" La
V2, Il y a deux ans, c’est le « temps de la restitution » en présence
de toute l’équipe, les accréditeurs nous ont transmis leur « notation
», il me reste comme responsable de l’institution à conclure :
« Mesdames, Messieurs, chers collègues
Tout d’abord un grand merci à toute l’équipe de St Martin et
particulièrement à notre directrice pour avoir accepté de se soumettre
à cette redoutable épreuve de l’accréditation.
Merci à tous d’avoir accepté des contraintes étrangères à notre fonctionnement habituel. Merci à tous d’avoir fait l’effort gigantesque d’une lecture d’un
langage administratif abscond et coupé de votre engagement quotidien. Mesdames Monsieur les experts visiteurs vous m’avez confié combien vous vous étiez senti bien accueillis. Apprenez que pour nous le principal critère d’évaluation du bon
fonctionnement d’une institution est justement à repérer dans ce champ
: celui de l’accueil de l’étranger , de l’étrange, de l’inconnu ; c’est
le principal indicateur, pour reprendre votre terminologie, de la
créativité indispensable à notre discipline avec cette fonction
essentielle d’empathie et de respect de la singularité de l’autre.
Nous pourrions, vous auriez pu en rester là. Qui plus est comme vous
l’avez je l’espère entendu il est bien plus difficile de vous
accueillir que d’accueillir le malade mental le plus gravement atteint. Vous êtes venus essentiellement pour évaluer nos pratiques professionnelles. Et pourtant nous n’avons pas eu le loisir de vous exposer l’essence de notre projet. Kafka n’est pas loin. Notre projet de soins repose sur l’évaluation permanente de nos pratiques.
Jean-Jacques Lottin, Convention CGC Santé- juin 2008
La gestion par le stress : une arme anti-humaniste de la
pensée-Medef pour casser la solidarité et provoquer la fin de tout lien
social au travail : on évalue même les ministres…
La pratique de l’évaluation de tout travail ou projet humain à
dimension collective ou publique bénéficiant d’apports financiers a
toujours constitué un pré requis éthique non discutable, ainsi que
MACHIAVEL (Le Prince- 1517) l’avait affirmé : évaluer, est ontologique.
Un devoir admis au nom de la responsabilité solidaire de l’action.
Parce que si nous n’avons pas de comptes à rendre, nous devons rendre
compte de ce pour quoi nous sommes payés, sans état d’âme particulier.
Et notamment en vue d’améliorer la qualité de notre production, qui
devrait être le vrai sens de la « démarche qualité ». Mais aujourd’hui,
nous assistons à la mort de cette pratique face au changement radical
du paradigme évaluatif, qui a quitté la sphère de l’action collective,
pour attaquer celle du travail humain individuel, solitaire, au nom de
cette idéologie anti humaine de l’AUTONOMIE, et par extension, en
remplaçant sciemment les concepts sociologiques d’attitude, pratique,
conduite, par celui de comportement, mot valise dangereux d’une
certaine psychologie positiviste qui aime à puiser ses référents dans
la biologie et le néo-pavlovisme.
Questions de science. Par Philippe Gorwood, psychiatre
QUOTIDIEN : mardi 24 juin 2008
Existe-t-il une génétique des comportements
humains ? Comment considérer la recherche de gènes de l’homosexualité,
de la violence, de la schizophrénie, de l’hyperactivité ou même de
l’altruisme ? Peut-on définir, scientifiquement, le poids des gènes et
de l’environnement dans ce domaine ? Philip Gorwood dirige l’unité
Inserm 675, dédiée à l’étude de l’expression et des fondements
biologiques des pathologies addictives. Dans une conférence donnée
aujourd’hui dans le cadre du nouveau cycle de l’Université de tous les
savoirs et dont nous publions le texte, il dessine les conditions et
les horizons de la recherche, émergente, sur la génétique des
comportements. C.Bn.
Un écho de la récente conférence du Dr Gorwwood, "Existe-t-il une génétique des comportements ?" par Philip Gorwood, Professeur en psychiatrie, Université Paris 7, Hôpital Louis Mourier.
Je m'attendais aujourd'hui dans l'amphithéâtre René Descartes à un exposé scientifique qui couronnerait avec brio la 2e partie du cycle de conférences « connaissance du génome ». En effet, Daniel Cohen et Jean-Louis Mandel avaient présenté brillamment leurs recherches et gommé en ce faisant une foule d'idées reçues ; par conséquent, le dernier orateur se devait d'être au moins à leur niveau, sinon encore meilleur. Je fus donc légèrement irritée par un prélude, l'irruption d'étudiants et d'un professeur dans la salle. Le petit groupe de contestataires fustigea d'emblée le discours qui n'avait pas encore débuté. A mon avis, c'était déplacé, car ne fallait-il pas d'abord écouter avant de prendre éventuellement la parole ? Ingénue et naïve, je ne compris que beaucoup plus tard que les critiques étaient amplement justifiées.
L’Association de la Cause Freudienne Île-de-France en association avec la Section Clinique de Paris-Île de France, le CPCT-Ados, la SARP, les Psychologues freudiens, l’Apcof, et des personnalités du monde de la culture
vous invite au Forum pour la psychanalyse
Évaluation : halte aux « utopires » !
Le 14 juin 2008 de 14 h à 18 h
Maison des Jeunes et de la Culture Théâtre de Colombes
6/98, rue Saint-Denis 92700 Colombes
Entrée libre
Renseignements :
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et 01 42 77 01 99
Contre la mise aux normes et le formatage, pour la clinique du sujet et la création
Meeting de Strasbourg
La psychanalyse menacée à l’Université : Demain, qui seront nos psys ?
Myriam Mitelman
Le meeting de Strasbourg, organisé conjointement par Intercopsychos, les Psychologues Freudiens, l’ECF, l’ACF-Est, la Section Clinique de Strasbourg, le Collège psychanalytique de l’Est, prit le tour d’une rencontre-débat qui se déroula, le samedi 7 juin, dans la prestigieuse salle Pasteur du Palais Universitaire de Strasbourg.
Le titre de la manifestation avait attiré un public nombreux, attentif, très concerné souvent professionnellement mais aussi personnellement par l’avenir de la psychanalyse, comme nous l’indiquèrent les questions qui émaillèrent le débat.
Dix-neuf intervenants de toute la région Est (Nancy, Metz, Strasbourg) se succédèrent à la tribune : étudiants en psychologie, professeurs à l’Université, enseignants de la Section Clinique, chargés de cours, enseignants responsables du DES de psychiatrie, formateurs, apportant autant d’éclairages sur ce que signifie dispenser et recevoir un enseignement de psychanalyse. La diversité des champs d’intervention de nos dix-neuf orateurs contribua à mettre en évidence la présence et l’impact de la psychanalyse dans le tissu social, ce qui fut confirmé par plusieurs interventions du public issu des milieux socio-éducatif et de la justice.
Au fil de l’après-midi, notre rencontre se transforma en véritable débat de fond : comment s’enseigne la psychanalyse, discipline relevant à la fois de la science et de l’art, du savoir et de l’innovation ? Quel savoir au juste met-on en circulation dans un tel enseignement ? Quelle est sa nature ? Si l’enseignement de la psychanalyse s’effectue principalement dans les facultés de psychologie, ne convient-il pas de recourir à des champs conceptuels plus complexes pour rendre compte de cette transmission ?
La densité des échanges fut telle que personne ne songea même à proposer une pause. Notre conférence-débat, qui devait s’achever à 17h, était en plein cours lorsqu’à 18h le personnel du Palais Universitaire nous fit savoir que les portes fermaient.
Si bien que nous envisageons de reprendre et de poursuivre ultérieurement les perspectives ouvertes lors de cette après-midi.
