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Interview de Pierre Sidon par la SARP
28-12-2008

La place contemporaine des psychoses dans la société : ségrégation ou exclusion ?


Peu avant la succession dramatique des faits divers qui ont mis en lumière la grande misère de la psychiatrie contemporaine et l'incompréhension de la discipline qui mine son exercice, aussi bien de l'intérieur que de l'extérieur, la SARP avait recueilli les propos de Pierre Sidon. Les voici :


Alors, les psychanalystes, vous êtes contents du résultat ? Vous vous enorgueillissez des progrès que la psychanalyse aurait permis à la psychiatrie et on entend dire, au contraire, qu'il y a une régression de la psychiatrie, un retour aux asiles et au Grand Renfermement, une pénalisation de la maladie mentale ?

Je sais bien à quoi vous faites allusion. Mais il faut bien faire attention à distinguer les choses : certains, en effet, croient voir, dans la présence grandissante des psychoses en prison, une réédition d'un chapitre qu'ils considèrent comme honteux : le « Grand Renfermement ». Ils font référence, à la suite de Michel Foucault, à cet épisode situé en 1656 après qu'un édit royal aurait soudainement précipité dix pour cents de la population parisienne dans ce qui deviendrait les Asiles. Cette interprétation omet, selon nous, quelques faits. Reprenons en détail :
D'une part, la soudaineté et l'ampleur de ce Grand Renfermement est remise en cause par les historiens pour plusieurs raisons :
- La première combat l'idée reçue selon laquelle les fous ont, dans un temps considéré comme Age d'Or, joui de la liberté de vaquer. Cet Age d'Or situé au Moyen Age semble n'avoir jamais existé : les fous auraient bien plutôt bénéficié d'une réelle surveillance et d'un strict cantonnement familial ou villageois, ne se retrouvant en prison ou à l'hôpital qu'à la suite d'un passage à l'acte grave. (Claude Quétel, Nouvelle histoire de la psychiatrie, Dunod 2002, p. 108).
- Ensuite parce qu'à-partir du XVIè siècle, ce sont les méfaits conjugués de l'urbanisation puis de la crise économique, déstabilisant l'équilibre antérieur, qui ont amené progressivement un accroissement du vagabondage et de la mendicité, et corrélativement de la sévérité des édits interdisant l'errance. On crée alors des lieux d'hébergement qui mèneront à la fondation des Hôpitaux généraux.
- Enfin c'est le constat d'échec de cet enfermement qui va mener à sa montée en régime grâce à la mise en place d'un dispositif associant les lettres de cachet et les maisons de force. Ce procès s'étale entre la fin du XVIIè et la fin du XVIIIè siècle et le dispositif s'accélère grâce à un programme de constructions couplé à un dispositif policier plus efficace.
Donc, plutôt que d'un avant et d'un après faisant suite à un mythique Age d'Or, il s'est vraisemblablement agi d'ajustements progressifs plus ou moins efficaces pour palier les effets d'une profonde et croissante désocialisation de nombreux sujets, parmi lesquels des psychotiques.

Oui mais tout de même, enfermer les gens de force, il y a mieux comme resocialisation !

Peut-être, mais il faut replacer les choses dans le contexte de l'époque. A l'origine de cet enfermement, il n'y a pas que des raisons économiques et d'ordre public mais aussi un puissant idéal religieux : si on les enferme, c'est aussi bien pour parer leur « irréligion » et leur « carence morale ». L'Eglise songe même à créer un « ghetto des pauvres » à Rome. Et plus tard, ce courant charitable va se laïciser progressivement en doctrine hygiéniste. Quant aux « maisons de force » qui vont prendre le relais des hôpitaux généraux au XVIIIè siècle, ce sont pour beaucoup des communautés religieuses…
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Mediapart : branle bas de combat chez les psychiatres
28-12-2008

La psychiatrie est-elle, oui ou non, une discipline sécuritaire ?

La SARP interviewée par Carine Fouteau, journaliste à Mediapart, participe au débat sur la dangerosité. Et c'est en Une du journal :

http://www.mediapart.fr/journal/france/221208/branle-bas-de-combat-chez-les-psychiatres

 
Antidépresseurs et suicide : les leçons d'un échec
06-02-2008

Antidépresseurs et suicide : les leçons d'un échec

Pierre Sidon


Colloque déprime-dépression, Ministère de la santé, sous le Haut patronage et en présence de la Ministre, Mme Roselyne Bachelot-Narquin, 1er février 2008


« La langue de ces gens-là a une finesse extrême pour rendre les nuances les plus fugitives du sentiment »
Stendhal, De l’amour en Provence jusqu’à la conquête de Toulouse en 1228, par les Barbares du Nord, De l’Amour, Paris, 1822.

"Il suffit en fait que je dise : « je suis triste… », pour que n’importe quelle personne sache exactement ce que je ressens", Pr Bruno Falissard, Mesurer la subjectivité en santé, Masson, 2001.


Dans la plupart études statistiques publiées depuis vingt ans, les nouveaux antidépresseurs présentaient de nombreuses vertus : outre leur efficacité, ils étaient peu générateurs d'effets indésirables. Et puisqu'ils traitaient la dépression, ils prévenaient le suicide.
Dans la pratique néanmoins, les effets thérapeutiques apparaissaient inconstants, souvent inférieurs à ceux des antidépresseurs de référence face à une situation de dépression sévère, en tous cas imprévisibles : on est toujours dans la situation décrite ainsi par Lacan : « On tempère, on obnubile, mais on ne sait pas ce qu’on fait. » (Discours aux psychiatres). Quant aux effets indésirables, ils étaient nombreux et la tentative de suicide ou le suicide en faisait partie, souvent même commis par intoxication avec le traitement lui-même. Les laboratoires pharmaceutiques et leurs alliés universitaires répondaient : ce n'est pas le médicament, c'est la maladie, preuves statistiques à l'appui, toujours.

L'année 2008, avec son lot de nouvelles révélations, sera-t-elle décisive ? Rien n'est moins sûr : depuis des années nous sommes maintenant habitués aux signaux d'alerte multiples et aux controverses qui s'ensuivent : témoignages de cliniciens indépendants, faits divers et procès réglés par indemnisation aux EU, mises en garde des autorités après méta-analyses des données… Rien n'y fait : la prescription ne faiblit pas, ou presque. Et lorsqu'elle faiblit, de nouvelles forces se lèvent pour la relancer au moyen de campagnes d'information sur « la maladie », de la formation des médecins confiée aux visiteurs médicaux, bientôt peut-être de la publicité directe au consommateur en France.

Pourtant, en ce début d'année 2008, deux nouvelles informations défraient la chronique : d'abord le New England Journal confirme que les laboratoires ont systématiquement occulté les résultats négatifs de leur études cliniques, grâce à quoi ces nouveaux produits arrivent à peine à se montrer supérieurs au placebo. Ensuite une étude évoque la publication des chiffres suédois du suicide pour l'année 2006. On y apprend notamment que plus de la moitié de la totalité des suicides féminins comportaient une prescription d’antidépresseurs depuis au moins six mois ; ce qui remet en cause l'affirmation du rôle protecteur des antidépresseurs sur le suicide. Néanmoins, la psychiatrie suédoise refuse de considérer ces chiffres comme une base valable de discussion. Il est vrai que l’on pourra toujours affirmer que le chiffre des suicides aurait été encore plus important sans antidépresseurs.
 

