Signalé et diffusé sur la liste Psychanalogie par francois-r. dupond muzart
Conflits d'intérêts aux USA : dans quelles proportions ?
(A. Bottéro)
Il est aujourd’hui considéré comme une sorte de minimum déontologique que l’auteur d’une publication prévienne ses lecteurs qu’il a un conflit d’intérêts avec son sujet. La plupart des revues "sérieuses" se conforment à une telle exigence. En général cela se traduit par la mention en petits caractères, dans une note ou à la fin de l’article, que l’un des auteurs a été rémunéré, d’une façon ou autre, par le laboratoire qui développe la molécule ou la technique étudiée. Une retombée imprévue de cette volonté de transparence, c’est qu’elle donne maintenant lieu à toute une littérature qui s’attache à scruter les corrélations existant entre les résultats des essais et leur financement. Il a été ainsi montré, dans le cas des essais randomisés en double aveugle contre placebo publiés par les grandes revues de psychiatrie, qu’un résultat positif est huit fois plus le fait des essais qui ont été sponsorisés (1). Si bien que les chercheurs, qui sont des gens pressés, prennent de plus en plus l’habitude de commencer la lecture d’une publication par l’identification de son éventuel sponsor, afin de se faire une idée de la valeur de ses résultats.
Signalé par Pierre Paresys, Vice Président de l'USP, cette information atterrante publiée sur Egora :
Rapt de données médicales aux Etats-Unis
A.C.
Alors
que l´informatisation de la santé en France, notamment via le Dossier
pharmaceutique (DP) et la relance du Dossier médical personnel (DMP),
suscite de nombreuses inquiétudes quant à la sécurité du stockage de
données personnelles sur ordinateur, l´une des instances sanitaires
locales des Etats-Unis, en Virginie, vit un scénario digne de Hollywood.
Le
30 avril, des hackers ont piraté le site Internet du Prescription
Monitoring Program (PMP, programme de contrôle des prescriptions) de
l´Etat, et en ont extrait les données de 8 257 378 patients, dont ils
ont ensuite effacé les originaux.
Ces données
comprennent non seulement des informations sur plus de 35 millions de
prescriptions médicales, mais aussi des éléments personnels comme les
numéros de sécurité sociale ou les informations inscrites sur le permis
de conduire des patients.
Dans un message laissé
sur le site du PMP, les hackers demandent une rançon de 10 millions de
dollars en échange de la restitution des dossiers, en menaçant de les
vendre au plus offrant si cette somme ne leur est pas versée dans les
sept jours.
Cette affaire pourrait relancer la polémique sur «l´inviolabilité»
du DMP, plusieurs fois évoquée par Roselyne Bachelot comme un point-clé
de l´adhésion des usagers à ce projet maintes fois reporté et désormais
prévu pour l´année 2010.
Nous, professionnels du soin, du travail social, de
l'éducation, de la justice, de l'information et de la culture, attirons
l'attention des Pouvoirs Publics et de l'opinion sur les conséquences
sociales désastreuses des Réformes hâtivement mises en place ces
derniers temps.
A l'Université, à l'École, dans les services de soins et de travail
social, dans les milieux de la justice, de l'information et de la
culture, la souffrance sociale ne cesse de s'accroître. Elle compromet
nos métiers et nos missions.
Au nom d'une idéologie de "l'homme économique", le Pouvoir défait et
recompose nos métiers et nos missions en exposant toujours plus les
professionnels et les usagers aux lois "naturelles" du Marché. Cette
idéologie s'est révélée catastrophique dans le milieu même des affaires
dont elle est issue.
Nous, professionnels du soin, du travail social, de l'éducation, de la
justice, de l'information et de la culture, refusons qu'une telle
idéologie mette maintenant en "faillite" le soin, le travail social,
l'éducation, la justice, l'information et la culture.
Nous appelons à une Coordination Nationale de tous ceux qui refusent
cette fatalité à se retrouver le 31 janvier 2009 à Paris. >>
Le 22 décembre 2008,
Roland Gori et Stefan Chedri
185 premiers signataires ont soutenu cet Appel des appels le 9 janvier 2009
La place contemporaine des psychoses dans la société : ségrégation ou exclusion ?
Peu avant la succession dramatique des faits divers qui ont mis en
lumière la grande misère de la psychiatrie contemporaine, minée aussi bien de l'intérieur que de l'extérieur, par des évolutions majeures, la SARP avait recueilli les propos de Pierre Sidon. Les voici :
Alors, les psychanalystes, vous êtes contents du résultat ? Vous vous
enorgueillissez des progrès que la psychanalyse aurait permis à la
psychiatrie et on entend dire, au contraire, qu'il y a une régression
de la psychiatrie, un retour aux asiles et au Grand Renfermement, une
pénalisation de la maladie mentale ?
Je sais bien à quoi vous faites allusion. Mais il faut bien faire
attention à distinguer les choses : certains, en effet, croient voir,
dans la présence grandissante des psychoses en prison, une réédition
d'un chapitre qu'ils considèrent comme honteux : le « Grand
Renfermement ». Ils font référence, à la suite de Michel Foucault, à
cet épisode situé en 1656 après qu'un édit royal aurait soudainement
précipité dix pour cents de la population parisienne dans ce qui
deviendrait les Asiles. Cette interprétation omet, selon nous, quelques
faits. Reprenons en détail :
D'une part, la soudaineté et l'ampleur de ce Grand Renfermement est remise en cause par les historiens pour plusieurs raisons :
- La première combat l'idée reçue selon laquelle les fous ont, dans un
temps considéré comme Age d'Or, joui de la liberté de vaquer. Cet Age
d'Or situé au Moyen Age semble n'avoir jamais existé : les fous
auraient bien plutôt bénéficié d'une réelle surveillance et d'un strict
cantonnement familial ou villageois, ne se retrouvant en prison ou à
l'hôpital qu'à la suite d'un passage à l'acte grave. (Claude Quétel,
Nouvelle histoire de la psychiatrie, Dunod 2002, p. 108).
- Ensuite parce qu'à-partir du XVIè siècle, ce sont les méfaits
conjugués de l'urbanisation puis de la crise économique, déstabilisant
l'équilibre antérieur, qui ont amené progressivement un accroissement
du vagabondage et de la mendicité, et corrélativement de la sévérité
des édits interdisant l'errance. On crée alors des lieux d'hébergement
qui mèneront à la fondation des Hôpitaux généraux.
- Enfin c'est le constat d'échec de cet enfermement qui va mener à sa
montée en régime grâce à la mise en place d'un dispositif associant les
lettres de cachet et les maisons de force. Ce procès s'étale entre la
fin du XVIIè et la fin du XVIIIè siècle et le dispositif s'accélère
grâce à un programme de constructions couplé à un dispositif policier
plus efficace.
Donc, plutôt que d'un avant et d'un après faisant suite à un mythique
Age d'Or, il s'est vraisemblablement agi d'ajustements progressifs plus
ou moins efficaces pour palier les effets d'une profonde et croissante
désocialisation de nombreux sujets, parmi lesquels des psychotiques.
Oui mais tout de même, enfermer les gens de force, il y a mieux comme resocialisation !
Peut-être, mais il faut replacer les choses dans le contexte de
l'époque. A l'origine de cet enfermement, il n'y a pas que des raisons
économiques et d'ordre public mais aussi un puissant idéal religieux :
si on les enferme, c'est aussi bien pour parer leur « irréligion » et
leur « carence morale ». L'Eglise songe même à créer un « ghetto des
pauvres » à Rome. Et plus tard, ce courant charitable va se laïciser
progressivement en doctrine hygiéniste. Quant aux « maisons de force »
qui vont prendre le relais des hôpitaux généraux au XVIIIè siècle, ce
sont pour beaucoup des communautés religieuses…
La
psychiatrie est traversée par une vague de protestations inhabituelle
dont on ne sait sur quoi elle va déboucher. Les appels et pétitions
circulent à grande vitesse sur internet et ailleurs, les débats
s'organisent, les professionnels prennent la parole, individuellement
ou en groupe. L'intervention de Nicolas Sarkozy dans l'hôpital
psychiatrique d'Antony le 2 décembre, annonçant une réforme de
l'hospitalisation sous contrainte, a été le déclencheur de cette mise
en mouvement.
Les consultations sur le projet de loi à venir viennent de débuter,
tambour battant, lundi 22 décembre au ministère de la santé. Les
syndicats de la fonction publique hospitalière ont ouvert le bal, avant
de laisser la place, en janvier, aux représentants des psychiatres.
L'occasion, pour Roselyne Bachelot, de mesurer le mécontentement et la
combativité d'une profession plutôt aphone ces derniers mois. Reçue par
la ministre de la santé, la CGT-santé a fait part de son refus de
traiter ces questions « de manière morcelée » en ne s'intéressant qu'à
l'hospitalisation d'office et a évoqué « les problématiques de fond que
sont la suppression des lits (...) ces dernières années, la question
des moyens, des contenues professionnels et de la formation ».
Prononcé trois semaines après le meurtre d'un étudiant à Grenoble
par un patient schizophrène, le discours du chef de l'État a braqué les
psychiatres dont la mission se situe à l'intersection entre les soins
apportés aux malades et la protection de la société. Sur ce point,
l'équilibre n'est pas trouvé, a déclaré Nicolas Sarkozy, selon lequel «
l'espérance, parfois ténue, d'un retour à la vie normale, j'ose le dire
ici, ne peut pas primer en toutes circonstances sur la protection de
nos concitoyens. Mettez-vous aussi à ma place ! Je dois répondre à
l'interrogation des familles des victimes que je reçois. »Un plan de «
sécurisation » des hôpitaux psychiatriques
Antidépresseurs et suicide : les leçons d'un échec
Pierre Sidon
Colloque déprime-dépression, Ministère de la santé, sous le Haut patronage et en présence de la Ministre, Mme Roselyne Bachelot-Narquin, 1er février 2008
« La langue de ces gens-là a une finesse extrême pour rendre les nuances les plus fugitives du sentiment » Stendhal, De l’amour en Provence jusqu’à la conquête de Toulouse en 1228, par les Barbares du Nord, De l’Amour, Paris, 1822.
