express daté du 5 septembre
consacre un dossier au débat ; il est réalisé par Gilbet Charles. Fort
nuancé, assez complet et argumenté, il est assorti d'une excellente
interview d'Elisabeth Roudinesco. Lire...
D'une « littérature internationale » à l'autre Sophie Bialek L'expertise
collective de l'INSERM sur l'évaluation des psychothérapies aura
nécessité, nous dit-on, le passage en revue de « plus de mille articles
de la littérature internationale ». La publication du dernier ouvrage
du Pr J. Cottraux Les visiteurs du soi , concomitante de la publication
du rapport de l'INSERM, nous a amené à porter toutefois notre attention
sur une autre littérature, tout aussi internationale encore que bien
moins fournie, particulièrement prisée de Mr Cottraux , mais aussi plus
largement, des cognitivo-comportementalistes français.