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Chronique : “Ils ont suivi le Guide”
23-11-2007

"Ils ont suivi le Guide" - Episode 1 : “La corde au cou”

Premier épisode d'une chronique à suivre sur le site de la SARP : les principes du Guide Inpes à l'épreuve de la pratique psychiatrique ? Entre éclat de rire et frissons d'horreur au quotidien... 

par Pierre Sidon

Pendu Inpes

15 novembre :

Dr A.I., psychiatre, au Dr P., médecin généraliste

Mon cher confrère,
Je vous remercie de m’avoir adressé votre patient, Monsieur C.C. 46 ans. Effectivement il s’agit d’une récidive dépressive. Pour le moment j’ai conseillé la hausse de l’ [antidépresseur] et de l’ [somnifère] car il se réveille très tôt le matin (sans doute augmenter à nouveau [antidépresseur] dans quelques jours et le maintenir ensuite). Effectivement le patient éprouve des difficultés à verbaliser ses relations avec ses ascendants. Il éprouve une grande lassitude qui lui semble venir de l’extérieur alors qu’il s’agit d’une forme larvée de la crise de la quarantaine je pense. Je lui conseille de se trouver des pôles d’intérêts et de continuer à développer ses relations avec ses proches. Je dois le revoir dans 10 jours pour reparler de tout cela.
Je ne manquerai pas de vous tenir informé de l’évolution. Bien confraternellement.


20 novembre :

Le cri de son épouse réveille Monsieur C.C.. Elle vient de le dépendre de la fenêtre de la chambre conjugale.
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Pour le peuple : évaluation et transparence
11-03-2008
 

Chez Pierre Rosanvallon :

L'évaluation, c'est bon pour le peuple, pas pour les "hommes d'action"

La revue La vie des idées, pubication attachée aux éditions La république des idées de Pierre Rosanvallon, consacre un dossier sur les "indicateurs". Si un premier article remet en cause une certaine "illusion" du contrôle par l'Evaluation, ce n'est certes pas pour abandonner ce contrôle, cher à Pierre Rosanvallon. On se reportera à ce sujet au Communiqué n°47 de l'Agence Lacanienne de Presse que nous reproduisons ci-dessous. On verra qu'il s'agit bien au contraire de toujours mieux contrôler les populations, mesurer, évaluer, "optimiser" le corps social. 

Mais lorsqu'il s'agit de l'évaluation des Ministres, dans le second article, Anne Pezet & Samuel Sponem se montrent plus réservés : "En fait, les indicateurs sont des instruments de gestion très utiles à condition de ne pas y accorder trop d’importance, pour préserver un jugement discrétionnaire (qui est l’essence de l’homme d’action, bien plus que ne le sont les indicateurs) et surtout de les manier avec précaution. Si vous ne connaissez pas votre métier, ils ne vous rendront pas meilleurs. Ils peuvent dans certains cas aider à y voir plus clair dans une situation confuse, ils peuvent aussi vous aider à comprendre de vos erreurs, mais ils ne ferment jamais tout à fait les débats sur la performance. Ils peuvent surtout être utilisés pour faire avancer, non pas la vérité mais ses propres intérêts. Les chercheurs en gestion les présentent ainsi parfois comme des outils de légitimation ou des « machines de guerre ». Leurs fonctions sont alors très différentes de la recherche de l’objectivité qu’ils sont censés permettre… Un mauvais indicateur ou un mauvais chiffre sert ainsi bien d’autres fins que l’efficacité."

L'Evaluation, “une machine de guerre" ? Quelle idée ?! Selon que vous serez puissant ou misérable, l'Evaluation sera  blanche ou noire. On croît toutefois reconnaître là la sorte de dialectique naïvement développée par le futur président de la République lors de son incroyable entretien avece le philosophe Miche Onfray quelques semaines avant son élection : "Je crois en la transgression, affirmait Nicolas Sarkozy. Mais ce qui me différencie des libertaires, c'est que pour transgresser il faut qu'il y ait des règles ! Il faut qu'il y ait de l'autorité, des lois. L'intérêt de la règle, de la limite, de la norme, c'est justement qu'elles permettent la transgression. Sans règles, pas de transgression. Donc pas de liberté. Car la liberté, c'est de transgresser." Aux untermensch donc les règles et la transparence ; transgression et opacité pour les autres. n'est-ce pas là le panoptique de Bentham en cours d'achèvement ? Le remède ? "Les chauve-souris craignent la lumière, qu’aiment les amis des libertés", concluait Jacques-Alain Miller en mars 2005.

P. Sidon

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Les indicateurs de performance peuvent-ils s’appliquer à l’action publique, aux fonctionnaires et aux ministres ? Deux études soulignent les inconvénients que présentent les primes à la performance dans le secteur privé, auxquelles s’ajoutent des difficultés spécifiques au secteur public.


- Incitations et désincitations : les effets pervers des indicateurs
par Maya Beauvallet, le 22 février 2008
La demande politique d’une plus grande clarté dans l’administration des fonds publics et l’exigence d’efficacité à l’égard des fonctionnaires a nécessité la mise en place d’un suivi des performances de ces administrations. Néanmoins, aux inconvénients des primes à la performance déjà connus dans les secteurs privés, s’ajoutent des difficultés spécifiques à leur utilisation dans les secteurs publics. Lire la suite...

- Des indicateurs pour les Ministres au risque de l’illusion du contrôle
par Anne Pezet et Samuel Sponem, le 22 février 2008
Deux professeurs et chercheurs en management, Anne Pezet et Samuel Sponem, mettent l’accent sur la prudence avec laquelle il convient d’utiliser les indicateurs de performance, singulièrement quand, suivant le mouvement de « managérialisation » de la société, on entend les appliquer au monde de l’action publique. Lire la suite...

par Maya Bacache-Beauvallet & Anne Pezet & Samuel Sponem [22-02-2008]

Dans ce contexte critique, on relira avec intérêt le communiqué n°47 de l'Agence de Presse Lacanienne daté du 20 mars 2007 :

COMMUNIQUÉ DE JACQUES-ALAIN MILLER - 21 mars 2005

            J’ai été reçu ce matin rue de Solférino, de 11h à 11h55, par François Hollande. L’invitation à le rencontrer m’était parvenue par l’intermédiaire du Sénateur Jean-Pierre Sueur, qui participait à l’entrevue. J’avais demandé à Agnès Aflalo et à Gérard Miller de m’accompagner.

            Je ne dirai rien des propos de François Hollande, sinon qu’il a accepté de bonne grâce le cadeau que j’avais apporté pour lui, d’un exemplaire dédicacé du Sinthome et de Lacan même, où la place était laissée pour une dédicace de Philippe Sollers. Il a de même gentiment accepté de remettre de ma part à Mme Ségolène Royal un exemplaire dédicacé de ces deux ouvrages.

            Gérard Miller a introduit l’entretien en retraçant le chemin qu’avait suivi notre réflexion, et notre action, depuis le vote de l’amendement Accoyer par l’Assemblée nationale. Peut-être mon frère voudra-t-il reprendre lui-même pour l’ALP la substance de ses propos.

            Je reproduis l’essentiel de ce que j’ai dit ce matin au successeur de François Mitterrand à la tête du Parti socialiste.

 

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L'industrie : ne pas tenir compte des résultats négatifs, suite
05-03-2008

La réponse de l'industrie des antidépresseurs

On apprend dans le quotidien Libération que les laboratoires répondent à l'étude de Kirsch sur les antidépresseurs ISRS :

Une étude britannique contestée
QUOTIDIEN : vendredi 29 février 2008

Mardi, une étude de l’université de Hull , reprise spectaculairement à la une de la presse britannique, a mis en doute l’efficacité d’antidépresseurs comme le Prozac ou le Seroxat, estimant que ces médicaments n’avaient guère plus d’effets que des placebos sur les personnes souffrant de dépression. Les porte-parole de plusieurs sociétés fabriquant des antidépresseurs ont contesté les résultats de cette étude, estimant qu’elle n’avait pas du tout pris en compte les résultats positifs produits sur les malades et leurs familles.

 
"Les résultats positifs sur les malades et leurs familles" : à croire qu'ils sont du même ordre ! Vous avez dit placebo ?
 
Antidépresseurs : et si la controverse sur leur efficacité profitait finalement à la France ?
03-03-2008

L'efficacité controversée des antidépresseurs : une opportunité pour l'industrie française ?


Par Sophie Bialek et Pierre Sidon
Conformément à l'article 26 de la loi du 4 mars 2002, dit de "transparence", les auteurs déclarent n'avoir aucun lien d’aucune sorte avec les firmes pharmaceutiques.