"Il suffit en fait que je dise : « je suis triste… », pour que n’importe quelle personne sache exactement ce que je ressens", Pr Bruno Falissard, Mesurer la subjectivité en santé, Masson, 2001.
Dans la plupart études statistiques publiées depuis vingt ans, les nouveaux antidépresseurs présentaient de nombreuses vertus : outre leur efficacité, ils étaient peu générateurs d'effets indésirables. Et puisqu'ils traitaient la dépression, ils prévenaient le suicide.
Dans la pratique néanmoins, les effets thérapeutiques apparaissaient inconstants, souvent inférieurs à ceux des antidépresseurs de référence face à une situation de dépression sévère, en tous cas imprévisibles : on est toujours dans la situation décrite ainsi par Lacan : « On tempère, on obnubile, mais on ne sait pas ce qu’on fait. » (Discours aux psychiatres). Quant aux effets indésirables, ils étaient nombreux et la tentative de suicide ou le suicide en faisait partie, souvent même commis par intoxication avec le traitement lui-même. Les laboratoires pharmaceutiques et leurs alliés universitaires répondaient : ce n'est pas le médicament, c'est la maladie, preuves statistiques à l'appui, toujours.
L'année 2008, avec son lot de nouvelles révélations, sera-t-elle décisive ? Rien n'est moins sûr : depuis des années nous sommes maintenant habitués aux signaux d'alerte multiples et aux controverses qui s'ensuivent : témoignages de cliniciens indépendants, faits divers et procès réglés par indemnisation aux EU, mises en garde des autorités après méta-analyses des données… Rien n'y fait : la prescription ne faiblit pas, ou presque. Et lorsqu'elle faiblit, de nouvelles forces se lèvent pour la relancer au moyen de campagnes d'information sur « la maladie », de la formation des médecins confiée aux visiteurs médicaux, bientôt peut-être de la publicité directe au consommateur en France.
Pourtant, en ce début d'année 2008, deux nouvelles informations défraient la chronique : d'abord le New England Journal confirme que les laboratoires ont systématiquement occulté les résultats négatifs de leur études cliniques, grâce à quoi ces nouveaux produits arrivent à peine à se montrer supérieurs au placebo. Ensuite une étude évoque la publication des chiffres suédois du suicide pour l'année 2006. On y apprend notamment que plus de la moitié de la totalité des suicides féminins comportaient une prescription d’antidépresseurs depuis au moins six mois ; ce qui remet en cause l'affirmation du rôle protecteur des antidépresseurs sur le suicide. Néanmoins, la psychiatrie suédoise refuse de considérer ces chiffres comme une base valable de discussion. Il est vrai que l’on pourra toujours affirmer que le chiffre des suicides aurait été encore plus important sans antidépresseurs.
"Ils ont suivi le Guide" - Episode 1 : “La corde au cou”
Premier épisode d'une chronique à suivre sur le site de la SARP : les principes du Guide Inpes à l'épreuve de la pratique psychiatrique ? Entre éclat de rire et frissons d'horreur au quotidien...
par Pierre Sidon
15 novembre :
Dr A.I., psychiatre, au Dr P., médecin généraliste
Mon cher confrère,
Je vous remercie de m’avoir adressé votre patient, Monsieur C.C. 46
ans. Effectivement il s’agit d’une récidive dépressive. Pour le moment
j’ai conseillé la hausse de l’ [antidépresseur] et de l’ [somnifère]
car il se réveille très tôt le matin (sans doute augmenter à nouveau
[antidépresseur] dans quelques jours et le maintenir ensuite).
Effectivement le patient éprouve des difficultés à verbaliser ses
relations avec ses ascendants. Il éprouve une grande lassitude qui lui
semble venir de l’extérieur alors qu’il s’agit d’une forme larvée de la
crise de la quarantaine je pense. Je lui conseille de se trouver des
pôles d’intérêts et de continuer à développer ses relations avec ses
proches. Je dois le revoir dans 10 jours pour reparler de tout cela.
Je ne manquerai pas de vous tenir informé de l’évolution. Bien confraternellement.
20 novembre :
Le cri de son épouse réveille Monsieur C.C.. Elle vient de le dépendre de la fenêtre de la chambre conjugale.
L'évaluation, c'est bon pour le peuple, pas pour les "hommes d'action"
La revue La vie des idées, pubication attachée aux éditions La république des idées de
Pierre Rosanvallon, consacre un dossier sur les "indicateurs". Si un premier article
remet en cause une certaine "illusion" du contrôle par l'Evaluation, ce n'est certes
pas pour abandonner ce contrôle, cher à Pierre Rosanvallon. On se
reportera à ce sujet au Communiqué n°47 de l'Agence Lacanienne de Presse
que nous reproduisons ci-dessous. On verra qu'il s'agit bien au
contraire de toujours mieux contrôler les populations, mesurer, évaluer,
"optimiser" le corps social.
Mais lorsqu'il s'agit de l'évaluation des Ministres, dans le second article, Anne Pezet
&
Samuel Sponem se montrent plus réservés : "En fait, les
indicateurs sont des instruments de gestion très utiles à condition de
ne pas y accorder trop d’importance, pour préserver un jugement
discrétionnaire (qui est l’essence de l’homme d’action, bien plus que
ne le sont les indicateurs) et surtout de les manier avec précaution.
Si vous ne connaissez pas votre métier, ils ne vous rendront pas
meilleurs. Ils peuvent dans certains cas aider à y voir plus clair dans
une situation confuse, ils peuvent aussi vous aider à comprendre de vos
erreurs, mais ils ne ferment jamais tout à fait les débats sur la
performance. Ils peuvent surtout être utilisés pour faire avancer, non
pas la vérité mais ses propres intérêts. Les chercheurs en gestion les
présentent ainsi parfois comme des outils de légitimation ou des
« machines de guerre ». Leurs fonctions sont alors très différentes de
la recherche de l’objectivité qu’ils sont censés permettre… Un mauvais
indicateur ou un mauvais chiffre sert ainsi bien d’autres fins que
l’efficacité."
L'Evaluation, “une machine de guerre" ? Quelle idée ?! Selon que vous
serez puissant ou misérable, l'Evaluation sera blanche ou
noire.On croît toutefois reconnaître là la sorte de dialectique naïvement développée par le futur président de la République lors de son incroyable entretien avece le philosophe Miche Onfray quelques semaines avant son élection : "Je crois en la transgression, affirmait Nicolas Sarkozy. Mais ce qui me différencie des
libertaires, c'est que pour transgresser il faut qu'il y ait des
règles ! Il faut qu'il y ait de l'autorité, des lois. L'intérêt de la
règle, de la limite, de la norme, c'est justement qu'elles permettent
la transgression. Sans règles, pas de transgression. Donc pas de
liberté. Car la liberté, c'est de transgresser." Aux untermensch donc les règles et la transparence ; transgression et opacité pour les autres. n'est-ce pas là le panoptique de Bentham en cours d'achèvement ? Le remède ? "Les chauve-souris craignent la lumière, qu’aiment les amis des libertés", concluait Jacques-Alain Miller en mars 2005.
P. Sidon
_________________________________________
Les indicateurs de performance
peuvent-ils s’appliquer à l’action publique, aux fonctionnaires et aux
ministres ? Deux études soulignent les inconvénients que présentent les
primes à la performance dans le secteur privé, auxquelles s’ajoutent
des difficultés spécifiques au secteur public.
Incitations et désincitations : les effets pervers des indicateurs
par Maya Beauvallet, le 22 février 2008
La demande politique d’une plus grande clarté dans l’administration des
fonds publics et l’exigence d’efficacité à l’égard des fonctionnaires a
nécessité la mise en place d’un suivi des performances de ces
administrations. Néanmoins, aux inconvénients des primes à la
performance déjà connus dans les secteurs privés, s’ajoutent des
difficultés spécifiques à leur utilisation dans les secteurs publics. Lire la suite...
Des indicateurs pour les Ministres au risque de l’illusion du contrôle
par Anne Pezet et Samuel Sponem, le 22 février 2008
Deux professeurs et chercheurs en management, Anne Pezet et Samuel
Sponem, mettent l’accent sur la prudence avec laquelle il convient
d’utiliser les indicateurs de performance, singulièrement quand,
suivant le mouvement de « managérialisation » de la société, on entend
les appliquer au monde de l’action publique. Lire la suite...
Dans ce contexte critique, on relira avec intérêt le communiqué n°47 de l'Agence de Presse Lacanienne daté du 20 mars 2007 :
COMMUNIQUÉ DE JACQUES-ALAIN MILLER - 21 mars 2005
J’ai été reçu ce matin rue de Solférino, de 11h à 11h55,
par François Hollande. L’invitation à le rencontrer m’était parvenue
par l’intermédiaire du Sénateur Jean-Pierre Sueur, qui participait à
l’entrevue. J’avais demandé à Agnès Aflalo et à Gérard Miller de
m’accompagner.
Je ne dirai rien des propos de François Hollande, sinon
qu’il a accepté de bonne grâce le cadeau que j’avais apporté pour lui,
d’un exemplaire dédicacé du Sinthome et de Lacan même,
où la place était laissée pour une dédicace de Philippe Sollers. Il a
de même gentiment accepté de remettre de ma part à Mme Ségolène Royal
un exemplaire dédicacé de ces deux ouvrages.