Pour l’heure, toute personne intéressée peut prendre connaissance des interventions mises en ligne sur le site :
www.psychanalyse67.com <http://www.psychanalyse67.com/>
Contre la mise aux normes et le formatage, pour la clinique du sujet et la création
Meeting de Nantes
Guerre dans la civilisation
Remi Lestien
“Tout le monde ressent que la civilisation occidentale tend à devenir franchement invivable. Ça suscite des révoltes, une guerre civile, mais qui respecte les formes du débat démocratique...” C’est ainsi que Jacques Alain Miller définissait la situation dans une interview dans Libération. En invitant, pour un grand Meeting, tous ceux qui refusent de voir le corps réduit à de la biologie, la parole à de la communication, les actions humaines à des comportements et les désirs à des besoins, il créait autour du discours analytique, un grand mouvement qui nous a entraînés.
C’est donc dans l’élan de ce grand Meeting de la Mutualité à Paris, et dans la hâte, que nous avons rassemblé chercheurs, étudiants, psychologues des prisons et de l’hôpital, un enseignant de philosophie, des directeurs d’établissements médico-sociaux, un médecin responsable d’une commission médicale d’un grand établissement nantais et de nombreux psychanalystes. Un député et une des vice-présidentes du Conseil Général se sont également joints à nous.
Contre la mise aux normes et le formatage, pour la clinique du sujet et la création
Meeting de Reims
Que vaux-tu ?
Meeting à Reims, le 31 mai 2008
Hélène Mention – Christophe Delcourt
Après-midi pluvieux à Reims et, pourtant, 200 personnes s’installent pour un meeting de quatre heures dans l’agréable salle de La Comédie de Reims où Emmanuel Demarcy-Motta et toute son équipe nous accueillent très chaleureusement.
En guise d’introduction, Bernard Lecœur a proposé de retourner la question à l’envoyeur.
« Que vaux-tu ? », cette question généralisée adressée à chacun par le maître moderne, on peut, on doit la lui retourner : que vaut-il donc, celui-là même qui cherche à m’évaluer, et que me veut-il ? Cette volonté de chiffrage, avec sa visée utilitariste d’inventaire via la mesure et l’évaluation, dissimule, en effet, quelque chose.
« Que vaux-tu ? », de cette question chauve-souris qui ne sort que dans l’ombre, il faut extraire une volonté forcenée de liquidation du sujet, c’est ce que l’expérience psychanalytique permet d’affirmer.
Il ne s’agit nullement, pour autant, d’aller contre la science, contre la mesure, il s’agit de défendre la notion du sujet et de l’inconscient.
Contre la mise aux normes et le formatage, pour la clinique du sujet et la création
Meeting d'Angers
Formatés, standardisés, évalués... Sommes-nous des numéros ?
Guilaine Guilaumé
Ce sont de drôles de numéros qui se sont réunis en meeting ce vendredi 30 mai 2008, à 20 heures, dans les salons Curnonsky de la cité angevine. Pas déprimés, ni nostalgiques, ni idéalistes, simplement mais résolument réalistes (Monique Amirault).
La trainée de poudre annoncée sur tout le territoire français continue donc de se répandre pour faire exploser la déshumanisation rampante qui s’avance sous les espèces diverses de l’évaluation qui, telle une toile d’araignée, s’étend pour faire du sujet un objet marchand.
Contre la mise aux normes et le formatage, pour la clinique du sujet et la création
Meeting de Marseille
Quelle liberté pour le sujet à l’époque de la folie quantitative ?
Françoise Haccoun
Le 17 mai 2008
Ce titre frappe, il clame d’emblée l’esprit de combat que nous voulions donner, le ton de colère face à “la folie quantitative” de l’époque, de “l’immonde du monde”. Ce titre a résonné chez nos invités, juristes, médecins, psychiatres, philosophes, sociologues, écrivains, poètes, artistes, astro-physicien, professeurs et psychanalystes. C’est pour ce combat qu’ils nous ont rejoints et soutenus à notre meeting, samedi 17 mai, à la fac de droit sur la célèbre Canebière marseillaise.
Contre la mise aux normes et le formatage, pour la clinique du sujet et la création
Meeting de Corte
Un Printemps Lacanien
Jean-Pierre Denis, ACF Restonica
Un meeting suppose une importante réunion de personnes, une réunion publique où le ton des déclarations se doit d’être élevé, revendicatif, voire passionné ; à l’inverse, la psychanalyse suppose le un par un, l’échange feutré, le monologue sur fond de silence, l’association libre plutôt que le réquisitoire, à l’abri des regards et des vociférations du monde.
Il s’agissait de faire passer aux soixante personnes qui nous ont rejoints à Corte, ce samedi 24 mai, que nous tenions à joindre à la façon de cette figure de rhétorique, l’oxymore, ces termes apparemment contradictoires Meeting et Psychanalyse pour réfuter deux erreurs contemporaines, la première qui consiste à faire de l’inconscient un dedans, et à refuser ainsi de le penser en extériorité, dans son lien à la gestion politique, la seconde qui découle des progrès de la science au XXIème siècle, laissant croire à certains qu’une nouvelle définition de la subjectivité serait possible à partir de ce seul substrat observable, le cerveau.
Contre la mise aux normes et le formatage, pour la clinique du sujet et la création
Meeting de Toulouse
Il faut défendre les libertés
André SOUEIX
Nos meetings sont des colloques où il est de règle d’applaudir lorsque l’orateur a trouvé la formule juste, l’idée qui éclaire, le mot qui touche.
L’éclair, l’enthousiasme ponctuent ainsi nos propos savants et informés. C’est ce qui s’est passé à Toulouse le 17 mai. De 15 à 20 heures, 500 personnes ont voulu savoir ce que nous entendions par ce titre : “Il faut défendre les libertés. Compté, mesuré, codé, standardisé, contrôlé : comment vivre au XXIème siècle ?”
Il s’agissait d’éclairer en quoi l’évaluation, érigée en contrainte institutionnelle, limite les libertés civiles par des mesures selon la loi et surtout par des mesures administratives, par décret.
Contre la mise aux normes et le formatage, pour la clinique du sujet et la création
Meeting de Nice
Aux armes !, et cœtera !
Armelle Gaydon
« Contre la mise aux normes et le formatage, pour la clinique du sujet et la création », le Meeting organisé le 10 mai à Nice a réuni près de 250 personnes. En présence de la presse, se sont mobilisés ceux qui résistent, qui s’opposent aux « bien-pensants de la même chose », comme disait le peintre Jean-Pierre Pincemin, aux promoteurs de l’évaluation généralisée, devenue le maître-mot de notre quotidien. En effet, l’arbitraire de la norme et du chiffre s’étend désormais à tous les domaines, envahissant insidieusement les secteurs où la subjectivité s’exprime : éducation, recherche, justice, santé, art,…
Après l'Inserm français, voilà la Belgique tentée par la trique comportementaliste. Nous sommes appelés à soutenir l'opinion éclairée belge afin de repousser, là-bas comme ici, l'obscurantisme scientiste : signez la pétition !
Après l'arrêt de la FMC, c'est une autre machine industrielle insensée qui prend l'eau... C'est tout le bien qu'on souhaite, à son tour à la HAS et à ses monstrueux rejetons. Un bien plus gros morceau il est vrai. Mais au train où vont les choses... L'avenir n'est pas, manifestement, aux usines à gaz.