Un mois après une première étude qui évoquait la faible supériorité des antidépresseurs ISRS face au placebo (Erick Turner dans le New England Journal, 17 janvier 2008), la publication d'une seconde étude similaire défraie la chronique médiatique (Irving Kirsch, « Initial Severity and Antidepressant Benefits : A Meta-Analysis of Data Submitted to the Food and Drug Administration », Public Library Of Science). Des représentants de la psychiatrie universitaire, grande promotrice de « la dépression » et de ses traitements chimiothérapiques, défilent donc dans les médias. 

Olié

Le Pr. Olié explique à l'Express que les essais thérapeutiques sont principalement pratiqués aux USA ou en général dans des pays où le système de soins est inégalitaire : « des personnes acceptent aussi ces tests pour avoir des soins gratuits. Dans ces conditions, aux Etats-Unis, ce sont plutôt 8 essais sur 10 qui ratent », ce que B. Falissard, interrogé dans Libération explicite ainsi : « Ces essais vont donc être réalisés dans des pays où les systèmes de santé sont souvent inégalitaires, comme aux Etats-Unis. Qui va y participer ? Des personnes qui n'ont pas d'assurance de santé, et elles le font pour pouvoir bénéficier d'un traitement. Pour ces gens là, l'effet placebo peut être considérable. ». Entraîné par son élan, Falissard en arrive même à affirmer : « Ce type d'essai n'est pas possible en France, car il n'y a pas un patient qui accepterait de recevoir un placebo. » C’est évidemment faux : les essais thérapeutiques comparatifs contre un traitement de référence et contre un placebo (essais de phase III) sont en effet indispensables pour l’obtention d’une Autorisation de Mise sur le Marché, en France comme ailleurs. Reconnaissons toutefois qu’il est plaisant de voir M. Falissard dénigrer les essais cliniques réalisés aux USA après avoir soutenu la pertinence de leur usage lors de l’expertise de l’Inserm sur l’évaluation des psychothérapies. Mais revenons donc aux propos de J.P. Olié, grand pourvoyeur d’essais thérapeutiques contre placebo 100% français : « des études comme celle-ci qui ne permettent pas d'établir une différence entre un antidépresseur et un placebo, il y en a plein les tiroirs. Un essai clinique sur deux échoue. » Un échec sur deux en France, c’est certes toujours mieux que « huit sur dix aux USA ». Toutefois, il y en a tout de même « plein les tiroirs », autrement dit jamais publiés, participant ainsi à égarer l'opinion sur la prétendue efficacité des molécules : « Jusqu'en 2006, les industries n'étaient pas obligées de les publier (…) Les résultats négatifs n'intéressent personne. » Personne, y compris M. Olié, dont on admire ici l'aveu emprunt d'un naturel décomplexé tellement d'époque.

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Sciences et Avenir doute du Pr Servan-Schreiber
04-03-2008

Le Pr Servan-Schreiber : sa pensée est "magique" selon le magazine Sciences et Avenir

Heureusement, le professeur qui répond ci-dessous, a des références, nombreuses... Nous-mêmes, étions admiratifs de la carrière et des résultats du professeur et proposions sur ce site-même il y a quatre ans déjà, un aggiornamento complet de la médecine et de la psychiatrie, tenant compte des avancées révolutionnaires de l'universitaire ; rappels :

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Ils ont suivi le Guide : une invitation au suicide ?
03-03-2008

Campagne Dépression : prévention ou invitation au suicide ?

par François Jubert

Monsieur D., 53 ans, vient consulter un psychiatre sur la demande de son médecin traitant, parce qu’il « se sent très déprimé suite à des problèmes [à son] travail ».

Il a fait une première dépression il y a 20 ans, suite au décès de son père. Monsieur D. ajoute aussitôt qu’il n’a pas déprimé lors du décès de sa mère et de son frère. Un deuxième épisode dépressif est survenu il y a 10 ans en raison d’un conflit avec un chef qui l’avait « pris en grippe » à son travail.

 

Depuis 6 mois, un nouveau système a été mis en place à son travail. On lui en demande plus, « toujours plus ». En plus de son travail de cariste, on lui demande d’être magasinier et s’occuper de l’approvisionnement. D’autre part, il tourne sur trois lignes différentes au lieu d’une comme auparavant. Sa mémoire lui fait défaut d’une ligne à l’autre. Il est dépassé par les nouvelles technologies, la solidarité a disparu entre collègues, les jeunes raillent les vieux et bâclent le travail. Sous la pression du travail, il doit cesser de jouer de la musique avec le groupe dont il est le batteur, il abandonne également le sport : il était entraîneur de tennis de table dans son entreprise autrefois. Il force physiquement, moralement, il dort de moins en moins, n’arrive plus à se lever et se met à pleurer sans raison.

La campagne dépression bat son plein. Monsieur D. entend à la radio et la télévision parler du suicide des jeunes, des vieux. « La vie n’est pas facile de nos jours » commente-t-il. Des idées suicidaires font alors leur apparition. « Si d’autres se suicident confrontés à la difficulté de vivre aujourd’hui, je peux le faire aussi », doit-il se dire. 

Il choisit d’aller trouver son médecin traitant qui le met en arrêt de travail, lui prescrit un traitement antidépresseur et l’adresse au psychiatre pour le prendre en charge... un mois plus tard : Monsieur D. n’est pas sorti de chez lui pendant tout ce temps, il regarde la télé, n’écoute plus de musique, les idées suicidaires sont toujours là, heureusement fugaces : « La vie n’est pas facile de nos jours. »

Campagne dépression : "suivez le guide" !, en effet. Sans doute ses concepteurs n’ont-ils pas bien envisagé toutes les conséquences de leur initiative...

 
Prozac=placebo ?
26-02-2008

Le Prozac est, selon une nouvelle étude, un placebo

Publié aujourd'hui dans The Guardian, l'article fait référence à une nouvelle méta analyse issue dans PLOS (Public Library of Science) selon laquelle le Prozac ne serait, la plupart du temps, qu'un placebo. L'efficacité serait, par contre, non nulle dans les cas les plus graves. L'analyse statistique semble recouper, pour une fois, l'impression du clinicien. 

PLOS MEDECINE : http://medicine.plosjournals.org/archive/1549-1676/5/2/pdf/10.1371_journal.pmed.0050045-L.pdf

Conclusions :

« La différence d’efficacité entre l’antidépresseur et le placebo augmente en fonction de la sévérité initiale de la dépression, mais reste très modeste même chez les patients les plus sévèrement déprimés. La relation entre l’efficacité des antidépresseurs et la sévérité initiale de la dépression est attribuée à la baisse de l’effet placebo chez les patients les plus sévèrement déprimés plutôt qu’à une augmentation de la réponse au traitement médicamenteux ! ».

 

 

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Lettre ouverte à la Fédération Française de Psychiatrie
16-02-2008

Lettre ouverte à la Fédération Française de Psychiatrie

Par le Dr Sophie Bialek 

Société pour l’Action et la Recherche en Psychiatrie
1 rue Duguay-Trouin 75006 Paris

16.02.08

Cher(e)s collègues de la Fédération Française de Psychiatrie,

En ce début d’année 2008,  nous souhaiterions  soumettre au bureau de la FFP, quelques demandes d’éclaircissement, concernant  l’état actuel des relations entre la FFP et la HAS. Cette démarche s’origine de la lecture, sur le site de la FFP, de l’exposé du Dr O. Lehembre, Président de la FFP, en date de janvier 2007.

1) Notre première question concerne la Recommandation de la HAS “complications évolutives d’un épisode dépressif de l’adulte” don’t la mise en oeuvre et le déroulement ont, au vu du rapport du Dr Lehembre, effectivement donné lieu à certaines “complications”. A cet égard, nous souhaitons attirer l’attention des responsables de la FFP sur le fait que le Plan Ministériel Santé mentale 2005-2008 comporte, dans son axe 4, une mention explicite au sujet des recommandations sur la dépression.