Gérard
Miller a introduit l’entretien en retraçant le chemin qu’avait suivi
notre réflexion, et notre action, depuis le vote de l’amendement
Accoyer par l’Assemblée nationale. Peut-être mon frère voudra-t-il
reprendre lui-même pour l’ALP la substance de ses propos.
Je reproduis l’essentiel de ce que j’ai dit ce matin au
successeur de François Mitterrand à la tête du Parti socialiste.
On apprend dans le quotidien Libération que les laboratoires répondent à l'étude de Kirsch sur les antidépresseurs ISRS :
Une étude britannique contestée
QUOTIDIEN : vendredi 29 février 2008
Mardi, une étude de l’université de Hull , reprise
spectaculairement à la une de la presse britannique, a mis en doute
l’efficacité d’antidépresseurs comme le Prozac ou le Seroxat, estimant
que ces médicaments n’avaient guère plus d’effets que des placebos sur
les personnes souffrant de dépression. Les porte-parole de plusieurs
sociétés fabriquant des antidépresseurs ont contesté les résultats de
cette étude, estimant qu’elle n’avait pas du tout pris en compte les
résultats positifs produits sur les malades et leurs familles.
L'efficacité controversée des antidépresseurs : une opportunité pour l'industrie française ?
Par Sophie Bialek et Pierre Sidon
Conformément à l'article 26 de la loi du 4 mars 2002, dit de "transparence", les auteurs déclarent n'avoir aucun lien d’aucune sorte avec les firmes pharmaceutiques.
Un mois après une première étude qui évoquait la faible supériorité des antidépresseurs
ISRS face au placebo (Erick Turner dans le New
England Journal, 17 janvier 2008), la publication d'une seconde étude
similaire défraie la chronique médiatique (Irving Kirsch, « Initial Severity
and Antidepressant Benefits : A Meta-Analysis of Data Submitted to the
Food and Drug Administration », Public
Library Of Science). Des représentants de la psychiatrie universitaire,
grande promotrice de « la dépression » et de ses traitements chimiothérapiques,
défilent donc dans les médias.
Le Pr. Olié
explique à l'Express que les essais
thérapeutiques sont principalement pratiqués aux USA ou en général dans des
pays où le système de soins est inégalitaire : « des personnes acceptent aussi
ces tests pour avoir des soins gratuits. Dans ces conditions, aux
Etats-Unis, ce sont plutôt 8 essais sur 10 qui ratent », ce que B. Falissard, interrogé dans Libération explicite ainsi : « Ces
essais vont donc être réalisés dans des pays où les systèmes de santé sont
souvent inégalitaires, comme aux Etats-Unis. Qui va y participer ? Des
personnes qui n'ont pas d'assurance de santé, et elles le font pour pouvoir bénéficier
d'un traitement. Pour ces gens là, l'effet placebo peut être considérable. ».
Entraîné par son élan, Falissard en arrive même à affirmer : « Ce
type d'essai n'est pas possible en France, car il n'y a pas un patient qui
accepterait de recevoir un placebo. » C’est évidemment faux : les
essais thérapeutiques comparatifs contre un traitement de référence et contre
un placebo (essais de phase III) sont en effet indispensables pour l’obtention
d’une Autorisation de Mise sur le Marché, en France comme ailleurs. Reconnaissons
toutefois qu’il est plaisant de voir M. Falissard dénigrer les essais cliniques
réalisés aux USA après avoir soutenu la pertinence de leur usage lors de l’expertise
de l’Inserm sur l’évaluation des psychothérapies. Mais revenons donc aux propos
de J.P. Olié, grand pourvoyeur d’essais thérapeutiques contre placebo 100% français :
« des études comme celle-ci qui ne permettent pas d'établir une différence
entre un antidépresseur et un placebo, il y en a plein les tiroirs. Un essai
clinique sur deux échoue. » Un échec sur deux en France, c’est certes toujours
mieux que « huit sur dix aux USA ». Toutefois, il y en a tout de
même « plein les tiroirs », autrement dit jamais publiés, participant
ainsi à égarer l'opinion sur la prétendue efficacité des molécules : « Jusqu'en
2006, les industries n'étaient pas obligées de les publier (…) Les résultats négatifs
n'intéressent personne. » Personne, y compris M. Olié, dont on admire ici
l'aveu emprunt d'un naturel décomplexé tellement d'époque.
Le Pr Servan-Schreiber : sa pensée est "magique" selon le magazine Sciences et Avenir
Heureusement, le professeur qui répond ci-dessous, a des références, nombreuses... Nous-mêmes, étions admiratifs de la carrière et des résultats du professeur et proposions sur ce site-même il y a quatre ans déjà, un aggiornamento complet de la médecine et de la psychiatrie, tenant compte des avancées révolutionnaires de l'universitaire ; rappels :
Campagne Dépression : prévention ou invitation au suicide ?
par François Jubert
Monsieur
D., 53 ans, vient consulter un psychiatre sur la demande de son médecin
traitant, parce qu’il « se sent très déprimé suite à des problèmes [à
son] travail ».
Il a
fait une première dépression il y a 20 ans, suite au décès de son père.
Monsieur D. ajoute aussitôt qu’il n’a pas déprimé lors du décès de sa
mère et de son frère. Un
deuxième épisode dépressif est survenu il y a 10 ans en raison d’un
conflit avec un chef qui l’avait « pris en grippe » à son travail.
Depuis
6 mois, un nouveau système a été mis en place à son travail. On lui en
demande plus, « toujours plus ». En plus de son travail de cariste, on
lui demande d’être magasinier et s’occuper de l’approvisionnement.
D’autre part, il tourne sur trois lignes différentes au lieu d’une
comme auparavant. Sa mémoire lui fait défaut d’une ligne à l’autre. Il
est dépassé par les nouvelles technologies, la solidarité a disparu
entre collègues, les jeunes raillent les vieux et bâclent le travail.
Sous la pression du travail, il doit cesser de jouer de la musique avec
le groupe dont il est le batteur, il abandonne également le sport : il
était entraîneur de tennis de table dans son entreprise autrefois. Il
force physiquement, moralement, il dort de moins en moins, n’arrive
plus à se lever et se met à pleurer sans raison.
La
campagne dépression bat son plein. Monsieur D. entend à la radio et la
télévision parler du suicide des jeunes, des vieux. « La vie n’est pas
facile de nos jours » commente-t-il. Des idées suicidaires font alors
leur apparition. « Si d’autres se suicident confrontés à la difficulté
de vivre aujourd’hui, je peux le faire aussi », doit-il se dire.
Il
choisit d’aller trouver son médecin traitant qui le met en arrêt de
travail, lui prescrit un traitement antidépresseur et l’adresse au
psychiatre pour le prendre en charge... un mois
plus tard : Monsieur D. n’est pas sorti de chez lui pendant tout ce
temps, il regarde la télé, n’écoute plus de musique, les idées
suicidaires sont toujours là, heureusement fugaces : « La vie n’est pas facile de nos jours. »
Campagne dépression : "suivez le guide" !, en effet. Sans doute ses concepteurs n’ont-ils pas bien envisagé toutes les conséquences de leur initiative...
Le Prozac est, selon une nouvelle étude, un placebo
Publié aujourd'hui dans The Guardian, l'article fait référence à une nouvelle méta analyse issue dans PLOS (Public Library of Science) selon laquelle le Prozac ne serait, la plupart du temps, qu'un placebo. L'efficacité serait, par contre, non nulle dans les cas les plus graves. L'analyse statistique semble recouper, pour une fois, l'impression du clinicien.
« La différence d’efficacité
entre l’antidépresseur et le placebo augmente en fonction de la sévérité
initiale de la dépression, mais reste très modeste même chez les patients les
plus sévèrement déprimés. La relation entre
l’efficacité des antidépresseurs et la sévérité initiale de la dépression est
attribuée à la baisse de l’effet placebo chez les patients les plus sévèrement
déprimés plutôt qu’à une augmentation de la réponse au traitement
médicamenteux ! ».
Lettre ouverte à la Fédération Française de Psychiatrie
Par le Dr Sophie Bialek
Société pour l’Action et la Recherche en Psychiatrie
1 rue Duguay-Trouin 75006 Paris
16.02.08
Cher(e)s collègues de la Fédération Française de Psychiatrie,
En ce début d’année 2008, nous souhaiterions soumettre au bureau de
la FFP, quelques demandes d’éclaircissement, concernant l’état actuel
des relations entre la FFP et la HAS. Cette démarche s’origine de la
lecture, sur le site de la FFP, de l’exposé du Dr O. Lehembre,
Président de la FFP, en date de janvier 2007.
1) Notre première question concerne la Recommandation de la HAS
“complications évolutives d’un épisode dépressif de l’adulte” don’t la
mise en oeuvre et le déroulement ont, au vu du rapport du Dr Lehembre,
effectivement donné lieu à certaines “complications”. A cet égard, nous
souhaitons attirer l’attention des responsables de la FFP sur le fait
que le Plan Ministériel Santé mentale 2005-2008 comporte, dans son axe
4, une mention explicite au sujet des recommandations sur la
dépression.
« Saisine de l’HAS pour réactualiser les Recommandations de Bonnes
Pratiques,
en lien avec l’AFSSAPS sur les traitements de la dépression (choix des
antidépresseurs et/ou des psychothérapies, posologies, durée du
traitement, associations….) cf 3.1.2 ; et développer, sur la base de
ces recommandations des référentiels de formation et des évaluations
des pratiques
professionnelles (EPP) permettant l’amélioration du repérage, du
diagnostic et du traitement de la dépression par les professionnels de
santé, en fonction des populations (périnatalité, enfants et
adolescents, adulte, personnes âgées, personne en précarité….). e
ministre veillera à ce que l’ensemble des sensibilités de la
psychiatrie française, dont la psychanalyse, soient associés à la
révision de ces recommandations. ».