Source : Egora ; Jeudi 12 Juin 2008
Le comité d´éthique pour un DMP facultatif
Pierre-Yves Poindron Saisi par Roselyne Bachelot en mars dernier, le
Comité consultatif national d´éthique (Ccne) vient de rendre son avis
sur le dossier médical personnel. « Dans sa conception actuelle, il ne
peut être adopté pour chaque citoyen à l´échelle nationale dans la
mesure où il ne répond pas aux objectifs poursuivis, alors que son coût
de mise en œuvre est très élevé », estime le Ccne. Généralisé,
obligatoire et exposant à des pénalités, il serait même
contreproductif. Selon le Ccne, « un projet axé prioritairement sur la
réduction du déficit de l´assurance maladie (assorti de la perspective
de pénaliser les patients qui masqueraient des données) devrait être
éloigné comme une menace de discrédit irrévocable du projet. » On ne
saurait mieux mettre en relief le péché originel du DMP, instauré par
la loi du 13 août 2004 relative à l´assurance maladie. S´il n´y a nulle
objection éthique à lui confier un objectif de réduction du déficit
public en matière de santé, son efficacité économique reste à
démontrer, estime le Ccne. Son appropriation suppose qu´il ne soit pas
imposé à tous, « mais proposé exclusivement à ceux qui le souhaitent ».
Vouloir généraliser le DMP « présuppose une population qui se perçoit à
travers le prisme de la maladie, sinon effective du moins potentielle
», assure le Ccne
Alors que « son bon fonctionnement requiert déjà
cette disposition collaboratrice à la base », croire qu´un tel outil
suscitera chez les acteurs de santé « un plus grand esprit de
coopération est peut-être illusoire », à moins de reposer sur le
volontariat. La coordination des partenaires suppose au départ une
volonté de coopérer, « c´est le point faible d´un DMP dont l´usage
serait imposé à tous les acteurs de santé ».
La foi dans la
technologie fait l´objet d´autres critiques. « Les facilités de
communication et de traitement des données que permettent les
technologies informatiques ne sauraient dispenser de tout esprit
critique », encore moins de la clinique. « Le risque d´atteinte aux
libertés individuelles au profit de certains organismes administratif
ou financiers en cas de non communication du contenu du dossier dont la
mise en place aura été généralisée » n´est pas à exclure, souligne le
Ccne. Par ailleurs, aucun système informatique n´est infaillible et
offre des garanties absolues de bon fonctionnement.
Tels sont les
arguments majeurs développés par le Ccne à l´encontre du projet tel
qu´il a été conçu en 2004. En revanche, il n´est pas hostile à la mise
en place d´un DMP. Mais, pour être efficace, il ne peut reposer que sur
la base du volontariat. Le Comité recommande de le proposer aux sujets
volontaires, atteints de maladies dont l´état nécessite l´intervention
de nombreux professionnels, ayant compris le bénéfice qu´ils pouvaient
en retirer en terme d´optimisation de leur prise en charge et gardant
la possibilité d´en autoriser l´accès aux personnes de leur choix
(mais, dans le cadre du volontariat la question du masquage des données
devient marginale). Aucune menace de sanctions ne doit peser sur ceux
qui en refuseraient l´accès « à quelque autorité ou organisme que ce
soit ». Enfin, le Ccne préconise d´évaluer le DMP dans les régions
pilotes où une expérimentation a déjà été mise en place, de l´évaluer
au bout de trois à cinq ans avant de l´étendre à l´échelle nationale «
mais toujours uniquement aux personnes volontaires ».<<<
30/04/08 - "Les conseils nationaux de FMC resteront-ils les pilotes de l'avion FMC, en instance de décollage depuis maintenant douze ans ?". Rien n'est moins sûr. Lors de son discours de clôture des EGOS le 9 avril dernier, Roselyne Bachelot avertissait de son intention d'"ajuster le dispositif de formation continue, qui sera redéfini dans le cadre du projet de loi qu'elle portera devant la représentation nationale, dès l'automne". L'ouverture officielle de la période obligatoire de formation médicale continue et d'évaluation des pratiques professionnelles attendra la future loi de modernisation de la santé. Les trois conseils nationaux de FMC des médecins libéraux, salariés et hospitaliers s'inquiètent des projets du gouvernement en la matière et craignent que la prochaine loi "ne remette en cause leurs prérogatives et que le gouvernement confie à la Haute Autorité de santé l'organisation de la FMC". En conséquence, ils viennent de décider "de suspendre temporairement les agréments des associations de FMC dans l'attente d'une clarification gouvernementale", annonce le Quotidien du médecin (30-04). Néanmoins, les conseils vont continuer l'examen des dossiers envoyés par les organismes mais en suspendant le rendu des décisions d'agrément et l'avis donné à la HAS sur les dossiers d'EPP. "Afin de ne pas rester sur la touche et d'être force de propositions, les trois CNFMC ont décidé de lancer une réflexion pour simplifier le dispositif de FMC, d'EPP. En outre, le conseil national des FMC des libéraux lance un sondage de terrain <http://s3s.fr/l/5XXuxflL14/wanadoo.fr/p.foucras.html> auprès des médecins", rapporte Medecinews. "Les libéraux pourront ainsi indiquer clairement leur préférence sur l'instance idéale chargée du contrôle de la validation de FMC et d'EPP. Au choix : l'Etat, les Ordres professionnels, la HAS, l'Assurance maladie, ou les CNFMC ? Réponses à rendre avant le 26 mai prochain". Les CNFMC vont faire dans les prochaines semaines "un intense lobbying", ajoute le QDM. Le budget 2009 de formation professionnelle conventionnelle, financée par l'Assurance maladie, est évalué à 35 millions d'euros. Les partenaires conventionnels viennent d'installer le comité paritaire national FPC (CPN-FPC) et arrêter le cahier des charges 2009 des organismes de formation qui a été diffusé en début de semaine par l'OGC, rapporte le journal.
> "Coup de tonnerre sur la formation continue" - Medecinews :
http://www.medecinews.com/index.php?fuseaction=a_suivre_main.ArticleASuivre&articleID=35 <http://s3s.fr/l/5XXuxflL15/wanadoo.fr/p.foucras.html>
L'évaluation, c'est bon pour le peuple, pas pour les "hommes d'action"
La revue La vie des idées, pubication attachée aux éditions La république des idées de
Pierre Rosanvallon, consacre un dossier sur les "indicateurs". Si un premier article
remet en cause une certaine "illusion" du contrôle par l'Evaluation, ce n'est certes
pas pour abandonner ce contrôle, cher à Pierre Rosanvallon. On se
reportera à ce sujet au Communiqué n°47 de l'Agence Lacanienne de Presse
que nous reproduisons ci-dessous. On verra qu'il s'agit bien au
contraire de toujours mieux contrôler les populations, mesurer, évaluer,
"optimiser" le corps social.
Mais lorsqu'il s'agit de l'évaluation des Ministres, dans le second article, Anne Pezet
&
Samuel Sponem se montrent plus réservés : "En fait, les
indicateurs sont des instruments de gestion très utiles à condition de
ne pas y accorder trop d’importance, pour préserver un jugement
discrétionnaire (qui est l’essence de l’homme d’action, bien plus que
ne le sont les indicateurs) et surtout de les manier avec précaution.
Si vous ne connaissez pas votre métier, ils ne vous rendront pas
meilleurs. Ils peuvent dans certains cas aider à y voir plus clair dans
une situation confuse, ils peuvent aussi vous aider à comprendre de vos
erreurs, mais ils ne ferment jamais tout à fait les débats sur la
performance. Ils peuvent surtout être utilisés pour faire avancer, non
pas la vérité mais ses propres intérêts. Les chercheurs en gestion les
présentent ainsi parfois comme des outils de légitimation ou des
« machines de guerre ». Leurs fonctions sont alors très différentes de
la recherche de l’objectivité qu’ils sont censés permettre… Un mauvais
indicateur ou un mauvais chiffre sert ainsi bien d’autres fins que
l’efficacité."