« Saisine de l’HAS pour réactualiser les Recommandations de Bonnes Pratiques, en lien avec l’AFSSAPS sur les traitements de la dépression (choix des antidépresseurs et/ou des psychothérapies, posologies, durée du traitement, associations….) cf 3.1.2 ; et développer, sur la base de ces recommandations des référentiels de formation et des évaluations des pratiques professionnelles (EPP) permettant l’amélioration du repérage, du diagnostic et du traitement de la dépression par les professionnels de santé, en fonction des populations (périnatalité, enfants et adolescents, adulte, personnes âgées, personne en précarité….). e ministre veillera à ce que l’ensemble des sensibilités de la psychiatrie française, dont la psychanalyse, soient associés à la révision de ces recommandations. ».

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Numéro 36 de La Règle du jeu
14-02-2008

L’assassinat manqué de la psychanalyse


Le numéro trente-six de La Règle Du Jeu, la revue que dirige Bernard-Henri Lévy vient de paraître. Il fait une large place à deux excellents articles d’Agnès Aflalo regroupés sous le titre unique du livre à paraître : « L’assassinat manqué de la psychanalyse ». Il faut saluer l’évènement, qu’une revue qui porte haut l’opinion éclairée, publie aussi généreusement les travaux d’une psychanalyste de l’École de la Cause Freudienne, qui entreprend de déchiffrer ici pour le lecteur ce nouveau symptôme épidémique de notre civilisation qu’est l’évaluation.



Dans le premier des deux articles, qui s’intitule «Le calcul des TCC», Agnès Aflalo nous livre une analyse détaillée de la logique négationniste que les tenants des TCC ont développée à l’égard du sujet de l’inconscient, de la jouissance opaque du symptôme et de la clinique psychanalytique fondée sur le transfert. Elle montre comment, au cours de ces vingt dernières années, la psychiatrie essentiellement universitaire, qui a toujours porté en elle un solide courant organiciste, s’est laissée lentement mais sûrement séduire par la promesse que lui faisait les TCC de réaliser l’idéal scientifique : devenir enfin une discipline médicale. Agnès Aflalo réussit à démonter point par point la méthode et la rhétorique du discours TCC pour le faire apparaître pour ce qu’il est : une fausse science, alimentée par un discours universitaire et fondée sur le signifiant maître de l’évaluation.

Le deuxième article, intitulé : « Surveiller et prévenir », interroge l’idée de «santé mentale» et ses conséquences, et en particulier l’épidémie de l’évaluation qui aujourd’hui cherche a imposer son hégémonie un peu partout dans le monde. Agnès Aflalo y déchiffre avec sagacité le refoulé du discours de l’évaluation qui s’avance avec la puissance de l’intimidation du chiffre et cherche à faire passer l’évidence de la statistique pour le réel de l’affaire. Elle montre de façon sensationnelle que ce discours ne produit en réalité qu’une multiplication infinie des anormalités, en même temps qu’il organise, à l’aide de nombreux préjugés de classe et de races, des exclusions et des ségrégations qui hantent déjà l’histoire des deux derniers siècles. Agnès Aflalo nous fait ainsi la démonstration, preuves à l’appui, que l’envers de cette fausse objectivité transporte, en réalité, l’idéologie la plus rétrograde.

Ce discours de l’évaluation, ainsi démasqué, fait surgir avec force l’enjeu politique d’aujourd’hui pour les psychanalystes de l’École de Lacan. On pourrait l’épingler d’un Witz : “ou la Lacantification éclairée de notre civilisation ou la quantification sourde et aveugle”.

Georges Haberberg

 
Le cas Landru
11-02-2008

Evénement : Le cas Landru, par Francesca Biagi-Chaï

Le cas Landru

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Conversation avec Francesca Biagi-Chai autour de son livre Le cas Landru à la lumière de la psychanalyse, préfacé par Jacques -Alain Miller

Lettre mensuelle n° 264 - janvier 2008

 

Conversation avec Francesca Biagi-Chai autour de son livre Le cas Landru à la lumière de la psychanalyse, préfacé par Jacques-Alain Miller avec Yves Charpenel, magistrat, Serge Cottet, psychanalyste, Stella Harrison pour la Lettre mensuelle, et avec l’aide de Pascale Barré.

 

Stella Harrison : J’ai été frappée à la lecture de votre livre par votre retour à la monographie et la précision que vous apportez au concept de réel. Pour entrer dans le débat, pouvez-vous nous éclairer vous-même sur ce binaire avancé par Jacques-Alain Miller, dans sa préface, entre le crime utilitaire et le crime de jouissance et son paradoxe chez Landru.

Francesca Biagi-Chai : Ce qui a été important à propos du cas Landru, c’était de faire apparaître ce que peut-être une monographie comme évaluation lisible et compréhensible par la plus grande majorité, à l’heure où les chiffres ne rendent pas compte des conduites et des événements subjectifs. Landru a valeur d’exception dans ce binaire entre l’utilitaire et la jouissance en ceci que pour lui l’utilitaire est l’équivalent total de la jouissance. Autrement dit, l’utilitaire perd la part de sens commun qui équivaut à l’échange, au marché des objets, et acquiert la dimension d’une jouissance mortelle dans un totalitarisme du devoir, une rationalité du devoir, autrement dit, un réel. Il s’agit donc d’une jouissance dans le sens de la pulsion de mort, d’une mort du sujet. Landru est rationnel, et le rationnel c’est le réel.

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Intervention de la Ministre de la Santé au Colloque déprime-dépression
07-02-2008

Intervention de Madame Roselyne BACHELOT-NARQUIN

Ministre de la santé, de la jeunesse et des sports

au COLLOQUE DÉPRIME - DÉPRESSION

sous la Direction de Mr. Jacques-Alain MILLER


-Vendredi 1er Février 2008-
à 18h00
(MINISTÈRE DE LA SANTÉ, DE LA JEUNESSE ET DES SPORTS)
 
 
Mesdames et messieurs,
Cher Jacques-Alain Miller,
 
Au risque de vous surprendre, risque que j’assume avec un plaisir non dissimulé, je voudrais ouvrir mon intervention par une citation du Président de la République : « la politique de la vie, c’est une politique qui part du principe que la qualité est plus importante que la quantité, que s’agissant de ce qui touche intimement à la vie, les critères qualitatifs sont plus importants que les critères quantitatifs ». Et d’ajouter : « c’est bien pour cela que la politique existe : parce que tout n’est pas quantitatif ».
 
La ministre de la qualité des soins que je veux être reprend volontiers à son compte de tels propos. Il convient, en effet, d’accorder ici aux mots toute leur valeur, d’en restituer la portée éthique, d’en déchiffrer, oserais-je dire, le sens.
 
En matière de santé, comme c’est aussi le cas pour la culture ou l’éducation, l’action publique ne saurait, sans trahir sa finalité, se réduire à la seule gestion des choses.
 
Cette maison qui vous accueille aujourd’hui, et dont vous saurez interpréter comme un signe, l’hospitalité, est une de ces maisons communes dont la vocation publique justifie l’ouverture au débat.
 
L’administration de la santé elle-même ne saurait être, par principe, par destination, une administration sans âme et sans épiderme, insensible aux exigences de la vie.
Et cela, d’autant moins, je tiens d’entrée de jeu à le souligner, que c’est bien la finalité qualitative de notre politique qui doit désormais structurer notre appréhension des problèmes.
 
Ainsi, les questions de santé publique qu’il nous revient de traiter ici, compte tenu de leurs enjeux éthiques, ne sont pas, malgré leur complexité, ou plutôt devrais-je dire, à cause de cela, l’affaire de quelques spécialistes isolés.
 
L’élaboration d’une politique de santé exclut, par définition, le cloisonnement disciplinaire : expression en elle-même assez éloquente sans qu’il soit nécessaire d’en redoubler l’énoncé par quelques commentaires.
 
La complexité des enjeux exige plutôt une méthode toute particulière, adaptée à l’objet de notre réflexion. Esprit de géométrie et esprit de finesse doivent ainsi s’allier pour appréhender une réalité qui, par définition, ne saurait se réduire à quelques abstractions mathématiques.
 
Sachons donc résister à ce triste tropisme qui consiste à tenir séparés des domaines de compétences qui devraient, au contraire, se fertiliser réciproquement par la pratique de l’échange.
 