Le numéro trente-six de La Règle Du Jeu,
la revue que dirige Bernard-Henri Lévy vient de paraître. Il fait une
large place à deux excellents articles d’Agnès Aflalo regroupés sous le
titre unique du livre à paraître : « L’assassinat manqué de la
psychanalyse ». Il faut saluer l’évènement, qu’une revue qui porte haut
l’opinion éclairée, publie aussi généreusement les travaux d’une
psychanalyste de l’École de la Cause Freudienne, qui entreprend de
déchiffrer ici pour le lecteur ce nouveau symptôme épidémique de notre
civilisation qu’est l’évaluation.
Dans le premier des deux articles, qui s’intitule «Le calcul des TCC»,
Agnès Aflalo nous livre une analyse détaillée de la logique
négationniste que les tenants des TCC ont développée à l’égard du sujet
de l’inconscient, de la jouissance opaque du symptôme et de la clinique
psychanalytique fondée sur le transfert. Elle montre comment, au cours
de ces vingt dernières années, la psychiatrie essentiellement
universitaire, qui a toujours porté en elle un solide courant
organiciste, s’est laissée lentement mais sûrement séduire par la
promesse que lui faisait les TCC de réaliser l’idéal scientifique :
devenir enfin une discipline médicale. Agnès Aflalo réussit à démonter
point par point la méthode et la rhétorique du discours TCC pour le
faire apparaître pour ce qu’il est : une fausse science, alimentée par
un discours universitaire et fondée sur le signifiant maître de
l’évaluation.
Le deuxième article, intitulé : « Surveiller et prévenir », interroge
l’idée de «santé mentale» et ses conséquences, et en particulier
l’épidémie de l’évaluation qui aujourd’hui cherche a imposer son
hégémonie un peu partout dans le monde. Agnès Aflalo y déchiffre avec
sagacité le refoulé du discours de l’évaluation qui s’avance avec la
puissance de l’intimidation du chiffre et cherche à faire passer
l’évidence de la statistique pour le réel de l’affaire. Elle montre de
façon sensationnelle que ce discours ne produit en réalité qu’une
multiplication infinie des anormalités, en même temps qu’il organise, à
l’aide de nombreux préjugés de classe et de races, des exclusions et
des ségrégations qui hantent déjà l’histoire des deux derniers siècles.
Agnès Aflalo nous fait ainsi la démonstration, preuves à l’appui, que
l’envers de cette fausse objectivité transporte, en réalité,
l’idéologie la plus rétrograde.
Ce discours de l’évaluation, ainsi démasqué, fait surgir avec force
l’enjeu politique d’aujourd’hui pour les psychanalystes de l’École de
Lacan. On pourrait l’épingler d’un Witz : “ou la Lacantification éclairée de notre civilisation ou la quantification sourde et aveugle”.
Conversation avec Francesca Biagi-Chai autour de son livre Le cas Landru à la lumière de la psychanalyse, préfacé par Jacques-Alain Miller avec Yves Charpenel, magistrat, Serge Cottet, psychanalyste, Stella Harrison pour la Lettre mensuelle, et avec l’aide de Pascale Barré.
Stella Harrison :
J’ai été frappée à la lecture de votre livre par votre retour à la
monographie et la précision que vous apportez au concept de réel. Pour
entrer dans le débat, pouvez-vous nous éclairer vous-même sur ce
binaire avancé par Jacques-Alain Miller, dans sa préface, entre le
crime utilitaire et le crime de jouissance et son paradoxe chez Landru.
Francesca Biagi-Chai : Ce qui a été important à
propos du cas Landru, c’était de faire apparaître ce que peut-être une
monographie comme évaluation lisible et compréhensible par la plus
grande majorité, à l’heure où les chiffres ne rendent pas compte des
conduites et des événements subjectifs. Landru a valeur d’exception
dans ce binaire entre l’utilitaire et la jouissance en ceci que pour
lui l’utilitaire est l’équivalent total de la jouissance. Autrement
dit, l’utilitaire perd la part de sens commun qui équivaut à l’échange,
au marché des objets, et acquiert la dimension d’une jouissance
mortelle dans un totalitarisme du devoir, une rationalité du devoir,
autrement dit, un réel. Il s’agit donc d’une jouissance dans le sens de
la pulsion de mort, d’une mort du sujet. Landru est rationnel, et le
rationnel c’est le réel.
Ministre de la santé, de la jeunesse et des sports
au COLLOQUE DÉPRIME - DÉPRESSION
sous la Direction de Mr. Jacques-Alain MILLER
-Vendredi 1er Février 2008-
à 18h00
(MINISTÈRE DE LA SANTÉ, DE LA JEUNESSE ET DES SPORTS)
Mesdames et messieurs,
Cher Jacques-Alain Miller,
Au risque de vous surprendre, risque que j’assume avec un plaisir non dissimulé, je voudrais ouvrir mon intervention par une citation du Président de la République : « la politique de la vie, c’est une politique qui part du principe que la qualité est plus importante que la quantité, que s’agissant de ce qui touche intimement à la vie, les critères qualitatifs sont plus importants que les critères quantitatifs ». Et d’ajouter : « c’est bien pour cela que la politique existe : parce que tout n’est pas quantitatif ».
La ministre de la qualité des soins que je veux être reprend volontiers à son compte de tels propos. Il convient, en effet, d’accorder ici aux mots toute leur valeur, d’en restituer la portée éthique, d’en déchiffrer, oserais-je dire, le sens.
En matière de santé, comme c’est aussi le cas pour la culture ou l’éducation, l’action publique ne saurait, sans trahir sa finalité, se réduire à la seule gestion des choses.
Cette maison qui vous accueille aujourd’hui, et dont vous saurez interpréter comme un signe, l’hospitalité, est une de ces maisons communes dont la vocation publique justifie l’ouverture au débat.
L’administration de la santé elle-même ne saurait être, par principe, par destination, une administration sans âme et sans épiderme, insensible aux exigences de la vie.
Et cela, d’autant moins, je tiens d’entrée de jeu à le souligner, que c’est bien la finalité qualitative de notre politique qui doit désormais structurer notre appréhension des problèmes.
Ainsi, les questions de santé publique qu’il nous revient de traiter ici, compte tenu de leurs enjeux éthiques, ne sont pas, malgré leur complexité, ou plutôt devrais-je dire, à cause de cela, l’affaire de quelques spécialistes isolés.
L’élaboration d’une politique de santé exclut, par définition, le cloisonnement disciplinaire : expression en elle-même assez éloquente sans qu’il soit nécessaire d’en redoubler l’énoncé par quelques commentaires.
La complexité des enjeux exige plutôt une méthode toute particulière, adaptée à l’objet de notre réflexion. Esprit de géométrie et esprit de finesse doivent ainsi s’allier pour appréhender une réalité qui, par définition, ne saurait se réduire à quelques abstractions mathématiques.
Sachons donc résister à ce triste tropisme qui consiste à tenir séparés des domaines de compétences qui devraient, au contraire, se fertiliser réciproquement par la pratique de l’échange.
La science, elle-même, pour quiconque est un peu sérieusement instruit de son histoire, est plutôt rétive aux réponses toutes faites, et ne doit ses progrès qu’à la capacité de questionner son propre savoir.
Certes, la certitude est généralement plus rassurante que le doute. Cependant, à mes yeux, ce sont, plutôt que le dogme asséchant, les bonnes questions, celles qui dérangent, qui valent d’abord d’être entendues.
Ce sont elles qui, toujours, nous aident à progresser dans la réflexion, nous protègent des simplifications abusives, de la grossièreté scientiste.
Aussi je ne puis que me réjouir que résonne entre ces murs cette parole vive, cette libre parole qui interroge.
Je suis fière, en effet, de vous donner ici l’occasion de tenir ce colloque sur déprime et dépression, l’occasion de poser les questions qui font et qui doivent faire débat, compte tenu de leurs implications éthiques.
Historique : la psychanalyse lacanienne se dote d'un organe de presse
Après la parution de son exceptionnel numéro 7 consacré à la contre
campagne dépression de l'Ecole de la Cause freudienne et des Forums des
psy, le Nouvel Ane, jusque là "Journal de coups" devient trimestriel.
Fait unique dans l'histoire des idées, il se dote pour cela d'une
équipe de rédaction internationale de pas loin d'une centaine
d'intellectuels. L'irruption de cette nouvelle parution fera date dans
l'histoire du mouvement analytique, mais aussi dans l'histoire tout
court. Dans les suites de l'amendement Accoyer qui témoignait de la
volonté de mainmise du politique sur les affaires de l'intime, cet
événement éditorial entend marquer l'entrée de la psychanalyse dans les
affaires du politique. Le numéro 8 est en partie consacré à la
déferlante évaluationniste sur la société. Il marque le premier temps
de la reconquête de la psychanalyse à l'Université après la déferlante
cognitiviste. Nul doute que l'imposture de la pseudo-science cognitive
fera long feu. L'avenir nous appartient.
Un article américain commente de nouvelles données suédoises décisives quant au suicide et aux antidépresseurs. Les faits sont massifs, inédits, et renouvellent le débat sur « l’efficacité » des antidépresseurs.