L'Evaluation, “une machine de guerre" ? Quelle idée ?! Selon que vous
serez puissant ou misérable, l'Evaluation sera blanche ou
noire.On croît toutefois reconnaître là la sorte de dialectique naïvement développée par le futur président de la République lors de son incroyable entretien avece le philosophe Miche Onfray quelques semaines avant son élection : "Je crois en la transgression, affirmait Nicolas Sarkozy. Mais ce qui me différencie des
libertaires, c'est que pour transgresser il faut qu'il y ait des
règles ! Il faut qu'il y ait de l'autorité, des lois. L'intérêt de la
règle, de la limite, de la norme, c'est justement qu'elles permettent
la transgression. Sans règles, pas de transgression. Donc pas de
liberté. Car la liberté, c'est de transgresser." Aux untermensch donc les règles et la transparence ; transgression et opacité pour les autres. n'est-ce pas là le panoptique de Bentham en cours d'achèvement ? Le remède ? "Les chauve-souris craignent la lumière, qu’aiment les amis des libertés", concluait Jacques-Alain Miller en mars 2005.
P. Sidon
_________________________________________
Les indicateurs de performance
peuvent-ils s’appliquer à l’action publique, aux fonctionnaires et aux
ministres ? Deux études soulignent les inconvénients que présentent les
primes à la performance dans le secteur privé, auxquelles s’ajoutent
des difficultés spécifiques au secteur public.
Incitations et désincitations : les effets pervers des indicateurs
par Maya Beauvallet, le 22 février 2008
La demande politique d’une plus grande clarté dans l’administration des
fonds publics et l’exigence d’efficacité à l’égard des fonctionnaires a
nécessité la mise en place d’un suivi des performances de ces
administrations. Néanmoins, aux inconvénients des primes à la
performance déjà connus dans les secteurs privés, s’ajoutent des
difficultés spécifiques à leur utilisation dans les secteurs publics. Lire la suite...
Des indicateurs pour les Ministres au risque de l’illusion du contrôle
par Anne Pezet et Samuel Sponem, le 22 février 2008
Deux professeurs et chercheurs en management, Anne Pezet et Samuel
Sponem, mettent l’accent sur la prudence avec laquelle il convient
d’utiliser les indicateurs de performance, singulièrement quand,
suivant le mouvement de « managérialisation » de la société, on entend
les appliquer au monde de l’action publique. Lire la suite...
Dans ce contexte critique, on relira avec intérêt le communiqué n°47 de l'Agence de Presse Lacanienne daté du 20 mars 2007 :
COMMUNIQUÉ DE JACQUES-ALAIN MILLER - 21 mars 2005
J’ai été reçu ce matin rue de Solférino, de 11h à 11h55,
par François Hollande. L’invitation à le rencontrer m’était parvenue
par l’intermédiaire du Sénateur Jean-Pierre Sueur, qui participait à
l’entrevue. J’avais demandé à Agnès Aflalo et à Gérard Miller de
m’accompagner.
Je ne dirai rien des propos de François Hollande, sinon
qu’il a accepté de bonne grâce le cadeau que j’avais apporté pour lui,
d’un exemplaire dédicacé du Sinthome et de Lacan même,
où la place était laissée pour une dédicace de Philippe Sollers. Il a
de même gentiment accepté de remettre de ma part à Mme Ségolène Royal
un exemplaire dédicacé de ces deux ouvrages.
Gérard
Miller a introduit l’entretien en retraçant le chemin qu’avait suivi
notre réflexion, et notre action, depuis le vote de l’amendement
Accoyer par l’Assemblée nationale. Peut-être mon frère voudra-t-il
reprendre lui-même pour l’ALP la substance de ses propos.
Je reproduis l’essentiel de ce que j’ai dit ce matin au
successeur de François Mitterrand à la tête du Parti socialiste.
On apprend dans le quotidien Libération que les laboratoires répondent à l'étude de Kirsch sur les antidépresseurs ISRS :
Une étude britannique contestée
QUOTIDIEN : vendredi 29 février 2008
Mardi, une étude de l’université de Hull , reprise
spectaculairement à la une de la presse britannique, a mis en doute
l’efficacité d’antidépresseurs comme le Prozac ou le Seroxat, estimant
que ces médicaments n’avaient guère plus d’effets que des placebos sur
les personnes souffrant de dépression. Les porte-parole de plusieurs
sociétés fabriquant des antidépresseurs ont contesté les résultats de
cette étude, estimant qu’elle n’avait pas du tout pris en compte les
résultats positifs produits sur les malades et leurs familles.
L'efficacité controversée des antidépresseurs : une opportunité pour l'industrie française ?
Par Sophie Bialek et Pierre Sidon
Conformément à l'article 26 de la loi du 4 mars 2002, dit de "transparence", les auteurs déclarent n'avoir aucun lien d’aucune sorte avec les firmes pharmaceutiques.
Un mois après une première étude qui évoquait la faible supériorité des antidépresseurs
ISRS face au placebo (Erick Turner dans le New
England Journal, 17 janvier 2008), la publication d'une seconde étude
similaire défraie la chronique médiatique (Irving Kirsch, « Initial Severity
and Antidepressant Benefits : A Meta-Analysis of Data Submitted to the
Food and Drug Administration », Public
Library Of Science). Des représentants de la psychiatrie universitaire,
grande promotrice de « la dépression » et de ses traitements chimiothérapiques,
défilent donc dans les médias.
Le Pr. Olié
explique à l'Express que les essais
thérapeutiques sont principalement pratiqués aux USA ou en général dans des
pays où le système de soins est inégalitaire : « des personnes acceptent aussi
ces tests pour avoir des soins gratuits. Dans ces conditions, aux
Etats-Unis, ce sont plutôt 8 essais sur 10 qui ratent », ce que B. Falissard, interrogé dans Libération explicite ainsi : « Ces
essais vont donc être réalisés dans des pays où les systèmes de santé sont
souvent inégalitaires, comme aux Etats-Unis. Qui va y participer ? Des
personnes qui n'ont pas d'assurance de santé, et elles le font pour pouvoir bénéficier
d'un traitement. Pour ces gens là, l'effet placebo peut être considérable. ».
Entraîné par son élan, Falissard en arrive même à affirmer : « Ce
type d'essai n'est pas possible en France, car il n'y a pas un patient qui
accepterait de recevoir un placebo. » C’est évidemment faux : les
essais thérapeutiques comparatifs contre un traitement de référence et contre
un placebo (essais de phase III) sont en effet indispensables pour l’obtention
d’une Autorisation de Mise sur le Marché, en France comme ailleurs. Reconnaissons
toutefois qu’il est plaisant de voir M. Falissard dénigrer les essais cliniques
réalisés aux USA après avoir soutenu la pertinence de leur usage lors de l’expertise
de l’Inserm sur l’évaluation des psychothérapies. Mais revenons donc aux propos
de J.P. Olié, grand pourvoyeur d’essais thérapeutiques contre placebo 100% français :
« des études comme celle-ci qui ne permettent pas d'établir une différence
entre un antidépresseur et un placebo, il y en a plein les tiroirs. Un essai
clinique sur deux échoue. » Un échec sur deux en France, c’est certes toujours
mieux que « huit sur dix aux USA ». Toutefois, il y en a tout de
même « plein les tiroirs », autrement dit jamais publiés, participant
ainsi à égarer l'opinion sur la prétendue efficacité des molécules : « Jusqu'en
2006, les industries n'étaient pas obligées de les publier (…) Les résultats négatifs
n'intéressent personne. » Personne, y compris M. Olié, dont on admire ici
l'aveu emprunt d'un naturel décomplexé tellement d'époque.
Le Pr Servan-Schreiber : sa pensée est "magique" selon le magazine Sciences et Avenir
Heureusement, le professeur qui répond ci-dessous, a des références, nombreuses... Nous-mêmes, étions admiratifs de la carrière et des résultats du professeur et proposions sur ce site-même il y a quatre ans déjà, un aggiornamento complet de la médecine et de la psychiatrie, tenant compte des avancées révolutionnaires de l'universitaire ; rappels :
Campagne Dépression : prévention ou invitation au suicide ?
par François Jubert
Monsieur
D., 53 ans, vient consulter un psychiatre sur la demande de son médecin
traitant, parce qu’il « se sent très déprimé suite à des problèmes [à
son] travail ».