La science, elle-même, pour quiconque est un peu sérieusement instruit de son histoire, est plutôt rétive aux réponses toutes faites, et ne doit ses progrès qu’à la capacité de questionner son propre savoir.
 
Certes, la certitude est généralement plus rassurante que le doute. Cependant, à mes yeux, ce sont, plutôt que le dogme asséchant, les bonnes questions, celles qui dérangent, qui valent d’abord d’être entendues.
Ce sont elles qui, toujours, nous aident à progresser dans la réflexion, nous protègent des simplifications abusives, de la grossièreté scientiste.
 
Aussi je ne puis que me réjouir que résonne entre ces murs cette parole vive, cette libre parole qui interroge.
Je suis fière, en effet, de vous donner ici l’occasion de tenir ce colloque sur déprime et dépression, l’occasion de poser les questions qui font et qui doivent faire débat, compte tenu de leurs implications éthiques.
 

 
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Parution du Nouvel Âne n°8
06-02-2008

Historique : la psychanalyse lacanienne se dote d'un organe de presse


 

LNA 8

Après la parution de son exceptionnel numéro 7 consacré à la contre campagne dépression de l'Ecole de la Cause freudienne et des Forums des psy, le Nouvel Ane, jusque là "Journal de coups" devient trimestriel. Fait unique dans l'histoire des idées, il se dote pour cela d'une équipe de rédaction internationale de pas loin d'une centaine d'intellectuels. L'irruption de cette nouvelle parution fera date dans l'histoire du mouvement analytique, mais aussi dans l'histoire tout court. Dans les suites de l'amendement Accoyer qui témoignait de la volonté de mainmise du politique sur les affaires de l'intime, cet événement éditorial entend marquer l'entrée de la psychanalyse dans les affaires du politique. Le numéro 8 est en partie consacré à la déferlante évaluationniste sur la société. Il marque le premier temps de la reconquête de la psychanalyse à l'Université après la déferlante cognitiviste. Nul doute que l'imposture de la pseudo-science cognitive fera long feu. L'avenir nous appartient.

Pierre Sidon

 

 

 
Le mythe de l'effet protecteur des antidépresseurs sur le suicide mis à mal par de nouvelles données
30-01-2008
Un article américain commente de nouvelles données suédoises décisives quant au suicide et aux antidépresseurs. Les faits sont massifs, inédits, et renouvellent le débat sur « l’efficacité » des antidépresseurs.
La fin de l’article, qui évoque « l’akathisie » nous fournit néanmoins l’occasion de préciser que nous ne partageons pas la conception qu’elle emporte. Rappelons qu’il s’agit de la thèse récente, amenée par David Healy, célèbre psychiatre gallois auteur du Temps des antidépresseurs, d’un tableau d’agitation interne pouvant mener au passage à l’acte. Le terme d’akathisie entend étendre à bon compte le tableau neurologique bien connu, qui peut survenir sous neuroleptiques, à l’agitation décrite sous antidépresseurs. Dans l’akathisie classique des neuroleptiques, proche du « syndrome des jambes sans repos », il y a pourtant dissociation entre l’agitation physique [ressentie comme étrangère, parasitaire, avec souvent obligation de marcher (tasikinésie)], et l’état psychique, souvent dénué d’angoisse et d’agitation. L’akathisie des neuroleptiques ne mène jamais à un passage à l’acte. Les tableaux que Healy assimile donc à cette akathisie, au contraire, sont typiquement ceux d’une agitation psycho-motrice.
Confirmant notre impression clinique, une étude de 1994 menée par G. D. Tollefson de l’Institut Lilly (Absence of a relationship between adverse events and suicidality during pharmacotherapy for dépression) parue dans le Journal of clinical psychopharmacology n’a trouvé aucune association entre un effet indésirable somatique des antidépresseurs et le suicide. Si même Lilly le dit…
Quoi qu’il en soit, le procédé de Healy, pourtant grand contempteur des antidépresseurs s’il en est, mais tout de même psychiatre cognitivo-comportementaliste, nous semble paradigmatique de l’époque par l’usage radical qu’il fait du suffixe « neuro » (nous faisons référence au récent cours de Jacques-Alain Miller de janvier 2008). Il consiste ici en une neurologisation de l’agitation psycho-motrice. En supprimant le « psycho » du « psychomoteur »,  on attribue le passage à l’acte à l’action du médicament seul. Tout se passe comme si le psychiatre comportementaliste, dans ce cas en particulier, endossait le rejet de la subjectivité toute psychotique de son patient en lui déniant toute pensée à l’origine de son acte, entérinant ainsi son irresponsabilité au nom d’une supposée causalité neurologique de l’acte : science et paranoïa, la main dans la main.
Pierre Sidon


52% des suicidées en Suède en 2006 étaient sous traitement antidépresseur

Transworldnews 21 janvier 2008
Santé et bien être ; News
Traduction de l’anglais : Pierre Sidon
Ce ne sont pas des données issues d'une étude limitée ; il s'agit d'un niveau d'information national concernant L’ENSEMBLE des suicides (entre 18-84 ans) pour l'année 2006. L'information est exceptionnelle ; des registres existent maintenant en Suède, qui permettent à l’Agence Nationale de Santé Publique de savoir quel est le pourcentage de suicides qui ont été précédés par un traitement psychotrope.
Parmi un total de 377 femmes qui ont commis un suicide, 197 (52%) avaient reçu une prescription d'antidépresseurs dans les six mois précédant leur décès. Et 29 (8%), avaient reçu une prescription de neuroleptiques (« antipsychotiques ») SEULS, dans les 6 mois précédant leur suicide.
Cela signifie que 229 femmes – 60% - de celles qui se sont suicidése (18-84 ans) en Suède en 2006 avaient reçu une prescription d'antidépresseurs OU de neuroleptiques dans les 6 mois précédant leur suicide.
Les neuroleptiques avaient été présents dans 97 (26%) des suicides des sujets féminins, (68 femmes, 18%, avaient reçu A LA FOIS des antidépresseurs et des neuroleptiques). NE sont pas inclus, dans ces chiffres, le pourcentage de femmes qui avaient reçu d'autres types de médicaments psychotropes, tels les benzodiazépines.
Ces données sont révélées alors que l'on vient d’apprendre que les laboratoires pharmaceutique ont systématiquement occulté les résultats de leurs essais cliniques lorsqu’ils leurs étaient défavorables, en même temps qu'ils exagérait les résultats positifs dans leurs études sur les antidépresseurs (voir l'article du New York Times : Antidepressant Studies Unpublished), induisant ainsi en erreur les patients et les médecins pendant plusieurs années.
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Antidépresseurs : le New England confirme : les laboratoires trichent avec l'EBM
30-01-2008

L'article qui défraie la chronique, repris par Le Figrao et l'Humanité notamment : où l'EBM sert de couverture scientiste au charlatisme ancestral qu'il était censé combattre.

La publication sélective des essais cliniques sur les antidépresseurs et son influence sur l’efficacité perçue

Article paru dans le New England Journal du 17 janvier 2008

Erick H. Turner, M.D., Annette M. Matthews, M.D., Eftihia Linardatos, B.S.,
Robert A. Tell, L.C.S.W., and Robert Rosenthal, Ph.D.

Traduction Pierre Sidon 

Résumé

Arrière-plan :
La médecine basée sur les preuves ne vaut que par l’exhaustivité des données et l’absence de biais. La publication sélective des essais cliniques  - et les résultats de ces essais – peuvent conduire à une estimation irréaliste de l’efficacité d’un médicament et modifier le ratio risque-bénéfice apparent.

Méthodes
Nous nous sommes procurés les comptes-rendus de la FDA (Food and Drug Administration) pour des études concernant 12 antidépresseurs, menées sur un total de 12 564 patients. Nous avons conduit une revue systématique de la littérature pour identifier les études correspondantes. En ce qui concerne les études publiées, nous avons comparé les résultats publiés à ceux de la FDA. Nous avons aussi comparé le chiffre de l’efficacité issu des études publiées à celui issu de l’ensemble des données de la FDA.