La fin de l’article, qui évoque « l’akathisie » nous fournit néanmoins l’occasion de préciser que nous ne partageons pas la conception qu’elle emporte. Rappelons qu’il s’agit de la thèse récente, amenée par David Healy, célèbre psychiatre gallois auteur du Temps des antidépresseurs, d’un tableau d’agitation interne pouvant mener au passage à l’acte. Le terme d’akathisie entend étendre à bon compte le tableau neurologique bien connu, qui peut survenir sous neuroleptiques, à l’agitation décrite sous antidépresseurs. Dans l’akathisie classique des neuroleptiques, proche du « syndrome des jambes sans repos », il y a pourtant dissociation entre l’agitation physique [ressentie comme étrangère, parasitaire, avec souvent obligation de marcher (tasikinésie)], et l’état psychique, souvent dénué d’angoisse et d’agitation. L’akathisie des neuroleptiques ne mène jamais à un passage à l’acte. Les tableaux que Healy assimile donc à cette akathisie, au contraire, sont typiquement ceux d’une agitation psycho-motrice.
Confirmant notre impression clinique, une étude de 1994 menée par G. D. Tollefson de l’Institut Lilly (Absence of a relationship between adverse events and suicidality during pharmacotherapy for dépression) parue dans le Journal of clinical psychopharmacology n’a trouvé aucune association entre un effet indésirable somatique des antidépresseurs et le suicide. Si même Lilly le dit…
Quoi qu’il en soit, le procédé de Healy, pourtant grand contempteur des antidépresseurs s’il en est, mais tout de même psychiatre cognitivo-comportementaliste, nous semble paradigmatique de l’époque par l’usage radical qu’il fait du suffixe « neuro » (nous faisons référence au récent cours de Jacques-Alain Miller de janvier 2008). Il consiste ici en une neurologisation de l’agitation psycho-motrice. En supprimant le « psycho » du « psychomoteur », on attribue le passage à l’acte à l’action du médicament seul. Tout se passe comme si le psychiatre comportementaliste, dans ce cas en particulier, endossait le rejet de la subjectivité toute psychotique de son patient en lui déniant toute pensée à l’origine de son acte, entérinant ainsi son irresponsabilité au nom d’une supposée causalité neurologique de l’acte : science et paranoïa, la main dans la main.
Pierre Sidon
52% des suicidées en Suède en 2006 étaient sous traitement antidépresseur
Transworldnews 21 janvier 2008
Santé et bien être ; News
Traduction de l’anglais : Pierre Sidon
Ce ne sont pas des données issues d'une étude limitée ; il s'agit d'un niveau d'information national concernant L’ENSEMBLE des suicides (entre 18-84 ans) pour l'année 2006. L'information est exceptionnelle ; des registres existent maintenant en Suède, qui permettent à l’Agence Nationale de Santé Publique de savoir quel est le pourcentage de suicides qui ont été précédés par un traitement psychotrope.
Parmi un total de 377 femmes qui ont commis un suicide, 197 (52%) avaient reçu une prescription d'antidépresseurs dans les six mois précédant leur décès. Et 29 (8%), avaient reçu une prescription de neuroleptiques (« antipsychotiques ») SEULS, dans les 6 mois précédant leur suicide.
Cela signifie que 229 femmes – 60% - de celles qui se sont suicidése (18-84 ans) en Suède en 2006 avaient reçu une prescription d'antidépresseurs OU de neuroleptiques dans les 6 mois précédant leur suicide.
Les neuroleptiques avaient été présents dans 97 (26%) des suicides des sujets féminins, (68 femmes, 18%, avaient reçu A LA FOIS des antidépresseurs et des neuroleptiques). NE sont pas inclus, dans ces chiffres, le pourcentage de femmes qui avaient reçu d'autres types de médicaments psychotropes, tels les benzodiazépines.
Ces données sont révélées alors que l'on vient d’apprendre que les laboratoires pharmaceutique ont systématiquement occulté les résultats de leurs essais cliniques lorsqu’ils leurs étaient défavorables, en même temps qu'ils exagérait les résultats positifs dans leurs études sur les antidépresseurs (voir l'article du New York Times : Antidepressant Studies Unpublished), induisant ainsi en erreur les patients et les médecins pendant plusieurs années.
L'article qui défraie la chronique, repris par Le Figrao et l'Humanité notamment : où l'EBM sert de couverture scientiste au charlatisme ancestral qu'il était censé combattre.
La publication sélective des essais cliniques sur les antidépresseurs et son influence sur l’efficacité perçue
Erick H. Turner, M.D., Annette M. Matthews, M.D., Eftihia Linardatos, B.S.,
Robert A. Tell, L.C.S.W., and Robert Rosenthal, Ph.D.
Traduction Pierre Sidon
Résumé
Arrière-plan :
La médecine basée sur les preuves ne vaut que par l’exhaustivité des données et l’absence de biais. La publication sélective des essais cliniques - et les résultats de ces essais – peuvent conduire à une estimation irréaliste de l’efficacité d’un médicament et modifier le ratio risque-bénéfice apparent.
Méthodes
Nous nous sommes procurés les comptes-rendus de la FDA (Food and Drug Administration) pour des études concernant 12 antidépresseurs, menées sur un total de 12 564 patients. Nous avons conduit une revue systématique de la littérature pour identifier les études correspondantes. En ce qui concerne les études publiées, nous avons comparé les résultats publiés à ceux de la FDA. Nous avons aussi comparé le chiffre de l’efficacité issu des études publiées à celui issu de l’ensemble des données de la FDA.
Résultats
Parmi les 74 études enregistrées par la FDA, 31%, soit 3449 participants, n’ont pas été publiés. Le fait qu’une étude ait été et publiée, et comment elle le fut, dépendait de son résultat. Un total de 37 études considérées comme favorables par la FDA ont été publiées ; une étude considérée comme favorable ne l’a pas été. Les études jugées par la FDA comme ayant des résultats négatifs ou douteux, à trois exceptions près, n’ont, soit pas été publiées, soit présentées d’une manière qui, à notre avis, les faisait apparaître comme favorables (11 études). Selon la littérature publiée, il apparaissait que 94% des études menées étaient favorables. Au contraire, l’analyse de la FDA donnait 51% de positives. Les différentes méta-analyses de la FDA et des revues montraient que l’augmentation de l’efficacité s’étalait de 11 à 69% pour un médicament donné, avec une moyenne de 32%.
Conclusions
Nous ne pouvons dire si les biais observés résultent d’un échec dans la soumission des manuscrits de la part des auteurs ou des sponsors, ou de la décision de ne pas publier, de la part des éditeurs ou des comités de lecture, ou bien des deux. La publication sélective des essais cliniques peut avoir des conséquences fâcheuses pour les chercheurs, les participants des essais, les professionnels de santé et les patients.
Le commentaire de cette publication et des apports supplémentaires dans le quotidien québecois Le Devoir :
Mots clés : Food and Drug Administration, antidépresseurs, Médicament, États-Unis (pays)
89 % des études ayant révélé des résultats négatifs ou discutables n'ont pas été publiées dans la littérature scientifique
Les antidépresseurs ne seraient pas aussi efficaces que ce qui est
rapporté dans la littérature scientifique, où ne sont publiées en
général que les études ayant abouti à des résultats favorables au
médicament. Selon les auteurs d'un article paru dans la dernière
édition du New England Journal of Medicine, ce biais dans la
publication des données obtenues à la suite d'essais cliniques destinés
à vérifier l'efficacité et l'innocuité d'un antidépresseur fausserait
la perception qu'auraient les médecins de l'efficacité de ces
médicaments et pourrait avoir des effets néfastes sur leur pratique de
même que sur les attentes des patients.
Quarante ans après la publication du livre Les fous crient
au secours, le système de soins psychiatriques, dse urgences jusqu'à l'hôpital
médico-légal Philippe-Pinel, aurait besoin d'être revu de fond en comble.
Photo Martin Tremblay, La Presse
Katia Gagnon et Hugo Meunier
La Presse
La politique de désinstitutionnalisation qui se poursuit
depuis 30 ans au Québec est un échec, dénonce le directeur général de
l'Institut Philippe-Pinel, Jocelyn Aubut. «Le système est en train de sauter.
Il faut qu'on provoque quelque chose», lance-t-il, dans un entretien exclusif
avec La Presse.
Jocelyn Aubut a été nommé il y a huit mois à la tête de
l'Institut Pinel, le principal hôpital médico-légal au Québec. Il a fait le
tour de son jardin et son jugement est sans appel: en voulant sortir les
malades des hôpitaux, on a mené plusieurs d'entre eux dans des portes
tournantes, qui mènent de la rue à la prison.
«La désinstitutionnalisation, c'est une belle philosophie.
Mais les principes sans les moyens, ça fait que les gens se retrouvent en
prison», résume-t-il en entrevue dans le cadre d'une série d'articles sur le
sujet qui seront publiés tous les jours jusqu'à lundi.
Pilule d'or Prescrire : bonnet d'Âne pour les psychotropes
La SARP était présente. Un débat remarquable sur les psychotropes a précédé la matinée. La presse en a largement rendu compte.
AFP — Jeudi 17 janvier (2008), 16h45
PARIS (AFP) — Des psychiatres, psychologues et chercheurs ont dénoncé
une « dérive » du marché des médicaments psychotropes, incriminant
notamment la « logique marchande » des firmes pharmaceutiques, lors
d’un débat organisé par la revue indépendante Prescrire jeudi (17
janvier 2008) à Paris.
Monique Debauche, psychiatre belge, a noté que le volume de vente des
anti-dépresseurs a été multiplié par deux en France en 10 ans, alors
qu’ils peuvent être inutiles, « la plupart des états dépressifs
s’améliorant spontanément en quelques semaines ».
Elle a expliqué la « dérive du marché des psychotropes » par la forte
demande des patients, « habitués à penser leur souffrance en termes de
maladie curable par un médicament », par la formation des médecins «
centrés sur le médicament », et surtout par l’influence des firmes
pharmaceutiques, « omniprésentes » dans la formation et l’information
des soignants.