Il a
fait une première dépression il y a 20 ans, suite au décès de son père.
Monsieur D. ajoute aussitôt qu’il n’a pas déprimé lors du décès de sa
mère et de son frère. Un
deuxième épisode dépressif est survenu il y a 10 ans en raison d’un
conflit avec un chef qui l’avait « pris en grippe » à son travail.
Depuis
6 mois, un nouveau système a été mis en place à son travail. On lui en
demande plus, « toujours plus ». En plus de son travail de cariste, on
lui demande d’être magasinier et s’occuper de l’approvisionnement.
D’autre part, il tourne sur trois lignes différentes au lieu d’une
comme auparavant. Sa mémoire lui fait défaut d’une ligne à l’autre. Il
est dépassé par les nouvelles technologies, la solidarité a disparu
entre collègues, les jeunes raillent les vieux et bâclent le travail.
Sous la pression du travail, il doit cesser de jouer de la musique avec
le groupe dont il est le batteur, il abandonne également le sport : il
était entraîneur de tennis de table dans son entreprise autrefois. Il
force physiquement, moralement, il dort de moins en moins, n’arrive
plus à se lever et se met à pleurer sans raison.
La
campagne dépression bat son plein. Monsieur D. entend à la radio et la
télévision parler du suicide des jeunes, des vieux. « La vie n’est pas
facile de nos jours » commente-t-il. Des idées suicidaires font alors
leur apparition. « Si d’autres se suicident confrontés à la difficulté
de vivre aujourd’hui, je peux le faire aussi », doit-il se dire.
Il
choisit d’aller trouver son médecin traitant qui le met en arrêt de
travail, lui prescrit un traitement antidépresseur et l’adresse au
psychiatre pour le prendre en charge... un mois
plus tard : Monsieur D. n’est pas sorti de chez lui pendant tout ce
temps, il regarde la télé, n’écoute plus de musique, les idées
suicidaires sont toujours là, heureusement fugaces : « La vie n’est pas facile de nos jours. »
Campagne dépression : "suivez le guide" !, en effet. Sans doute ses concepteurs n’ont-ils pas bien envisagé toutes les conséquences de leur initiative...
Le Prozac est, selon une nouvelle étude, un placebo
Publié aujourd'hui dans The Guardian, l'article fait référence à une nouvelle méta analyse issue dans PLOS (Public Library of Science) selon laquelle le Prozac ne serait, la plupart du temps, qu'un placebo. L'efficacité serait, par contre, non nulle dans les cas les plus graves. L'analyse statistique semble recouper, pour une fois, l'impression du clinicien.
« La différence d’efficacité
entre l’antidépresseur et le placebo augmente en fonction de la sévérité
initiale de la dépression, mais reste très modeste même chez les patients les
plus sévèrement déprimés. La relation entre
l’efficacité des antidépresseurs et la sévérité initiale de la dépression est
attribuée à la baisse de l’effet placebo chez les patients les plus sévèrement
déprimés plutôt qu’à une augmentation de la réponse au traitement
médicamenteux ! ».
Lettre ouverte à la Fédération Française de Psychiatrie
Par le Dr Sophie Bialek
Société pour l’Action et la Recherche en Psychiatrie
1 rue Duguay-Trouin 75006 Paris
16.02.08
Cher(e)s collègues de la Fédération Française de Psychiatrie,
En ce début d’année 2008, nous souhaiterions soumettre au bureau de
la FFP, quelques demandes d’éclaircissement, concernant l’état actuel
des relations entre la FFP et la HAS. Cette démarche s’origine de la
lecture, sur le site de la FFP, de l’exposé du Dr O. Lehembre,
Président de la FFP, en date de janvier 2007.
1) Notre première question concerne la Recommandation de la HAS
“complications évolutives d’un épisode dépressif de l’adulte” don’t la
mise en oeuvre et le déroulement ont, au vu du rapport du Dr Lehembre,
effectivement donné lieu à certaines “complications”. A cet égard, nous
souhaitons attirer l’attention des responsables de la FFP sur le fait
que le Plan Ministériel Santé mentale 2005-2008 comporte, dans son axe
4, une mention explicite au sujet des recommandations sur la
dépression.
« Saisine de l’HAS pour réactualiser les Recommandations de Bonnes
Pratiques,
en lien avec l’AFSSAPS sur les traitements de la dépression (choix des
antidépresseurs et/ou des psychothérapies, posologies, durée du
traitement, associations….) cf 3.1.2 ; et développer, sur la base de
ces recommandations des référentiels de formation et des évaluations
des pratiques
professionnelles (EPP) permettant l’amélioration du repérage, du
diagnostic et du traitement de la dépression par les professionnels de
santé, en fonction des populations (périnatalité, enfants et
adolescents, adulte, personnes âgées, personne en précarité….). e
ministre veillera à ce que l’ensemble des sensibilités de la
psychiatrie française, dont la psychanalyse, soient associés à la
révision de ces recommandations. ».
Le numéro trente-six de La Règle Du Jeu,
la revue que dirige Bernard-Henri Lévy vient de paraître. Il fait une
large place à deux excellents articles d’Agnès Aflalo regroupés sous le
titre unique du livre à paraître : « L’assassinat manqué de la
psychanalyse ». Il faut saluer l’évènement, qu’une revue qui porte haut
l’opinion éclairée, publie aussi généreusement les travaux d’une
psychanalyste de l’École de la Cause Freudienne, qui entreprend de
déchiffrer ici pour le lecteur ce nouveau symptôme épidémique de notre
civilisation qu’est l’évaluation.
Dans le premier des deux articles, qui s’intitule «Le calcul des TCC»,
Agnès Aflalo nous livre une analyse détaillée de la logique
négationniste que les tenants des TCC ont développée à l’égard du sujet
de l’inconscient, de la jouissance opaque du symptôme et de la clinique
psychanalytique fondée sur le transfert. Elle montre comment, au cours
de ces vingt dernières années, la psychiatrie essentiellement
universitaire, qui a toujours porté en elle un solide courant
organiciste, s’est laissée lentement mais sûrement séduire par la
promesse que lui faisait les TCC de réaliser l’idéal scientifique :
devenir enfin une discipline médicale. Agnès Aflalo réussit à démonter
point par point la méthode et la rhétorique du discours TCC pour le
faire apparaître pour ce qu’il est : une fausse science, alimentée par
un discours universitaire et fondée sur le signifiant maître de
l’évaluation.
Le deuxième article, intitulé : « Surveiller et prévenir », interroge
l’idée de «santé mentale» et ses conséquences, et en particulier
l’épidémie de l’évaluation qui aujourd’hui cherche a imposer son
hégémonie un peu partout dans le monde. Agnès Aflalo y déchiffre avec
sagacité le refoulé du discours de l’évaluation qui s’avance avec la
puissance de l’intimidation du chiffre et cherche à faire passer
l’évidence de la statistique pour le réel de l’affaire. Elle montre de
façon sensationnelle que ce discours ne produit en réalité qu’une
multiplication infinie des anormalités, en même temps qu’il organise, à
l’aide de nombreux préjugés de classe et de races, des exclusions et
des ségrégations qui hantent déjà l’histoire des deux derniers siècles.
Agnès Aflalo nous fait ainsi la démonstration, preuves à l’appui, que
l’envers de cette fausse objectivité transporte, en réalité,
l’idéologie la plus rétrograde.
Ce discours de l’évaluation, ainsi démasqué, fait surgir avec force
l’enjeu politique d’aujourd’hui pour les psychanalystes de l’École de
Lacan. On pourrait l’épingler d’un Witz : “ou la Lacantification éclairée de notre civilisation ou la quantification sourde et aveugle”.