Résultats
Parmi les 74 études enregistrées par la FDA, 31%, soit 3449 participants, n’ont pas été publiés. Le fait qu’une étude ait été et publiée, et comment elle le fut,  dépendait de son résultat. Un total de 37 études considérées comme favorables par la FDA ont été publiées ; une étude considérée comme favorable ne l’a pas été. Les études jugées par la FDA comme ayant des résultats négatifs ou douteux, à trois exceptions près, n’ont, soit pas été publiées, soit présentées d’une manière qui, à notre avis, les faisait apparaître comme favorables (11 études). Selon la littérature publiée, il apparaissait que 94% des études menées étaient favorables. Au contraire, l’analyse de la FDA donnait 51% de positives. Les différentes méta-analyses de la FDA et des revues montraient que l’augmentation de l’efficacité s’étalait de 11 à 69% pour un médicament donné, avec une moyenne de 32%.

Conclusions
Nous ne pouvons dire si les biais observés résultent d’un échec dans la soumission des manuscrits de la part des auteurs ou des sponsors, ou de la décision de ne pas publier, de la part des éditeurs ou des comités de lecture, ou bien des deux. La publication sélective des essais cliniques peut avoir des conséquences fâcheuses pour les chercheurs, les participants des essais, les professionnels de santé et les patients.

 

Le commentaire de cette publication et des apports supplémentaires dans le quotidien québecois Le Devoir : 

Les antidépresseurs moins efficaces qu'annoncé

Pauline Gravel
Édition du vendredi 18 janvier 2008

Mots clés : Food and Drug Administration, antidépresseurs, Médicament, États-Unis (pays)

89 % des études ayant révélé des résultats négatifs ou discutables n'ont pas été publiées dans la littérature scientifique

Les antidépresseurs ne seraient pas aussi efficaces que ce qui est rapporté dans la littérature scientifique, où ne sont publiées en général que les études ayant abouti à des résultats favorables au médicament. Selon les auteurs d'un article paru dans la dernière édition du New England Journal of Medicine, ce biais dans la publication des données obtenues à la suite d'essais cliniques destinés à vérifier l'efficacité et l'innocuité d'un antidépresseur fausserait la perception qu'auraient les médecins de l'efficacité de ces médicaments et pourrait avoir des effets néfastes sur leur pratique de même que sur les attentes des patients.

 

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Au Québec, la désinstitutionalisation et la prison
29-01-2008

Cyberpresse Québec - Le vendredi 25 janvier 2008

«Le système est en train de sauter»

 

Quarante ans après la publication du livre Les fous crient au secours, le système de soins psychiatriques, dse urgences jusqu'à l'hôpital médico-légal Philippe-Pinel, aurait besoin d'être revu de fond en comble.

Photo Martin Tremblay, La Presse

 

Katia Gagnon et Hugo Meunier

La Presse

La politique de désinstitutionnalisation qui se poursuit depuis 30 ans au Québec est un échec, dénonce le directeur général de l'Institut Philippe-Pinel, Jocelyn Aubut. «Le système est en train de sauter. Il faut qu'on provoque quelque chose», lance-t-il, dans un entretien exclusif avec La Presse.

               

Jocelyn Aubut a été nommé il y a huit mois à la tête de l'Institut Pinel, le principal hôpital médico-légal au Québec. Il a fait le tour de son jardin et son jugement est sans appel: en voulant sortir les malades des hôpitaux, on a mené plusieurs d'entre eux dans des portes tournantes, qui mènent de la rue à la prison.

 

«La désinstitutionnalisation, c'est une belle philosophie. Mais les principes sans les moyens, ça fait que les gens se retrouvent en prison», résume-t-il en entrevue dans le cadre d'une série d'articles sur le sujet qui seront publiés tous les jours jusqu'à lundi.

 

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Prescrire : les psychotropes au coin
30-01-2008

Pilule d'or Prescrire : bonnet d'Âne pour les psychotropes

La SARP était présente. Un débat remarquable sur les psychotropes a précédé la matinée. La presse en a largement rendu compte.
 
AFP — Jeudi 17 janvier (2008), 16h45 
PARIS (AFP) — Des psychiatres, psychologues et chercheurs ont dénoncé une « dérive » du marché des médicaments psychotropes, incriminant notamment la « logique marchande » des firmes pharmaceutiques, lors d’un débat organisé par la revue indépendante Prescrire  jeudi (17 janvier 2008) à Paris.
Monique Debauche, psychiatre belge, a noté que le volume de vente des anti-dépresseurs a été multiplié par deux en France en 10 ans, alors qu’ils peuvent être inutiles, « la plupart des états dépressifs s’améliorant spontanément en quelques semaines ».
Elle a expliqué la « dérive du marché des psychotropes » par la forte demande des patients, « habitués à penser leur souffrance en termes de maladie curable par un médicament », par la formation des médecins « centrés sur le médicament », et surtout par l’influence des firmes pharmaceutiques, « omniprésentes » dans la formation et l’information des soignants.
Elle a dénoncé à cet égard des études cliniques « construites comme des supports promotionnels », avec un discours « façonné par la logique marchande ».
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Interdire la psychanalyse ?
22-01-2008

Grand meeting  pour que vive  la psychanalyse

9 et 10 février  à  la mutualité

Quelle  politique  de civilisation ?

“Réhumaniser” la société : comment ?

Cognitivisme ou Psychanalyse

 

Communiqué n°17 Jacques-Alain Miller


Chers collègues,  j’ai fait connaître cet après-midi au cabinet présidentiel l’existence du Meeting à la Mutualité, en demandant que l’on me dise une bonne fois si nous devons considérer que l’élimination de la psychanalyse à l’Université est programmée et ira à son terme, ou si le pouvoir politique interviendra, comme cela a été le cas par le passé. En effet, depuis 1991, les expertises effectuées au département de psychanalyse par des équipes cognitivistes lui ont toujours été défavorables, et ce sont les ministres successifs de l’Education nationale qui ont chaque fois décidé personnellement de ne pas suivre les recommandations de ces experts. En tout état de cause, nous ne laisserons pas couper les liens de la jeunesse avec la psychanalyse : ce serait consentir à la disparition à terme de notre pratique. Ou bien ce lien sera maintenu au sein de l’Université, ou bien nous agirons en dehors de cet appareil d’Etat, dans la société civile, sur le modèle de nos Sections cliniques. Quand l’Argentine était aux mains des militaires, tout un secteur universitaire privé s’était développé en marge de l’Université officielle, et cela n’a pas trop mal réussi à nos collègues. Si le sarkozysme laisse l’évaluation quantitative développer ses effets néfastes, eh bien, nous prendrons exemple sur les Argentins. Et comme nous ne vivons pas sous une dictature, mais en démocratie, nous saurons le dire haut et fort. Bien à vous, Jacques-Alain Miller, le 22 janvier 2008

 
«Se replier serait mortel pour la psychanalyse»
19-01-2008

Interview de Jacques-Alain Miller dans Libération

Recueilli par ÉRIC FAVEREAU
QUOTIDIEN : samedi 19 janvier 2008
 

Gendre de Jacques Lacan. Personnalité très controversée, directeur du département de psychanalyse de l’université Paris-VIII, Jacques-Alain Miller, 63 ans, a créé en 1981 l’Ecole de la cause freudienne. En 1992, il a fondé l’Association mondiale de psychanalyse. C’est sous son autorité que les textes des séminaires de Jacques Lacan sont publiés, au compte- gouttes, regrettent certains. C’est aussi un polémiste. En pointe dans la lutte contre l’amendement Accoyer, qui entendait légiférer sur la psychothérapie, il repart au combat contre les cognitivistes, obsédés de l’évaluation. Il organise à la Mutualité, les 9 et 10 février, un «grand meeting pour que vive la psychanalyse», sur le thème : quelle politique de civilisation ?