Elle a dénoncé à cet égard des études cliniques « construites comme des
supports promotionnels », avec un discours « façonné par la logique
marchande ».
Chers collègues,
j’ai fait connaître cet après-midi au cabinet présidentiel l’existence
du Meeting à la Mutualité, en demandant que l’on me dise une bonne fois
si nous devons considérer que l’élimination de la psychanalyse à
l’Université est programmée et ira à son terme, ou si le pouvoir
politique interviendra, comme cela a été le cas par le passé. En effet,
depuis 1991, les expertises effectuées au département de psychanalyse
par des équipes cognitivistes lui ont toujours été défavorables, et ce
sont les ministres successifs de l’Education nationale qui ont chaque
fois décidé personnellement de ne pas suivre les recommandations de ces
experts. En tout état de cause, nous ne laisserons pas couper les liens
de la jeunesse avec la psychanalyse : ce serait consentir à la
disparition à terme de notre pratique. Ou bien ce lien sera maintenu au
sein de l’Université, ou bien nous agirons en dehors de cet appareil
d’Etat, dans la société civile, sur le modèle de nos Sections
cliniques. Quand l’Argentine était aux mains des militaires, tout un
secteur universitaire privé s’était développé en marge de l’Université
officielle, et cela n’a pas trop mal réussi à nos collègues. Si le
sarkozysme laisse l’évaluation quantitative développer ses effets
néfastes, eh bien, nous prendrons exemple sur les Argentins. Et comme
nous ne vivons pas sous une dictature, mais en démocratie, nous saurons
le dire haut et fort. Bien à vous, Jacques-Alain Miller, le 22 janvier
2008
Gendre de Jacques Lacan. Personnalité très
controversée, directeur du département de psychanalyse de l’université
Paris-VIII, Jacques-Alain Miller, 63 ans, a créé en 1981 l’Ecole de la
cause freudienne. En 1992, il a fondé l’Association mondiale de
psychanalyse. C’est sous son autorité que les textes des séminaires de
Jacques Lacan sont publiés, au compte- gouttes, regrettent certains.
C’est aussi un polémiste. En pointe dans la lutte contre l’amendement
Accoyer, qui entendait légiférer sur la psychothérapie, il repart au
combat contre les cognitivistes, obsédés de l’évaluation. Il organise à
la Mutualité, les 9 et 10 février, un «grand meeting pour que vive la
psychanalyse», sur le thème : quelle politique de civilisation ?
On reparle de l’amendement Accoyer, qui cherche à
encadrer l’usage du titre de psychothérapeute. Il avait provoqué la
colère de tout le milieu analytique. Il revient, mais sous une forme
atténuée. Et vous, vous repartez en guerre…
L’affaire de l’amendement est close. Il n’y a plus aucun contentieux
depuis que Bernard Accoyer a renoncé à son premier texte, qui se
risquait à définir les diverses psychothérapies. Son souci de réguler
l’usage du titre de psychothérapeute a été entendu par le milieu psy,
qui, depuis bientôt trois ans, est partie prenante de la concertation
sur le décret d’application. En revanche, oui, pour moi le combat est
devenu permanent.
Mais quel combat ?
Freud avait diagnostiqué jadis un «malaise dans la civilisation».
Nous sommes bien au-delà : tout le monde ressent que la civilisation
occidentale tend à devenir franchement invivable. Ça suscite des
révoltes, une guerre civile, mais qui respecte les formes du débat
démocratique.
Certes, mais quelle guerre ?
Il y a une guerre idéologique qui oppose, d’une part, les
quantificateurs, les cognitivistes (1), avec leur prétention croissante
à régenter l’existence humaine dans tous ses aspects et, d’autre part,
tous ceux qui ne plient pas devant la quantification partout. Le
fanatisme du chiffre, ce n’est pas la science, c’en est la grimace. Il
n’y a pas si longtemps, l’administration, c’était encore des
gratte-papier à la Courteline. Désormais, l’électronique met entre les
mains des bureaucraties occidentales une puissance immense de stockage
et de traitement de l’information. Elles en sont enivrées, elles en ont
perdu le sens commun. Les plus atteintes sont celles de l’Union
européenne, héritières des monarchies. Elles vont vers la surveillance
généralisée, du berceau au tombeau. Elles aspirent au contrôle social
total. Elles se promettent de remanier l’homme dans ce qu’il a de plus
profond. Il ne s’agit plus seulement de «gouverner les esprits», comme
le voulait Guizot, ni même de les suggestionner par des vagues de
propagande massive.
La guerre à mort des cognitivistes contre la psychanalyse : "leur Hubris les promet à la Roche tarpéienne"
1
La Lettre en ligne (LEL) : Vous avez
annoncé un grand Meeting à la Mutualité, les 9 et 10 février
prochains, pour la défense et la promotion de la psychanalyse partout
où elle est mise en cause, en particulier à l’Université. Pourquoi ?
Que se passe-t-il ?
Jacques-Alain Miller (JAM)
: Je suis content de deux choses. D’abord, d’avoir réussi cette fois à
annoncer une réunion bien à l’avance, deux mois, alors qu’entre le
moment où j’ai inventé le Forum extraordinaire et sa tenue, il s’est
écoulé moins de quinze jours. Deuxièmement, de tenir la semaine
précédente un Colloque on ne peut plus officiel, “sous le Haut
Patronage du Ministère de la Santé”, pour un public restreint de 250,
sur invitation uniquement, tandis que le Meeting de la Mutualité
réunira 1000 personnes, sous le Haut Patronage, si je puis dire, de BHL
et de Sollers. Dans ce meeting, on reprendra, en haussant le ton,
certains des thèmes du Forum : l’étouffement de la Culture par les
bureaucrates de l’évaluation forcenée, fanatique ; la recherche
fondamentale en biologie étranglée par la folie NeuroSpin ; d’une façon
générale, les ravages dus au culte imbécile du chiffre. Mais aussi on
informera le public et on le mobilisera contre l’opération en cours
dans l’Enseignement supérieur et la Recherche. Cette opération, c’est
une “nuit des longs couteaux”, ou, disons, pour être plus exact, une
“année des longs couteaux”.
lundi 26 novembre 2007
par Dominique DUPAGNE
Par ordonnance du 8 novembre 2007, le Conseil d'Etat à considéré que les frais engagés par l'association Formindep pour contraindre l'Etat à appliquer la loi sur la transparence de l'information médicale devaient lui être remboursés à hauteur de 3000 euros.
Exclusif : L'Inpes forcé de déclarer ses conflits d'intérêt par le Formindep
Formindep : "Grâce à l'action d'un médecin, Christophe KOPP, qui a demandé à l'INPES de
respecter son obligation légale d'appliquer l'article L4113-13 du CSP selon
le décret R4113-110 du même code, l'INPES a mis en ligne les déclarations de
liens d'intérêt des rédacteurs du guide sur la dépression "comment s'en
sortir".
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La reconquête de l'humain -La SARP avec le Nouvel Âne : écrasons l'infâme - Deux événements historiques imminents !
Colloque "déprime-dépression" sous le haut patronnage du Ministère de la santé : les 1er et 2 février
Grand Meeting à la Mutualité pour la défense et la promotion de la
psychanalyse partout où elle est mise en cause, en particulier à
l’Université : les 9 et 10 février
Comment une campagne sur la dépression démontre l'incapacité
présidentielle à appréhender le réel. Un entretien avec le philosophe
et psychanalyste Jacques-Alain Miller.
« Si la tristesse est une maladie, alors c'est l'humanité aussi qui est une maladie »
"Je veux parler de la dépression, du regard que la société porte sur
cette souffrance qui n'est pas matérielle. Je veux engager puissamment
la recherche médicale française vers le soulagement de ce mal", a
déclaré Nicolas Sarkozy le II février dernier dans un discours à la
Mutualité. Il y a quelques semaines, le ministère de la Santé lançait
une campagne sur la dépression. On a demandé à Jacques-Alain Miller ce
qu'il en pensait.
Philosophe, psychanalyste, il est le responsable de la publication des
Séminaires de Lacan. JacquesAlain Miller a fondé l'Association mondiale
de psychanalyse (AMP) et dirige la revue Le Nouvel Âne dont le dernier
numéro est consacré à une critique virulente de la campagne contre la
dépression initiée par le ministère de la Santé. Car s'il existe des
formes graves de « maladies de l'âme» -qu'on l'appelle comme autrefois
mélancolie ou qu’on la vulgarise aujourd’hui sous le terme de
“dépression” - la tentation est grande de considérer la moindre
fatigue, tristesse ou petit bobo existentiel en pathologie qu’il faut
soigner d’urgence avant de repartir au combat...
En septembre 2005, la SARP annonçait la parution imminente de la campagne Inpes sur la dépression (prévue dans le Plan santé mentale 2005). Un de ses membres, Frédéric Sales, psychiatre au CH de Libourne, s'associait à
François Castandet, psychiatre, et à Isabelle Bonneau, pharmacienne pour réaliser ce spot télé en vue de la campagne d'informations sur le bon usage des antidépresseurs. Dans leur naïveté, ils avaient pris pour modèle la campagne sur les antibiotiques. L'Inpes aura heureusement préféré ne pas suivre cet exemple.
L’Armée était naguère appelée la Grande Muette. On pourrait appeler la Culture aujourd’hui la Petite Muette. Parce qu’elle est devenue depuis quelque temps aphasique, ou aphone, selon qu’elle soit impuissante à s’exprimer, ou qu’elle n’ose plus parler.