Après un premier article maladroit qui pouvait instrumentaliser un film que l'on nous décrit comme délicat aux fins de thèses rudement antipsychiatriques, Libération redonne la parole aux acteurs de la prise en charge de Sabine Bonnaire. Pour un tableau plus nuancé en effet.
«Le psychotique nous parle, mais c’est la société qui n’entend rien»
Santé. Le film de Sandrine Bonnaire a suscité une kyrielle de réactions dans la psychiatrie.
ÉRIC FAVEREAU
QUOTIDIEN LIBERATION : mardi 12 février 2008
C’était il y a deux semaines : la sortie du très beau documentaire de Sandrine Bonnaire sur sa sœur autiste, Elle s’appelle Sabine. Et à l’occasion de cette diffusion, dans Libération du 29 janvier, l’actrice était retournée pour
la première fois dans les deux hôpitaux psychiatriques où Sabine avait
été si mal hospitalisée. Depuis ? Non pas une onde de choc, mais un
vrai courant d’air, salutaire et un rien réconfortant. Une kyrielle de
réactions a agité le monde de la psychiatrie publique. Des réactions de
soutien, de colère, d’agacement, mais toutes sonnent comme des signaux
d’alarme. La ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, a appelé aussitôt
la réalisatrice pour la rencontrer. «Ce film de Sandrine Bonnaire est important, nous a déclaré, hier, la ministre, et
je partage son combat. Mais je voudrais insister que ce n’est pas
seulement un problème d’argent, ni de moyens. Aujourd’hui, des efforts
sont faits, et le plan santé mental avance.»
Schubert. L’histoire de Sabine serait-elle devenue un symptôme
de la crise de la prise en charge des malades mentaux en France ?
Hospitalisée d’abord à l’hôpital de Villejuif puis aux Murets, Sabine
a, alors, 28 ans : atteinte d’une psychose infantile, elle quitte
quatre ans plus tard l’hôpital, absente, assommée de neuroleptiques, incapable de parler, et encore moins de jouer du Schubert comme elle le faisait avant. «Les pauvres moyens dont dispose la psychiatrie publique, oui, il est urgent d’en débattre», a réagi aussitôt un médecin chef de psychiatrie parisien. Le professeur Claude Got, un des sages de la santé publique en France, se montre plus circonspect : «J’ai lu dans Libération : "la psychiatrie publique est laissée à l’abandon".
Ce qui est inexact, si l’on n’explique pas pourquoi on a laissé la
grande majorité des psychiatres se diriger vers un secteur privé plus
rémunérateur, alors que nous avons le plus grand nombre de psychiatres
par habitant en Europe.»
Autre avis : «C’est le manque d’effectifs qui est directement la cause, murmure le DrClaude Jeangirard, fondateur de la clinique Le
Chesnaie, haut lieu de la psychothérapie institutionnelle. Et il ajoute
: «Il y a autre chose qui nous atteint tous. La psychose, c’est
indicible. La psychose est une impossibilité à dire… Et pourtant le
psychotique est un être humain, il nous parle, ce n’est pas de la
poésie facile, et nous, nous avons quelque chose à entendre. Mais
voilà, c’est toute la société qui n’entend rien.»
Conversation avec Francesca Biagi-Chai autour de son livre Le cas Landru à la lumière de la psychanalyse, préfacé par Jacques-Alain Miller avec Yves Charpenel, magistrat, Serge Cottet, psychanalyste, Stella Harrison pour la Lettre mensuelle, et avec l’aide de Pascale Barré.
Stella Harrison :
J’ai été frappée à la lecture de votre livre par votre retour à la
monographie et la précision que vous apportez au concept de réel. Pour
entrer dans le débat, pouvez-vous nous éclairer vous-même sur ce
binaire avancé par Jacques-Alain Miller, dans sa préface, entre le
crime utilitaire et le crime de jouissance et son paradoxe chez Landru.
Francesca Biagi-Chai : Ce qui a été important à
propos du cas Landru, c’était de faire apparaître ce que peut-être une
monographie comme évaluation lisible et compréhensible par la plus
grande majorité, à l’heure où les chiffres ne rendent pas compte des
conduites et des événements subjectifs. Landru a valeur d’exception
dans ce binaire entre l’utilitaire et la jouissance en ceci que pour
lui l’utilitaire est l’équivalent total de la jouissance. Autrement
dit, l’utilitaire perd la part de sens commun qui équivaut à l’échange,
au marché des objets, et acquiert la dimension d’une jouissance
mortelle dans un totalitarisme du devoir, une rationalité du devoir,
autrement dit, un réel. Il s’agit donc d’une jouissance dans le sens de
la pulsion de mort, d’une mort du sujet. Landru est rationnel, et le
rationnel c’est le réel.
Le Dr Dominique Dupagne, membre du Formindep, communique : " Plus près de toi, mon Dieu...
La proximologie®
est une nouvelle science de la vie créée par la firme NOVARTIS et
qui s'intéresse aux interactions entre les patients et leur
entourage.
Ce concept mérite toute notre attention, et c'est pourquoi j'ai créé ce site pour en faciliter la diffusion."
Ministre de la santé, de la jeunesse et des sports
au COLLOQUE DÉPRIME - DÉPRESSION
sous la Direction de Mr. Jacques-Alain MILLER
-Vendredi 1er Février 2008-
à 18h00
(MINISTÈRE DE LA SANTÉ, DE LA JEUNESSE ET DES SPORTS)
Mesdames et messieurs,
Cher Jacques-Alain Miller,
Au risque de vous surprendre, risque que j’assume avec un plaisir non dissimulé, je voudrais ouvrir mon intervention par une citation du Président de la République : « la politique de la vie, c’est une politique qui part du principe que la qualité est plus importante que la quantité, que s’agissant de ce qui touche intimement à la vie, les critères qualitatifs sont plus importants que les critères quantitatifs ». Et d’ajouter : « c’est bien pour cela que la politique existe : parce que tout n’est pas quantitatif ».
La ministre de la qualité des soins que je veux être reprend volontiers à son compte de tels propos. Il convient, en effet, d’accorder ici aux mots toute leur valeur, d’en restituer la portée éthique, d’en déchiffrer, oserais-je dire, le sens.
En matière de santé, comme c’est aussi le cas pour la culture ou l’éducation, l’action publique ne saurait, sans trahir sa finalité, se réduire à la seule gestion des choses.
Cette maison qui vous accueille aujourd’hui, et dont vous saurez interpréter comme un signe, l’hospitalité, est une de ces maisons communes dont la vocation publique justifie l’ouverture au débat.
L’administration de la santé elle-même ne saurait être, par principe, par destination, une administration sans âme et sans épiderme, insensible aux exigences de la vie.
Et cela, d’autant moins, je tiens d’entrée de jeu à le souligner, que c’est bien la finalité qualitative de notre politique qui doit désormais structurer notre appréhension des problèmes.
Ainsi, les questions de santé publique qu’il nous revient de traiter ici, compte tenu de leurs enjeux éthiques, ne sont pas, malgré leur complexité, ou plutôt devrais-je dire, à cause de cela, l’affaire de quelques spécialistes isolés.
L’élaboration d’une politique de santé exclut, par définition, le cloisonnement disciplinaire : expression en elle-même assez éloquente sans qu’il soit nécessaire d’en redoubler l’énoncé par quelques commentaires.
La complexité des enjeux exige plutôt une méthode toute particulière, adaptée à l’objet de notre réflexion. Esprit de géométrie et esprit de finesse doivent ainsi s’allier pour appréhender une réalité qui, par définition, ne saurait se réduire à quelques abstractions mathématiques.
Sachons donc résister à ce triste tropisme qui consiste à tenir séparés des domaines de compétences qui devraient, au contraire, se fertiliser réciproquement par la pratique de l’échange.