On reparle de l’amendement Accoyer, qui cherche à encadrer l’usage du titre de psychothérapeute. Il avait provoqué la colère de tout le milieu analytique. Il revient, mais sous une forme atténuée. Et vous, vous repartez en guerre…

L’affaire de l’amendement est close. Il n’y a plus aucun contentieux depuis que Bernard Accoyer a renoncé à son premier texte, qui se risquait à définir les diverses psychothérapies. Son souci de réguler l’usage du titre de psychothérapeute a été entendu par le milieu psy, qui, depuis bientôt trois ans, est partie prenante de la concertation sur le décret d’application. En revanche, oui, pour moi le combat est devenu permanent.

Mais quel combat ?

Freud avait diagnostiqué jadis un «malaise dans la civilisation». Nous sommes bien au-delà : tout le monde ressent que la civilisation occidentale tend à devenir franchement invivable. Ça suscite des révoltes, une guerre civile, mais qui respecte les formes du débat démocratique.

Certes, mais quelle guerre ?

Il y a une guerre idéologique qui oppose, d’une part, les quantificateurs, les cognitivistes (1), avec leur prétention croissante à régenter l’existence humaine dans tous ses aspects et, d’autre part, tous ceux qui ne plient pas devant la quantification partout. Le fanatisme du chiffre, ce n’est pas la science, c’en est la grimace. Il n’y a pas si longtemps, l’administration, c’était encore des gratte-papier à la Courteline. Désormais, l’électronique met entre les mains des bureaucraties occidentales une puissance immense de stockage et de traitement de l’information. Elles en sont enivrées, elles en ont perdu le sens commun. Les plus atteintes sont celles de l’Union européenne, héritières des monarchies. Elles vont vers la surveillance généralisée, du berceau au tombeau. Elles aspirent au contrôle social total. Elles se promettent de remanier l’homme dans ce qu’il a de plus profond. Il ne s’agit plus seulement de «gouverner les esprits», comme le voulait Guizot, ni même de les suggestionner par des vagues de propagande massive.

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Cognitivisme, Acte III (fin)
10-12-2007

Trois questions à...

...Jacques-Alain Miller - Source : La Lettre en Ligne de l'Ecole de la Cause freudienne

La guerre à mort des cognitivistes contre la psychanalyse : "leur Hubris les promet à la Roche tarpéienne" 

1

La Lettre en ligne (LEL)  : Vous avez annoncé un grand Meeting à la Mutualité, les 9 et 10  février prochains, pour la défense et la promotion de la psychanalyse partout où elle est mise en cause, en particulier à l’Université. Pourquoi ? Que se passe-t-il ?

Jacques-Alain Miller (JAM)  : Je suis content de deux choses. D’abord, d’avoir réussi cette fois à annoncer une réunion bien à l’avance, deux mois, alors qu’entre le moment où j’ai inventé le Forum extraordinaire et sa tenue, il s’est écoulé moins de quinze jours. Deuxièmement, de tenir la semaine précédente un Colloque on ne peut plus officiel, “sous le Haut Patronage du Ministère de la Santé”, pour un public restreint de 250, sur invitation uniquement, tandis que le Meeting de la Mutualité réunira 1000 personnes, sous le Haut Patronage, si je puis dire, de BHL et de Sollers. Dans ce meeting, on reprendra, en haussant le ton, certains des thèmes du Forum : l’étouffement de la Culture par les bureaucrates de l’évaluation forcenée, fanatique ; la recherche fondamentale en biologie étranglée par la folie NeuroSpin ; d’une façon générale, les ravages dus au culte imbécile du chiffre. Mais aussi on informera le public et on le mobilisera contre l’opération en cours dans l’Enseignement supérieur et la Recherche. Cette opération, c’est une “nuit des longs couteaux”, ou, disons, pour être plus exact, une “année des longs couteaux”.

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La loi sur la transparence de la formation médicale au forceps...
30-11-2007
...ou plus exactement au Formindep :

L'Etat condamné à verser 3000 euros au Formindep

lundi 26 novembre 2007
par Dominique DUPAGNE
Par ordonnance du 8 novembre 2007, le Conseil d'Etat à considéré que les frais engagés par l'association Formindep pour contraindre l'Etat à appliquer la loi sur la transparence de l'information médicale devaient lui être remboursés à hauteur de 3000 euros.
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Les conflits d'intérêt du Guide Inpes
30-11-2007

Exclusif : L'Inpes forcé de déclarer ses conflits d'intérêt par le Formindep 

Formindep : "Grâce à l'action d'un médecin, Christophe KOPP, qui a demandé à l'INPES  de
respecter son obligation légale d'appliquer l'article L4113-13 du CSP selon
le décret R4113-110 du même code, l'INPES a mis en ligne les déclarations de
liens d'intérêt des rédacteurs du guide sur la dépression "comment s'en
sortir".

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La video du Forum du 24 nov 2007 - 1ère partie
26-11-2007
 
Deux communiqués extraordinaires du Nouvel Âne
25-11-2007

 

La reconquête de l'humain -La SARP avec le Nouvel Âne : écrasons l'infâme - Deux événements historiques imminents !

Colloque "déprime-dépression" sous le haut patronnage du Ministère de la santé : les 1er et 2 février

Grand Meeting à la Mutualité pour la défense et la promotion de la psychanalyse partout où elle est mise en cause, en particulier à l’Université : les 9 et 10 février

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Forum extraordinaire du 24.11.07
26-11-2007

Contre le Tout-Quantifié et le Fanatisme du Chiffre

Le programme : 

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JAM à CHARLIE HEBDO 21 NOV 2007
23-11-2007

ENTRETIEN
 
Comment une campagne sur la dépression démontre l'incapacité présidentielle à appréhender le réel. Un entretien avec le philosophe et psychanalyste Jacques-Alain Miller.

« Si la tristesse est une maladie, alors c'est l'humanité aussi qui est une maladie »

"Je veux parler de la dépression, du regard que la société porte sur cette souffrance qui n'est pas matérielle. Je veux engager puissamment la recherche médicale française vers le soulagement de ce mal", a déclaré Nicolas Sarkozy le II février dernier dans un discours à la Mutualité. Il y a quelques semaines, le ministère de la Santé lançait une campagne sur la dépression. On a demandé à Jacques-Alain Miller ce qu'il en pensait.


Philosophe, psychanalyste, il est le responsable de la publication des Séminaires de Lacan. JacquesAlain Miller a fondé l'Association mondiale de psychanalyse (AMP) et dirige la revue Le Nouvel Âne dont le dernier numéro est consacré à une critique virulente de la campagne contre la dépression initiée par le ministère de la Santé. Car s'il existe des formes graves de « maladies de l'âme» -qu'on l'appelle comme autrefois mélancolie ou qu’on la vulgarise aujourd’hui sous le terme de “dépression” - la tentation est grande de considérer la moindre fatigue, tristesse ou petit bobo existentiel en pathologie qu’il faut soigner d’urgence avant de repartir au combat...

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La campagne à laquelle vous avez échappé
14-11-2007

Les antidépresseurs, c'est pas automatique ! 

En septembre 2005, la SARP annonçait la parution imminente de la campagne Inpes sur la dépression (prévue dans le Plan santé mentale 2005). Un de ses membres, Frédéric Sales, psychiatre au CH de Libourne, s'associait à François Castandet, psychiatre, et à Isabelle Bonneau, pharmacienne pour réaliser ce spot télé en vue de la campagne d'informations sur le bon usage des antidépresseurs. Dans leur naïveté, ils avaient pris pour modèle la campagne sur les antibiotiques. L'Inpes aura heureusement préféré ne pas suivre cet exemple.

 

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François Regnault : alerte !
14-11-2007

A paraître dans LNA8 : Aphasie dans la Culture

François Regnault  

L’Armée était naguère appelée la Grande Muette. On pourrait appeler la Culture aujourd’hui la Petite Muette. Parce qu’elle est devenue depuis quelque temps aphasique, ou aphone, selon qu’elle soit impuissante à s’exprimer, ou qu’elle n’ose plus parler.