Emission de Jacques Munier ce vendredi 9 novembre 2007, France Culture : A plus d'un titre
Une tribune pour le Nouvel Âne
Alors que la campagne dépression bat son plein sur les écrans et les radios, France Culture offrait ce jour une tribune à la Revue Le Nouvel Âne à l'occasion de son numéro 7 consacré presque entièrement à "la maladie". Sophie Bialek et Pierre Sidon ont eu l'honneur de présenter ce numéro exceptionnel à l'antenne. Jacques Munier les a reçu à son émission “A PLUS D’UN TITRE” de 15H à 16 H.
Le site de France Culture de l'émission se trouve sur ici (Intervention à propos du Nouvel Ane à partir de 30' sur le podcast de l'émission.)
Chers collègues, le Forum Extraordinaire du Nouvel Âne se tiendra samedi 24
novembre, de 14 à 18h. non-stop, au Centre de conférences Méridien-étoile, 81, boulevard Gouvion Saint Cyr,
75017 Paris. Il y a 500 places, pas davantage. 50 seront réservées à la
presse. Il n’est pas prévu d’inscription sur place. Les
inscriptions se prendront à l’avance, en écrivant à l’adresse
suivante : Forum des psys, 15, place Charles Gruet, 33 000 Bordeaux.
On glissera dans l’enveloppe un bulletin sur papier libre (avec nom,
prénom, adresse postale et adresse électronique), accompagné d’un
chèque bancaire à l’ordre de : “Forum des psys”. Prix
de l’inscription : 40 euros (étudiants, avec pièce
justificative : 15 euros). Le programme est en cours
d’élaboration : le Forum aura pour cibles le “tout-quantifié”,
le fétichisme et fanatisme du chiffre, l’évaluationnisme généralisé,
qui tendent à se soumettre tous les aspects et domaines de l’existence,
dont : le Psy, le Savoir, la Culture.
Une affiche est à la maquette : elle portera au verso un texte de
François Regnault, début de son article du prochain LNA : “L’Armée était naguère appelée la Grande
Muette. On pourrait appeler la Culture aujourd’hui la Petite Muette.
Parce qu’elle est devenue depuis quelque temps aphasique, ou aphone,
selon qu’elle soit impuissante à s’exprimer, ou qu’elle
n’ose plus parler.” LNA n’entend pas représenter
les intérêts des seuls psychanalystes : il prendra aussi en charge ceux
des chercheurs, des étudiants, des écrivains et des artistes. La caste des
maîtres de l’évaluation se croit dans le sens de l’histoire.
Quelle plaisanterie ! L’avenir n’est pas écrit, et
c’est pourquoi il est du côté des créateurs. Plus de précisions demain.
— Jacques-Alain MILLER, le 12 novembre 2007.
Contre-campagne dépression : le nouvel Âne fait un tabac... Un comble pour l'Inpes !
Gros succès pour le Nouvel Âne et audience record pour la contre-campagne : dans le moteur de recherche Google, les mots "campagne dépression" ou " inpes dépression" font apparaître en première page les informations de notre contre-campagne. Mieux : l'association des trois mots "campagne inpes dépression" place même votre serviteur, le ci-devant site de la SARP en première position devant celui de l'Inpes même ! Belle opération donc pour la propagande du médicament et quel encouragement pour la psychanalyse lacanienne !
Addendum 12.11.07 :
Ce matin un lien commercial est apparu qui permet au site www.info-depression.fr de repasser devant le site de la SARP.
Un lien commercial, voilà qui a le mérite d'être clair !
Sur
fond de campagne publicitaire menée par R. Bachelot contre la
dépression, nous avons une sorte de grimace conceptuelle, celle de
l’INRS et de X. Bertrand. Le suicide serait du au stress ! Dernière
nouvelle !
On nous l’avait déjà faite, mais à chaque fois je suis surpris ! Même pas drôle ! De toute façon la propagande de l’INPES ne l’est pas non plus ! L’INRS, un noble institut de recherche de l’état, vient de sortir son rapport sur la question du suicide en lien avec le travail. Ce rapport de l’INRS sort au moment opportun. C’est-à-dire quand il s’agit pour le gouvernement de se dédouaner
des suicides au travail en nommant Philippe Nasse et Patrick Légeron
rapporteurs sur « les risques psychosociaux dans l’entreprise », en vue
de la conférence sociale entre patronat et syndicats sur la souffrance
au travail.
Les Cahiers de Colette, L'arbre à lettres, Paris 3è; Michèle Ignazi, Paris 4è; Lipsy, L'Arbre à Lettres, Compagnie, La Hune, Paris 5è; La Procure, Tschann, Thierry Garnier, Village Voice, Des Femmes, Paris 6è; Violette et Co, Paris 11è; L'arbre à lettres, Paris 12è; l'arbre à lettres, Paris 14è; Anima, Paris 18è;Anaphore, Paris 20è;
Vents du Sud, Aix en Provence; Du Labyrinthe, Amiens; Richer, Angers; Mollat, La Machine à Lire, Olympique, Bordeaux; Dialogues, Brest; tropismes, A Livre OUvert, La Licorne, Bruxelles; Les Volcans, Clermont-Ferrand; La Dérive, Le Sphinx, Grenoble; Thuard, Le Mans; Passages, a Plus d'un Titre, Lyon; L'Odeur du Temps, Marseille; Sauramps, Montpellier; L'Autre Rive, Nancy; Vent d'OUest, Nantes; Les Temps Modernes, Orleans; Des Livres et Nous, Perigueux; La Belle Image, Reims; Le Failler, Rennes; L'Armitière, Rouen; Internationale Kleber, Quai des Brumes, Strasbourg; Ombres Blanches, Toulouse; Notre Temps, Valence.
Devant le succès du Nouvel Âne, un Forum des psys est annoncé dès le 24 novembre !
Lu sur la lsite ecf-messager : "J’informe les collègues que, vu le succès du Nouvel Âne qui vient de sortir, et pour le consolider et l’amplifier, j’ai décidé de convoquer à Paris un Forum LNA extraordinaire le samedi 24 novembre de 14 à 18h. Nous avons commencé à rechercher une salle. Sitôt qu’elle sera trouvée, l’annonce en sera faite par ce même canal.
La lecture du Guide « La dépression ; en savoir plus pour s’en sortir » qui vient d’être adressé aux praticiens français par l’INPES, soulève de nombreuses interrogations. Parmi celles-ci, la lecture de la page 48 nous a plongé dans une perplexité qu'il serait peut-être souhaitable de dissiper. Nous lisons ceci :
« Le généraliste » : « il est compétent pour diagnostiquer les problèmes de santé mentale (notamment la dépression) et pour proposer un traitement adapté. Il peut également orienter vers un professionnel en santé mentale. »
Je pose la question : Pour quoi faire ?
Réponse à la page suivante, au chapitre « Le psychiatre » ? « En tant que médecin, poursuit le Guide, il est habilité à prescrire des médicaments, des examens et des soins, et à rédiger des certificats médicaux. »
Il est écrit : « En tant que médecin ». Mais alors, en tant que psychiatre ?
Le Guide indique alors : « Il peut aussi proposer une psychothérapie. » Avant de préciser toutefois : « Celle-ci peut être réalisée avec lui ou avec un autre professionnel. »
Quelle place le Guide réserve-t-il donc au métier de psychiatre ?
Il nous semble que, pour parvenir à cette extrémité, le Guide a déployé comme une absence totale de discernement clinique qui permet ce "transfert de compétences". Le Guide ne s'est, en effet, embarrassé ni de répondre à la question "déprime ou dépression", qu'il a pourtant fait mine de poser, ni d'évoquer quelque diagnostic différentiel à "La maladie', et à la rubrique "troubles associés", il n'évoque que "l'anxiété" et les "addictions". Rien sur les psychoses en effet, nulle part. Il n'est par conséquent pas étonnant qu'à la rubrique "précautions d'emploi", pas plus qu'à celle "effets indésirables" des médicaments, le Guide reste quasi muet. Comme on le constate, c'est l'ensemble de la discipline psychiatrique qui, dans le Guide, est purement et simplement éludé.
Je vous pose la question, cher(e)s collègues : avez-vous été consultés pour donner votre avis sur ce Guide ? Pensez-vous sinon y apporter quelque commentaire public ?
Avec mes salutations confraternelles,
Dr Pierre Sidon
Comment le contenu du Guide Inpes a été soumis à la Fédération Française de Psychiatrie
par Sophie Bialek
Mercredi 24 octobre dernier, l’Association Française de Psychiatrie, importante société savante regroupant des psychiatres de tous modes d’exercice, organisait à l’amphithéâtre Deniker (Hôpital Sainte Anne à Paris) une soirée consacrée à l’Evaluation des Pratiques Professionnelles des psychiatres. Pierre Sidon et moi-même y avons assisté.
A la fin de la soirée, nous avons interrogé les responsables de la Fédération Française de Psychiatrie (FFP) présents lors de cette soirée, au sujet du Guide INPES. Ils nous ont expliqué avoir été consultés en dernière minute dans un climat d’urgence car le Guide, leur a-t-on dit, devait être transmis à Mme Bachelot. Ils ont proposé un grand nombre de modifications. Selon eux, le contenu du Guide était bien pire avant leur intervention. Ce n’est qu’après moultes délibérations que le bureau de la FFP a choisi d’entériner la version finale. Nous leur avons fait remarquer qu’ils auraient pu refuser de donner leur aval. Un responsable nous a alors objecté : « De toute façon, ça poussait très fort pour que ça se fasse rapidement. On avait le sentiment que rien ne pouvait arrêter ça ».
A propos de la participation de la FFP à l’élaboration de ce Guide, il est mentionnéqu’il a été « réalisé avec le concours » du Dr Marc Grohens « psychiatre, hôpital Sainte-Anne, membre de la Fédération Française de Psychiatrie ». Or la Fédération Française de Psychiatrie est une Fédération dont les membres sont des sociétés savantes. Il n’y a donc pas de « Dr X, membre de la FFP ».