La science, elle-même, pour quiconque est un peu sérieusement instruit de son histoire, est plutôt rétive aux réponses toutes faites, et ne doit ses progrès qu’à la capacité de questionner son propre savoir.
Certes, la certitude est généralement plus rassurante que le doute. Cependant, à mes yeux, ce sont, plutôt que le dogme asséchant, les bonnes questions, celles qui dérangent, qui valent d’abord d’être entendues.
Ce sont elles qui, toujours, nous aident à progresser dans la réflexion, nous protègent des simplifications abusives, de la grossièreté scientiste.
Aussi je ne puis que me réjouir que résonne entre ces murs cette parole vive, cette libre parole qui interroge.
Je suis fière, en effet, de vous donner ici l’occasion de tenir ce colloque sur déprime et dépression, l’occasion de poser les questions qui font et qui doivent faire débat, compte tenu de leurs implications éthiques.
Antidépresseurs et suicide : les leçons d'un échec
Pierre Sidon
Colloque déprime-dépression, Ministère de la santé, sous le Haut patronage et en présence de la Ministre, Mme Roselyne Bachelot-Narquin, 1er février 2008
« La langue de ces gens-là a une finesse extrême pour rendre les nuances les plus fugitives du sentiment » Stendhal, De l’amour en Provence jusqu’à la conquête de Toulouse en 1228, par les Barbares du Nord, De l’Amour, Paris, 1822.
"Il suffit en fait que je dise : « je suis triste… », pour que n’importe quelle personne sache exactement ce que je ressens", Pr Bruno Falissard, Mesurer la subjectivité en santé, Masson, 2001.
Dans la plupart études statistiques publiées depuis vingt ans, les nouveaux antidépresseurs présentaient de nombreuses vertus : outre leur efficacité, ils étaient peu générateurs d'effets indésirables. Et puisqu'ils traitaient la dépression, ils prévenaient le suicide.
Dans la pratique néanmoins, les effets thérapeutiques apparaissaient inconstants, souvent inférieurs à ceux des antidépresseurs de référence face à une situation de dépression sévère, en tous cas imprévisibles : on est toujours dans la situation décrite ainsi par Lacan : « On tempère, on obnubile, mais on ne sait pas ce qu’on fait. » (Discours aux psychiatres). Quant aux effets indésirables, ils étaient nombreux et la tentative de suicide ou le suicide en faisait partie, souvent même commis par intoxication avec le traitement lui-même. Les laboratoires pharmaceutiques et leurs alliés universitaires répondaient : ce n'est pas le médicament, c'est la maladie, preuves statistiques à l'appui, toujours.
L'année 2008, avec son lot de nouvelles révélations, sera-t-elle décisive ? Rien n'est moins sûr : depuis des années nous sommes maintenant habitués aux signaux d'alerte multiples et aux controverses qui s'ensuivent : témoignages de cliniciens indépendants, faits divers et procès réglés par indemnisation aux EU, mises en garde des autorités après méta-analyses des données… Rien n'y fait : la prescription ne faiblit pas, ou presque. Et lorsqu'elle faiblit, de nouvelles forces se lèvent pour la relancer au moyen de campagnes d'information sur « la maladie », de la formation des médecins confiée aux visiteurs médicaux, bientôt peut-être de la publicité directe au consommateur en France.
Pourtant, en ce début d'année 2008, deux nouvelles informations défraient la chronique : d'abord le New England Journal confirme que les laboratoires ont systématiquement occulté les résultats négatifs de leur études cliniques, grâce à quoi ces nouveaux produits arrivent à peine à se montrer supérieurs au placebo. Ensuite une étude évoque la publication des chiffres suédois du suicide pour l'année 2006. On y apprend notamment que plus de la moitié de la totalité des suicides féminins comportaient une prescription d’antidépresseurs depuis au moins six mois ; ce qui remet en cause l'affirmation du rôle protecteur des antidépresseurs sur le suicide. Néanmoins, la psychiatrie suédoise refuse de considérer ces chiffres comme une base valable de discussion. Il est vrai que l’on pourra toujours affirmer que le chiffre des suicides aurait été encore plus important sans antidépresseurs.
Historique : la psychanalyse lacanienne se dote d'un organe de presse
Après la parution de son exceptionnel numéro 7 consacré à la contre
campagne dépression de l'Ecole de la Cause freudienne et des Forums des
psy, le Nouvel Ane, jusque là "Journal de coups" devient trimestriel.
Fait unique dans l'histoire des idées, il se dote pour cela d'une
équipe de rédaction internationale de pas loin d'une centaine
d'intellectuels. L'irruption de cette nouvelle parution fera date dans
l'histoire du mouvement analytique, mais aussi dans l'histoire tout
court. Dans les suites de l'amendement Accoyer qui témoignait de la
volonté de mainmise du politique sur les affaires de l'intime, cet
événement éditorial entend marquer l'entrée de la psychanalyse dans les
affaires du politique. Le numéro 8 est en partie consacré à la
déferlante évaluationniste sur la société. Il marque le premier temps
de la reconquête de la psychanalyse à l'Université après la déferlante
cognitiviste. Nul doute que l'imposture de la pseudo-science cognitive
fera long feu. L'avenir nous appartient.
Un article américain commente de nouvelles données suédoises décisives quant au suicide et aux antidépresseurs. Les faits sont massifs, inédits, et renouvellent le débat sur « l’efficacité » des antidépresseurs.
La fin de l’article, qui évoque « l’akathisie » nous fournit néanmoins l’occasion de préciser que nous ne partageons pas la conception qu’elle emporte. Rappelons qu’il s’agit de la thèse récente, amenée par David Healy, célèbre psychiatre gallois auteur du Temps des antidépresseurs, d’un tableau d’agitation interne pouvant mener au passage à l’acte. Le terme d’akathisie entend étendre à bon compte le tableau neurologique bien connu, qui peut survenir sous neuroleptiques, à l’agitation décrite sous antidépresseurs. Dans l’akathisie classique des neuroleptiques, proche du « syndrome des jambes sans repos », il y a pourtant dissociation entre l’agitation physique [ressentie comme étrangère, parasitaire, avec souvent obligation de marcher (tasikinésie)], et l’état psychique, souvent dénué d’angoisse et d’agitation. L’akathisie des neuroleptiques ne mène jamais à un passage à l’acte. Les tableaux que Healy assimile donc à cette akathisie, au contraire, sont typiquement ceux d’une agitation psycho-motrice.
Confirmant notre impression clinique, une étude de 1994 menée par G. D. Tollefson de l’Institut Lilly (Absence of a relationship between adverse events and suicidality during pharmacotherapy for dépression) parue dans le Journal of clinical psychopharmacology n’a trouvé aucune association entre un effet indésirable somatique des antidépresseurs et le suicide. Si même Lilly le dit…
Quoi qu’il en soit, le procédé de Healy, pourtant grand contempteur des antidépresseurs s’il en est, mais tout de même psychiatre cognitivo-comportementaliste, nous semble paradigmatique de l’époque par l’usage radical qu’il fait du suffixe « neuro » (nous faisons référence au récent cours de Jacques-Alain Miller de janvier 2008). Il consiste ici en une neurologisation de l’agitation psycho-motrice. En supprimant le « psycho » du « psychomoteur », on attribue le passage à l’acte à l’action du médicament seul. Tout se passe comme si le psychiatre comportementaliste, dans ce cas en particulier, endossait le rejet de la subjectivité toute psychotique de son patient en lui déniant toute pensée à l’origine de son acte, entérinant ainsi son irresponsabilité au nom d’une supposée causalité neurologique de l’acte : science et paranoïa, la main dans la main.