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Le Nouvel Âne invité de France Culture
09-11-2007

Emission de Jacques Munier ce vendredi 9 novembre 2007, France Culture : A plus d'un titre

Une tribune pour le Nouvel Âne

Alors que la campagne dépression bat son plein sur les écrans et les radios, France Culture offrait ce jour une tribune à la Revue Le Nouvel Âne à l'occasion de son numéro 7 consacré presque entièrement à "la maladie". Sophie Bialek et Pierre Sidon ont eu l'honneur de présenter ce numéro exceptionnel à l'antenne. Jacques Munier les a reçu à son émission “A PLUS D’UN TITRE” de 15H à 16 H.

 

 

 

 

Le site de France Culture de l'émission se trouve sur ici (Intervention à propos du Nouvel Ane à partir de 30' sur le podcast de l'émission.)

 
Le Nouvel Âne : Communiqué n°2
13-11-2007

Le Forum extraordinaire du Nouvel Âne

affiche LNA recto

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chers collègues, le Forum Extraordinaire du Nouvel Âne se tiendra samedi 24 novembre, de 14 à 18h. non-stop, au Centre de conférences Méridien-étoile, 81, boulevard Gouvion Saint Cyr, 75017 Paris. Il y a 500 places, pas davantage. 50 seront réservées à la presse. Il n’est pas prévu d’inscription sur place. Les inscriptions se prendront à l’avance, en écrivant à l’adresse suivante : Forum des psys, 15, place Charles Gruet, 33 000 Bordeaux. On glissera dans l’enveloppe un bulletin sur papier libre (avec nom, prénom, adresse postale et adresse électronique), accompagné d’un chèque bancaire à l’ordre de : “Forum des psys”. Prix de l’inscription : 40 euros (étudiants, avec pièce justificative : 15 euros). Le programme est en cours d’élaboration : le Forum aura pour cibles le “tout-quantifié”, le fétichisme et fanatisme du chiffre, l’évaluationnisme généralisé, qui tendent à se soumettre tous les aspects et domaines de l’existence, dont : le Psy, le Savoir, la Culture. Une affiche est à la maquette : elle portera au verso un texte de François Regnault, début de son article du prochain LNA : “L’Armée était naguère appelée la Grande Muette. On pourrait appeler la Culture aujourd’hui la Petite Muette. Parce qu’elle est devenue depuis quelque temps aphasique, ou aphone, selon qu’elle soit impuissante à s’exprimer, ou qu’elle n’ose plus parler.” LNA n’entend pas représenter les intérêts des seuls psychanalystes : il prendra aussi en charge ceux des chercheurs, des étudiants, des écrivains et des artistes. La caste des maîtres de l’évaluation se croit dans le sens de l’histoire. Quelle plaisanterie ! L’avenir n’est pas écrit, et c’est pourquoi il est du côté des créateurs. Plus de précisions demain. — Jacques-Alain MILLER, le 12 novembre 2007.

 
La contre-campagne dépression au sommet !
12-11-2007

Contre-campagne dépression : le nouvel Âne fait un tabac... Un comble pour l'Inpes !

Gros succès pour le Nouvel Âne et audience record pour la contre-campagne : dans le moteur de recherche Google, les mots "campagne dépression" ou " inpes dépression" font apparaître en première page les informations de notre contre-campagne. Mieux : l'association des trois mots "campagne inpes dépression" place même votre serviteur, le ci-devant site de la SARP en première position devant celui de l'Inpes même ! Belle opération donc pour la propagande du médicament et quel encouragement pour la psychanalyse lacanienne !

Addendum 12.11.07 :

Ce matin un lien commercial est apparu qui permet au site www.info-depression.fr de repasser devant le site de la SARP.

Un lien commercial, voilà qui a le mérite d'être clair !

 

 
rapport de l'INRS sur le suicide au travail
13-11-2007

Stress et suicide, un mythe trompeur

Source : site Internet Psychanalyse du suicide quotidien 

Sur fond de campagne publicitaire menée par R. Bachelot contre la dépression, nous avons une sorte de grimace conceptuelle, celle de l’INRS et de X. Bertrand. Le suicide serait du au stress ! Dernière nouvelle !

On nous l’avait déjà faite, mais à chaque fois je suis surpris ! Même pas drôle ! De toute façon la propagande de l’INPES ne l’est pas non plus ! L’INRS, un noble institut de recherche de l’état, vient de sortir son rapport sur la question du suicide en lien avec le travail. Ce rapport de l’INRS sort au moment opportun. C’est-à-dire quand il s’agit pour le gouvernement de se dédouaner des suicides au travail en nommant Philippe Nasse et Patrick Légeron rapporteurs sur « les risques psychosociaux dans l’entreprise », en vue de la conférence sociale entre patronat et syndicats sur la souffrance au travail.

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Où trouver le Nouvel Âne ?
12-11-2007

Liste des libraires revendeurs du Nouvel Âne

Les Cahiers de Colette, L'arbre à lettres, Paris 3è; Michèle Ignazi, Paris 4è; Lipsy, L'Arbre à Lettres, Compagnie, La Hune, Paris 5è; La Procure, Tschann, Thierry Garnier, Village Voice, Des Femmes, Paris 6è; Violette et Co, Paris 11è; L'arbre à lettres, Paris 12è; l'arbre à lettres, Paris 14è; Anima, Paris 18è;Anaphore, Paris 20è;
Vents du Sud, Aix en Provence; Du Labyrinthe, Amiens; Richer, Angers; Mollat, La Machine à Lire, Olympique, Bordeaux; Dialogues, Brest; tropismes, A Livre OUvert, La Licorne, Bruxelles; Les Volcans, Clermont-Ferrand; La Dérive, Le Sphinx, Grenoble; Thuard, Le Mans; Passages, a Plus d'un Titre, Lyon; L'Odeur du Temps, Marseille; Sauramps, Montpellier; L'Autre Rive, Nancy; Vent d'OUest, Nantes; Les Temps Modernes, Orleans; Des Livres et Nous, Perigueux; La Belle Image, Reims; Le Failler, Rennes; L'Armitière, Rouen; Internationale Kleber, Quai des Brumes, Strasbourg; Ombres Blanches, Toulouse; Notre Temps, Valence.

Achat online :  ecf-echoppe


Prix : 8,00 € T.T.C.

 
Succès du Nouvel Âne - le Forum des psys avancé
11-11-2007

Devant le succès du Nouvel Âne, un Forum des psys est annoncé dès le 24 novembre !

Lu sur la lsite ecf-messager : "J’informe les collègues que, vu le succès du Nouvel Âne qui vient de sortir, et pour le consolider et l’amplifier, j’ai décidé de convoquer à Paris un Forum LNA extraordinaire le samedi 24 novembre de 14 à 18h. Nous avons commencé à rechercher une salle. Sitôt qu’elle sera  trouvée, l’annonce en sera faite par ce même canal. 

Jacques-Alain MILLER, 11 novembre 2007 "

 
Aux responsables syndicaux de la psychiatrie
11-11-2007

Lettre ouverte aux syndicats de psychiatres 

Le 13 novembre 2007 

Madame, Monsieur, et cher(e)s collègues,

 

La lecture du Guide « La dépression ; en savoir plus pour s’en sortir » qui vient d’être adressé aux praticiens français par l’INPES, soulève de nombreuses interrogations. Parmi celles-ci, la lecture de la page 48 nous a plongé dans une perplexité qu'il serait peut-être souhaitable de dissiper. Nous lisons ceci :
 
« Le généraliste » : « il est compétent pour diagnostiquer les problèmes de santé mentale (notamment la dépression) et pour proposer un traitement adapté. Il peut également orienter vers un professionnel en santé mentale. »
Je pose la question : Pour quoi faire ?
Réponse à la page suivante, au chapitre « Le psychiatre » ? « En tant que médecin, poursuit le Guide, il est habilité à prescrire des médicaments, des examens et des soins, et à rédiger des certificats médicaux. »
Il est écrit : « En tant que médecin ». Mais alors, en tant que psychiatre ?
Le Guide indique alors : « Il peut aussi proposer une psychothérapie. » Avant de préciser toutefois : « Celle-ci peut être réalisée avec lui ou avec un autre professionnel. »

Quelle place le Guide réserve-t-il donc au mé