Le Guide mentionne également le concours du Dr Nicole Garret-Gloanec, psychiatre, Présidente de la Société d’information psychiatrique ». Or Mme Garret-Gloanec, est membre du Bureau de la FFP. Le 22 octobre au soir, Mme Garret-Gloanec nous a fait part de sa surprise de ne pas figurer dans le Guide à ce titre, mais en tant que présidente de la SIP qui est la société savante des psychiatres hospitaliers.
Mme Garret-Gloanec est pédopsychiatre. Elle s’occupe principalement du dépistage précoce de l’autisme chez les enfants de moins de trois ans. Au cours de la soirée, elle nous avait du reste exposé un remarquable travail sur ce sujet difficile. Ce n’est pas lui faire injure que de la supposer moins familière avec le domaine de la dépression de l’adulte. Mme Garret-Gloanec pensait manifestement, nous a-t-il semblé, avoir donné sa caution au Guide INPES en tant que membre du Bureau de la FFP. Cette caution s’est trouvée, dans le Guide, mise au compte de la SIP. Les responsables de l’INPES auraient-ils, par ce subterfuge, fait l’économie de soumettre le contenu du Guide à l’appréciation des psychiatres hospitaliers de secteur adulte ?
Propagande massive pour dépister la dépression: la France rattrape son retard, par Jacques-Alain Miller
De Bernard Basset à Roselyne Bachelot, Un entretien avec Lilia Mahjoub
Big Bonheur, Eric Laurent
Dépression-Manager, Philippe La Sagna
Antidépresseurs, mode d'emploi, Carole Dewambrechies
L'alliance thérapeutique n'est pas le transfert par Jean-Pierre Deffieux
Mots et molécules par Alfredo Zenoni
Jouir de la dépression par Cinzia Crosali
Une fiction contemporaine: la maladie dépressive par Jean-Claude Maleval
Le retour de l'hygiénisme Fiction de jadis par Guy Briole
Comme par enchantement par Sophie Bialek et Pierre Sidon
Le contrôle médical privé en action par Sophie Bialek
Avaler un Volastan par Pierre Sidon
Portrait de Sollers en rond de ficelle, Jacques-Alain Miller
Dépression: ne suivez pas le guide par Sophie Bialek
La dépression, maladie de la vérité par François Leguil
Désinformation, éditorial par Agnes Aflalo
L'Angleterre à l'heure du bonheur planifié par Pierre-Gilles Gueguen
La dépression ! La déprime ! Le mot court, il galope, et rinforzando de bouche en bouche il va le diable, il est désormais partout, il hante depuis quelques jours le palais de l’Élysée. “Une autre vie commence pour le chef de l’État”, écrivait de Lisbonne le journaliste du Monde attaché à ses pas, M. Philippe Ridet. “Quel président sera-t-il maintenant qu’il est seul ? Dépressif, fragilisé ?” Un de ses conseillers se veut rassurant : “L’exercice du pouvoir, dit-il, l’emportera sur la déprime.” Mais non, le mal est fait : quoi que dira son entourage, l’œil public ne le lâchera plus, on scrutera ses pâleurs, son regard, son teint, son port de tête, son pas, ses cernes … Malheur à lui au premier coup de pompe ! Nous vivons désormais dans un monde où la sainte fatigue n’existe plus : c’est la déprime, la dépression, chérie, où es-tu ? Vite, mon antidépresseur ! Il s’agit pourtant d’un homme, rappelez-vous, qui, depuis cinq ans, quand il devint ministre de l’Intérieur, ébahit ses concitoyens par une énergie, une faconde, un aplomb, un zest, enfin une joie de vivre, apparemment inépuisables. Depuis son élection à la présidence, à leur tour l’Europe et le monde se sont étonnés du phénomène. Quand les peuples commencèrent à mesurer leurs dirigeants à son aune, ils leur semblèrent qu’ils vivaient au ralenti. Mais voilà un divorce. Aussitôt, disons en moins de deux, on nous le transforme en déprimé, sinon effectif (“Voyez, il a souri”), du moins potentiel. Ce n’est qu’un cri : va-t¬il tenir ? va-t-il tenir dopé ? à coup de pilules ? une bonne petite psychothérapie comportementale ? du genre à vous saper le moral : mais non, mais non, vous n’avez pas tout raté dans votre vie, veuillez, s’il vous plaît, cocher ces petites cases.
sera disponible en librairie au milieu de la semaine. Il est distribué dans un réseau de 55 librairies en France. Plus d'informations sur le site : http://forumpsy.org
La France se lance bruyamment dans une campagne pour dépister la dépression – les Etats-Unis ont déjà leur journée nationale de dépistage, National Depression Screening Day – dans la foulée du nouveau D-Day européen : depuis quatre ans, le 9 octobre, cinq pays, dont la France, célèbrent la journée européenne de la dépression (European Depression Day). Les lacaniens de l’Ecole de la cause freudienne consacrent le dernier numéro de leur revue le Nouvel Ane au phénomène avec en couverture une photo d’un Nicolas Sarkozy au sourire crispé dont les commentateurs annoncent que «l’exercice du pouvoir devrait l’emporter sur la déprime» (après son divorce). Les lacaniens analysent donc les dessous de la campagne contre la dépression, les nouvelles utopies sociales autoritaires, l’utilisation de l’antidépresseur comme médicament générique de symptômes les plus divers. Selon eux, la brochure, «La dépression chez l’adulte : en savoir plus pour en sortir», éditée par l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes), entretient le mirage que «tout peut être médicalisé et guéri : la douleur d’exister, la souffrance morale, jusqu’au deuil…».
La revue publie des témoignages des deux côtés – du patient et de l’analyste – sur cette maladie, mais ajoute : «C’est une maladie de la vérité. Entre le deuil et la mélancolie, Sigmund Freud ne l’approche pas autrement lorsqu’il s’étonne qu’il faille tant de tourments pour accéder aux secrets de cette humeur funeste et lucide…»
Le Nouvel Ane, numéro 7, octobre 2007. wwww.forumpsy.org
La SARP salue la nomination du Professeur Syrota à la tête de l'Inserm en remplacement du Pr Christian Brechot, démissionnaire. Spécialiste de la Résonance Magnétique Nucléaire appliquée aux sciences cognitives,le Pr Syrota est un des créateurs du NeuroSpin. Ce spécialiste de l'image sera-t-il à même de tempérer la fascination contemporaines pour ces franges qui installent des effets en lieu et place des causes ? L'avenir nous le dira. Quoi qu'il en soit, la SARP accueille favorablement cet augure, qui marque l'avancée toujours plus marquée d'un discours stimulant. Les neuro-sciences sont une chance pour la psychanalyse, si « elle ne disparaît pas, de n'avoir été qu'un symptôme », un symptôme viennois s'entend. Poursuivis par le rouleau compresseur, c'est pour nous, plus que jamais : marche ou crève. Et si la science nous cherche des poux dans la tête, à l'aide de l'imagerie à résonance magnétique nucléaire à l'occasion, comment pourrait-elle ne pas nous trouver ? Let There Be Rock ! Pierre Sidon
Compte-rendu de la délégation de l’AMDDDM (Association Médicale de Défense de la Déontologie et des Droits des Malades) au Ministère de la santé (9 octobre 2007)
La délégation, conduite par le Pr F.Guérin, et composée des docteurs F. Paraire, T. Bui, et P. Debat a été reçue par M. Charles Guepratte, Conseiller technique pour l’organisation des soins.
Le Pr F Guérin a présenté l’Association, puis notre demande de retrait des franchises.
Franchises
Réponse : l’ONDAM pour 2008 a encore été augmenté à 2,8%, ce qui est considérable par rapport au budget de l’Etat qui ne l’est que de 1%. Les franchises seront utilisées pour le plan Alzheimer annoncé par le Président, les soins palliatifs et la lutte contre le cancer. Elles expriment la volonté du gouvernement de responsabiliser les patients.
Délégation : les franchises sont un bouleversement, elles représentent la fin de ce pourquoi la Sécurité sociale a été conçue : le remboursement à 100% des patients atteints de maladies graves, de poly-pathologies. Les plus malades, les plus fragiles seront les premiers frappés.
R : Certes, c’est une modification radicale. Mais il y a aussi le « boucler sanitaire » qui est envisagé.
Délégation : En deçà d’une certaine somme (importante) les malades paieront : il s’agit bien de la suppression du remboursement à 100%.
R : Oui. Mais le vrai problème est celui de la démographie médicale et de la mauvaise répartition des médecins sur l’ensemble du territoire.
(Association Fédérative Française des Organismes de Psychothérapie er de Psychanalyse) Paris, le 19 octobre 2007
L'AFFOP, invitée par l’INPES (Institut National de Prévoyance et d’Éducation pour la Santé), le 8 octobre à propos de la Campagne sur la Dépression lancée par le ministère de la Santé, a découvert avec stupéfaction que les documents diffusés auprès du public et des professionnels de santé présentaient la dépression uniquement comme une maladie, escamotant ainsi le sens existentiel de ce symptôme.
Alors que la brochure "La dépression, en savoir plus pour en sortir – repérer les symptômes, connaître les traitements, savoir à qui s'adresser" indique que le meilleur traitement de la dépression est la psychothérapie, même si le médicament peut être indispensable dans les cas les plus graves pour permettre cette psychothérapie, elle réserve, comme le spécifie la loi s'agissant de soins médicaux, le diagnostic aux seuls médecins et le traitement aux seuls médecins, psychiatres et psychologues. Les psychanalystes et les psychothérapeutes relationnels, mieux formés à l'accompagnement des personnes en dépression, ne sont pas une seule fois mentionnés dans cette brochure !