Pierre Sidon
52% des suicidées en Suède en 2006 étaient sous traitement antidépresseur
Transworldnews 21 janvier 2008
Santé et bien être ; News
Traduction de l’anglais : Pierre Sidon
Ce ne sont pas des données issues d'une étude limitée ; il s'agit d'un niveau d'information national concernant L’ENSEMBLE des suicides (entre 18-84 ans) pour l'année 2006. L'information est exceptionnelle ; des registres existent maintenant en Suède, qui permettent à l’Agence Nationale de Santé Publique de savoir quel est le pourcentage de suicides qui ont été précédés par un traitement psychotrope.
Parmi un total de 377 femmes qui ont commis un suicide, 197 (52%) avaient reçu une prescription d'antidépresseurs dans les six mois précédant leur décès. Et 29 (8%), avaient reçu une prescription de neuroleptiques (« antipsychotiques ») SEULS, dans les 6 mois précédant leur suicide.
Cela signifie que 229 femmes – 60% - de celles qui se sont suicidése (18-84 ans) en Suède en 2006 avaient reçu une prescription d'antidépresseurs OU de neuroleptiques dans les 6 mois précédant leur suicide.
Les neuroleptiques avaient été présents dans 97 (26%) des suicides des sujets féminins, (68 femmes, 18%, avaient reçu A LA FOIS des antidépresseurs et des neuroleptiques). NE sont pas inclus, dans ces chiffres, le pourcentage de femmes qui avaient reçu d'autres types de médicaments psychotropes, tels les benzodiazépines.
Ces données sont révélées alors que l'on vient d’apprendre que les laboratoires pharmaceutique ont systématiquement occulté les résultats de leurs essais cliniques lorsqu’ils leurs étaient défavorables, en même temps qu'ils exagérait les résultats positifs dans leurs études sur les antidépresseurs (voir l'article du New York Times : Antidepressant Studies Unpublished), induisant ainsi en erreur les patients et les médecins pendant plusieurs années.
L'article qui défraie la chronique, repris par Le Figrao et l'Humanité notamment : où l'EBM sert de couverture scientiste au charlatisme ancestral qu'il était censé combattre.
La publication sélective des essais cliniques sur les antidépresseurs et son influence sur l’efficacité perçue
Erick H. Turner, M.D., Annette M. Matthews, M.D., Eftihia Linardatos, B.S.,
Robert A. Tell, L.C.S.W., and Robert Rosenthal, Ph.D.
Traduction Pierre Sidon
Résumé
Arrière-plan :
La médecine basée sur les preuves ne vaut que par l’exhaustivité des données et l’absence de biais. La publication sélective des essais cliniques - et les résultats de ces essais – peuvent conduire à une estimation irréaliste de l’efficacité d’un médicament et modifier le ratio risque-bénéfice apparent.
Méthodes
Nous nous sommes procurés les comptes-rendus de la FDA (Food and Drug Administration) pour des études concernant 12 antidépresseurs, menées sur un total de 12 564 patients. Nous avons conduit une revue systématique de la littérature pour identifier les études correspondantes. En ce qui concerne les études publiées, nous avons comparé les résultats publiés à ceux de la FDA. Nous avons aussi comparé le chiffre de l’efficacité issu des études publiées à celui issu de l’ensemble des données de la FDA.
Résultats
Parmi les 74 études enregistrées par la FDA, 31%, soit 3449 participants, n’ont pas été publiés. Le fait qu’une étude ait été et publiée, et comment elle le fut, dépendait de son résultat. Un total de 37 études considérées comme favorables par la FDA ont été publiées ; une étude considérée comme favorable ne l’a pas été. Les études jugées par la FDA comme ayant des résultats négatifs ou douteux, à trois exceptions près, n’ont, soit pas été publiées, soit présentées d’une manière qui, à notre avis, les faisait apparaître comme favorables (11 études). Selon la littérature publiée, il apparaissait que 94% des études menées étaient favorables. Au contraire, l’analyse de la FDA donnait 51% de positives. Les différentes méta-analyses de la FDA et des revues montraient que l’augmentation de l’efficacité s’étalait de 11 à 69% pour un médicament donné, avec une moyenne de 32%.
Conclusions
Nous ne pouvons dire si les biais observés résultent d’un échec dans la soumission des manuscrits de la part des auteurs ou des sponsors, ou de la décision de ne pas publier, de la part des éditeurs ou des comités de lecture, ou bien des deux. La publication sélective des essais cliniques peut avoir des conséquences fâcheuses pour les chercheurs, les participants des essais, les professionnels de santé et les patients.
Le commentaire de cette publication et des apports supplémentaires dans le quotidien québecois Le Devoir :
Mots clés : Food and Drug Administration, antidépresseurs, Médicament, États-Unis (pays)
89 % des études ayant révélé des résultats négatifs ou discutables n'ont pas été publiées dans la littérature scientifique
Les antidépresseurs ne seraient pas aussi efficaces que ce qui est
rapporté dans la littérature scientifique, où ne sont publiées en
général que les études ayant abouti à des résultats favorables au
médicament. Selon les auteurs d'un article paru dans la dernière
édition du New England Journal of Medicine, ce biais dans la
publication des données obtenues à la suite d'essais cliniques destinés
à vérifier l'efficacité et l'innocuité d'un antidépresseur fausserait
la perception qu'auraient les médecins de l'efficacité de ces
médicaments et pourrait avoir des effets néfastes sur leur pratique de
même que sur les attentes des patients.
Quarante ans après la publication du livre Les fous crient
au secours, le système de soins psychiatriques, dse urgences jusqu'à l'hôpital
médico-légal Philippe-Pinel, aurait besoin d'être revu de fond en comble.
Photo Martin Tremblay, La Presse
Katia Gagnon et Hugo Meunier
La Presse
La politique de désinstitutionnalisation qui se poursuit
depuis 30 ans au Québec est un échec, dénonce le directeur général de
l'Institut Philippe-Pinel, Jocelyn Aubut. «Le système est en train de sauter.
Il faut qu'on provoque quelque chose», lance-t-il, dans un entretien exclusif
avec La Presse.
Jocelyn Aubut a été nommé il y a huit mois à la tête de
l'Institut Pinel, le principal hôpital médico-légal au Québec. Il a fait le
tour de son jardin et son jugement est sans appel: en voulant sortir les
malades des hôpitaux, on a mené plusieurs d'entre eux dans des portes
tournantes, qui mènent de la rue à la prison.
«La désinstitutionnalisation, c'est une belle philosophie.
Mais les principes sans les moyens, ça fait que les gens se retrouvent en
prison», résume-t-il en entrevue dans le cadre d'une série d'articles sur le
sujet qui seront publiés tous les jours jusqu'à lundi.
Pilule d'or Prescrire : bonnet d'Âne pour les psychotropes
La SARP était présente. Un débat remarquable sur les psychotropes a précédé la matinée. La presse en a largement rendu compte.
AFP — Jeudi 17 janvier (2008), 16h45
PARIS (AFP) — Des psychiatres, psychologues et chercheurs ont dénoncé
une « dérive » du marché des médicaments psychotropes, incriminant
notamment la « logique marchande » des firmes pharmaceutiques, lors
d’un débat organisé par la revue indépendante Prescrire jeudi (17
janvier 2008) à Paris.
Monique Debauche, psychiatre belge, a noté que le volume de vente des
anti-dépresseurs a été multiplié par deux en France en 10 ans, alors
qu’ils peuvent être inutiles, « la plupart des états dépressifs
s’améliorant spontanément en quelques semaines ».
Elle a expliqué la « dérive du marché des psychotropes » par la forte
demande des patients, « habitués à penser leur souffrance en termes de
maladie curable par un médicament », par la formation des médecins «
centrés sur le médicament », et surtout par l’influence des firmes
pharmaceutiques, « omniprésentes » dans la formation et l’information
des soignants.
Elle a dénoncé à cet égard des études cliniques « construites comme des
supports promotionnels », avec un discours « façonné par la logique
marchande ».